Sivut kuvina
PDF
ePub

l'on dit lui être familières. Pour moi, je vous avoue que j'en raisonne différemment, et que son sangfroid me fait plus de peine que n'en auraient fait des vivacités. Au reste, Monsieur, je tâcherai d'exécuter le plus exactement que je pourrai les ordres que S. M. me donne par votre lettre du 17 Juillet V. S. de mener les choses à une conclusion, bonne ou mauvaise, le plutôt qu'il se pourra, et de sortir dans peu de jours de ce pays-ci.

EARL STANHOPE TO SECRETARY CRAGGS.

[Hardwicke Papers, vol. lvii.]

A Fresneda, ce 22 Août, 1718. MONSIEUR, Dans la première visite que j fis à M. le Cardinal, le 14., il me promit de m'avertir quand je pourrais avoir audience du Roi et de la Reine. J'attendis son message le 15. Et comme il ne me fit rien dire, j'allai chez lui le 16. après midi avec M. le Marquis de Nancré; et nous lui remîmes chacun un exemplaire de la convention signée à Paris. Il raisonna beaucoup avec nous, et il nous parla avec plus de chaleur qu'il ne m'avait parlé la première fois. Il nous invita à diner avec lui pour le 18., et me dit que je pourrais voir le Roi et la Reine ce jour-là. Le 17. il vint me faire visite, honneur qu'il n'a fait encore à aucun autre Ministre étranger; mais il évita d'entrer en matière avec moi. Le 18. je me rendis chez lui avec M. de Nancré un peu avant le diner; et il nous parla de manière à nous donner plus d'espérance que jamais. Pendant que nous étions à table, il reçut un courrier de Sicile, avec la nouvelle que les troupes Espagnoles s'étaient emparées de Messine à la citadelle près. Après le repas j'eus audience du Roi et de la Reine. En leur délivrant les lettres du Roi, j'ai représenté à LL. MM. combien il leur convenait d'entrer dans les mesures qui leur étaient proposées pour le rétablissement de la tranquillité publique, et combien le Roi s'était donné de soins et de peine pour leur procurer des conditions avantageuses. Le Roi Catholique m'a répondu avec beaucoup de fermeté, et comme étant bien déterminé à rejeter notre traité. Et si je ne me trompe, il a ajouté qu'il écrirait lui-même à sa Majesté. La Reine m'a dit qu'elle était bien obligée au Roi mon maître de ses bonnes intentions. C'est peut-être un malheur que je n'ai vu LL. MM. qu'après qu'elles ont su que la ville de Messine était en leurs mains, ce qui aura bien pu contribuer à les rendre plus difficiles. Ensuite je suis retourné auprès de M. le Cardinal, qui nous a aussi parlé, à M. de Nancré et moi, d'un ton différent de celui du matin, et à ne nous laisser plus guère d'espérance. A peine étais-je de retour chez moi que je reçus le messager Randall, que my Lord Stair m'avait envoyé avec les extraits de vos dépêches lu 25. Juillet V. S., dont le contenu m'a fort édifié. Sur la nouvelle de la signature faite à Londres le 2. de ce mois, M. de Nancré et moi allâmes d'abord, le 19. au matin, remettre à M. le Cardinal chacun un exemplaire de l'extrait ci-joint des articles secrets. Nous avons jugé qu'il serait mieux d'extraire pour S. E. ce qui concerne le Roi d'Espagne dans les articles secrets, que de lui donner copie de ces articles mêmes, puisqu'ils contiennent diverses choses qui ne regardent point S. M. Catholique. M. le Cardinal ayant lu nos extraits, nous dit que les engagemens qu'ils contiennent étaient dans les règles ; et que si on ne voulait pas la paix, il fallait bien faire la guerre. Après quoi nous lui avons demandé que comme par ces engagemens on avait laissé au Roi d'Espagne trois mois depuis la signature pour accepter le traité, pourvu que pendant ce tems il s'abstint de toute hostilité; nous lui avons demandé, dis-je, si une pareille suspension d'armes serait agréable à S. M. Catholique. Il a paru goûter cette proposition. Il nous a dit qu'il en parlerait au Roi. Le soir du même jour il m'écrivit une lettre, dont je joins la copie, de même que de la réponse que j'y fis. Le 20. nous allâmes voir si S. E. avait quelque chose à nous répondre sur la communication et la proposition que nous lui avions fait le 19. Mais il nous dit qu'il avait remis ma lettre au Roi; qui ne lui avait pas encore donné aucune réponse là-dessus. Et les discours qu'il nous tint, et ce que le Roi m'a dit lui-même, ne nous permettent pas de rien espérer de notre négociation ici; mais M. le Cardinal continue toujours à nous parler comme si en son particulier il souhaitait l'accommodement tant pour ses propres intérêts que pour ceux de S. M. Catholique. Et les raisons qu'il nous en dit sont si fortes, et si solides, que je suis quelquefois tenté de croire que ce sont là ses sentimens. Par exemple, il reconnaît ingénument que la guerre va ruiner tous les arrangemens qu'il a fait en Espagne, et qui lui font véritablement beaucoup d'honneur; et il ne cesse de répéter qu'il convient beaucoup mieux à un Roi d'Espagne d'avoir les affaires bien réglées en Espagne et dans les Indes, et d'être bien le maître chez soi, que de porter ses vues en dehors; et il a dit souvent que si la guerre se fait, elle ne pourra finir que par la ruine entière de quelqu'une des parties. Cependant il lui échappa de temps en temps des expressions qui feraient croire qu'il a de grandes espérances de pouvoir exciter des troubles en Angleterre et en France. Si bien qu'à prendre ensemble toute sa conduite, le jugement le plus naturel qu'on en puisse faire, est qu'il roule de grands desseins dans sa tête, qu'il est bien agité, et qu'il n'a pas encore pris de parti bien fixe.

