Sivut kuvina
PDF
ePub

Le Roi d'Espagne nous témoigne vouloir vivre en bonne amitié avec nous, et il nous importe sans doute de ne pas l'en décourager. Or, nous venons de lui imposer un traité auquel il avait refusé de concourir; nous avons détruit sa marine; nous lui avons arraché la Sicile, pour la donner à l'Empereur ; il nous voit résolu de nous opposer de toutes nos forces aux desseins qu'il a sur la France; et qu'espèret-il de notre amitié si en ce que nous pourrions lui accorder, sans manquer ni à nous-mêmes, ni à nos alliés, il nous trouvait tout aussi inébranlables que dans la foi de nos traités ?

Sa Majesté sait qu'il ne conviendrait ni à sa dignité, ni au bien de ses affaires de céder Gibraltar aux instances de la France, à qui l'Espagne s'en croirait alors redevable. Sa Majesté sait aussi qu'il serait de dangereuse conséquence de céder Gibraltar au Roi d'Espagne, tant qu'il le prétendrait de droit, puisque alors il ne nous en tiendrait nul compte, et pourrait même de là prendre prétexte pour taxer à l'avenir

par

de nouvelles prétensions ce que nous exigerions de lui en vertu de nos traités. Mais Sa Majesté croit que ce serait nous exposer de gaieté de ceur à bien des embarras et des périls, que de refuser Gibraltar au Roi d'Espagne, lorsqu'il ne le recherche plus que comme une faveur, et de nous immédiatement; au lieu qu'en lui en assurant la restitution, avant qu'il vient à traiter avec ses autres ennemis, nous assurerions nos avantages, nous tournerions toutes ses espérances vers nous, nous influerions même ses conseils, et pourrions par nos soins acquérir sur lui un ascendant, que le Régent aurait ensuite peine à détruire.

Sa Majesté étant ainsi d'opinion que c'est présentement le tems où nous pourrions tirer le meilleur parti de Gibraltar, par rapport au personnel du Roi d'Espagne, elle expose aux Seigneurs Justiciers toutes ces considérations sur ce sujet, afin qu'ils soient d'autant mieux en état de lui donner leurs avis sur la question qu'il s'agit de résoudre avant toutes choses, si en aucun cas on ne doit céder Gibraltar, ou si l'on pourrait en faire un meilleur usage que d'en retirer un équivalent.

Quelques favorables que nous soient les dispositions des Espagnols, il ne faut point se flatter que nous puissions nous emparer de leur confiance, tant que nous nous opi

CC

VOL. II.

niâtrerions à garder Gibraltar; monument qui leur rappellerait toujours le souvenir des maux que nous leur avons causés, et serait aux prêtres le motif le plus puissant pour inspirer contre les étrangers hérétiques une nation fière et bigote. Il s'agit aussi de savoir de quelle importance il est de garder Gibraltar comparativement aux frais qu'il faut pour son entretien ordinaire, et aux frais extraordinaires qu'il faudrait pour en faire une véritablement bonne place.

SIR LUKE SCHAUB TO MR. WILLIAM STANHOPE AT

MADRID.

[Hardwicke Papers, vol. xxxviii.]

(Extract.)

A Londres, ce 17 Novembre, 1720. My Lord Townshend n'a pas osé désapprouver entièrement la lettre de my Lord Stanhope.* It dit même qu'en gros il est du même sentiment, mais que les équivalens qui y sont avancés ne contenteront pas le Parlement; et que si l'on obtenait du Roi d'Espagne un équivalent en terre, alors il ne faudrait pas balancer de céder Gibraltar. Quand on lui demande quel terrain il a en vue, il dit que c'est la Floride, ou bien la partie orientale de l'île Hispaniola. Il prétend que ces pays sont très inutiles aux Espagnols, et que même il leur conviendrait beaucoup mieux de nous remettre la Floride que de la garder.

Vous, Monsieur, qui êtes sur les lieux, et qui vivez en confiance avec Don André de Pez, prenez occasion en lui racontant les difficultés qui se rencontrent dans notre nation par rapport à Gibraltar, de lui dire qu'un équivalent

re pourrait les aplanir; et demandez lui en bonne amitié s'il ne saurait pas quelque morceau de terrain dans les Indes qu'il conviendrait mieux aux Espagnols de nous

en

• The preceding letter.

donner que de posséder eux-mêmes. Vous pourrez même dans la conversation lui glisser un mot ou de la Floride ou d'Hispaniola, et donnez nous là-dessus tous les éclaircissements, et le plutôt que vous pourrez.

Je vous supplie de faire mes complimens à Monsieur de Grimaldo, comme aussi au Père Confesseur, en le faisant souvenir du Crucifix dont il m'a fait présent à mon départ.

La désolation ici est très-grande: l'on espère d'y remédier quant au public; mais quantité de particuliers ne laisseront pas d'être abimés sans ressource.

MR. W. STANHOPE TO LORD CARTERET.

Madrid, June 8. N. S. 1722. I HAD intelligence to be relied upon, that the Duke of Ormond intended speedily to pass into England, with a great number of Irish officers now in the service of His Catholic Majesty, in order to put himself at the head of the rebels there, and for that purpose would set out from hence to-morrow, under the pretence of going for the rest of the summer to Ventosilla, a house of the Duke of Medina Celi, half way from hence to Bilbao; but in reality to be thereby readier to pass to that port with less suspicion, and embark from thence for England, whenever matters should be ripe for his so doing. I thought it my duty to use my utmost endeavours for the preventing him from putting his designs in execution ; and although I had not been commanded by His Majesty to make any instances to this Court in relation to the said Duke, &c., I hoped, if I should have erred in taking upon myself the doing of it, His Majesty would be graciously pleased to pardon it, as an effect of zeal, that would not suffer me to neglect any thing that carried the least possibility of being for his service in an affair of the nature of the present one, and therefore I ventured to send a private letter to the Marquis de Grimaldo (of which herewith is a copy); who immediately on the receipt of it writ me the enclosed answer, which I received this morning; and although the success fully answers what I proposed by my said letter, yet as the writing of it might possibly have an ill effect in case the King of Spain had refused what I demanded, as carrying an appearance of his not being so zealous in his friendship for His Majesty, as in the present circumstance it is convenient he should be thought to be, I hope your Lordship will excuse my troubling you with the reasons that weighed with me for the getting over that consideration, namely the undoubted knowledge I flattered myself with having of the sincere friendship of His Catholic Majesty for the King our master, and of his having entirely abandoned the interests of the Pretender, from the assurances he has been pleased to give me himself of both; and from the repeated confirmations of the same things from the Marquis de Grimaldo. I am assured by a good hand, that there is at present in Mr. Browne's hands, an Irish merchant at Bilbao, near 12,000 arms for the Pretender's service; that one Captain Morgan, formerly an agent in England, and at present commanding three small ships of thirty odd guns upon

the coast of Spain, is to sail to the Bay of Biscay, in order to transport the said arms to England, together with the Duke of Ormond, and what officers and men can be got; that the place for landing is most certainly either Bristol, Milford, or Hylake, though the unexpected discovery of the conspiracy may possibly stop the Duke of Ormond's departure.

LORD TOWNSHEND TO ROBERT WALPOLE.

[Hardwicke Papers.)

(Extract.)

Hanover, Sept. 17. N. S. 1723. The chief occasion of my despatching this messenger is to let you know that I have received His Majesty's commands to draw a bill on the treasury for 5001., and another bill for the like sum, a post or two hence; for a service which it is His Majesty's pleasure should remain an entire secret; and which I must therefore beg of you may be kept as such even from the Duchess of Kendal. I make no doubt but this reservedness towards, her Grace, towards whom we have sworn an eternal and inviolable attachment, will at first surprise you not a little; but your astonishment will cease when I acquaint you, that the share I have had in this affair has been in obedience to the Countess of Walsingham.

SIR LUKE SCHAUB TO MR. W. STANHOPE.

[Coxe's Collections, vol. lxxv. p. 14.]

A Calais, ce 20 Juin, N. S., 1724. JE ne quitterai pas la France entièrement sans prendre congé de vous. Etant appellé à Londres il y a deux mois, je vous promis de vous écrire de là, et je l'aurais fait, si Monsieur votre frère ne s'était chargé de vous écrire pour lui et pour moi. Ce qui m'a consolé dans le changement arrivé dans notre ministère, c'est l'assurance que le Duc de Newcastle signalera tant qu'il le pourra son zèle pour la mémoire et les proches de feu my Lord Stanhope. Quant à moi, je devrais tout espérer des présens Ministres à en juger par leurs complimens ; mais vous croyez

bien

que cela ne me retiendrait pas un instant si le Roi lui-même n'avait exigé de moi, que je demeurasse avec lui. Et effectivement je ne saurais assez vous dire combien il m'a marqué de bontés, et combien j'y suis sensible. S. M. m'a renvoyé en France pour m'y congédier, et pour assister au mariage de Mademoiselle de Platen avec le Comte de St. Florentin.

J'ai passé environ six semaines tant à Paris qu'à Versailles, et vous auriez eu pendant ce tems de mes nouvelles, si je ne m'étais fait une loi de n'écrire à âmè vivante tant que

« EdellinenJatka »