Nous avons cru devoir lui donner la journée de hier de répit; mais nous sommes allés le retrouver ce matin, et lui avons demandé s'il avait quelque chose à nous dire. Il nous a répondu, que le Roi voulait consulter sur cette affaire avec d'autres, et qu'il en était bien-aise pour son particulier. Ceci pourra causer un délai de quelques jours; et je ne déciderai point si de cette résolution de consulter d'autres Ministres nous devons augurer bien ou mal. Si le parti est pris d'en venir aux extrémités, il se peut fort bien que M. le Cardinal ait voulu se couvrir, et s'autoriser par l'avis du Conseil. Il se peut aussi que si M. le Cardinal ait porté à un accommodement, et qu'il y sent une forte répugnance de la part du Roi, il veuille se fortifier par le sentiment de gens qui naturellement ne doivent point souhaiter de voir l'Espagne en guerre contre tout le reste de l'Europe. Ce qu'il y a de sûr, c'est que M. le Cardinal nous a parlé aujourd'hui en homme qui veut nous faire accroire qu'il souhaite un accommodement. Au reste, il nous a paru extrêmement abattu et inquiet. Peut-être qu'il aura reçu par un courrier, que nous savons lui être venu hier de Barcelone, quelques nouvelles désagréables. Il y a d'autant plus lieu de le croire, que l'on ne parle point de ce qu'il a apporté. Peu de jours, vraisemblablement, nous mettront en état de vous envoyer la résolution finale de cette Cour.

EARL STANHOPE TO EARL OF STAIR.

[Hardwicke Papers, vol. xxxvii.]

Bayonne, Sept. 2. 1718. MY LORD, I FIND here your Lordship’s letter of the 20th of August, being the duplicate which you had the foresight to lodge here, the messenger having, as you judged, missed me, by taking the post road. You will have received by M. de Nancré's courier my letter to Mr. Secretary Craggs from Madrid, enclosed in one from Colonel Stanhope to your Lordship. Whether the Cardinal deceives M. de Nancré and me, I cannot determine; but I will own to your Lordship that I think he was desirous to have had the suspension of arms, and that he will still endeavour to accommodate matters. He complains bitterly of the King's obstinacy, who is at present governed more by his personal animosity against the Emperor and Regent, than by any reason of state. He represents him, besides, as excessively jealous and mistrustful of all about him; insomuch that, for a considerable time past, no person whatever, not the Cardinal himself, has ever spoken about busipess to the King or Queen asunder; nor does any other Minister ever dare to speak but in the presence of the King, Queen, and Cardinal, who, by what I can judge, are every one jealous of each other. The Queen has taken a pli, to affect being more angry than any body at our treaty, thereby to convince the King that she will sacrifice all private interest to his will and pleasure. This is but affectation; what she really stomachs is, that more regard is shown to her issue than to herself; and I really think care should have been taken to have secured the guardianship of her children, and, consequently, the administration of the government of those two fiefs, to her Majesty during the minority of her children; as likewise to have made some provision for a pension to her during life out of those dominions, if her children should die, and the fiefs consequently be disposed of to another family. Something of this kind may still be done; and would, I verily believe, determine her to give us what'assistance she can; for, if I mistake not, she is far from being insensible of the advantages procured to her family; and this I gather even from her behaviour to me, at my taking leave; for, besides a more than usual affectation of being civil to me, she did in a manner, and very skilfully, in the King's presence, beseech my friendship for the future. The King talked longer to me than he does usually, with less heat and emotion than the first time I saw him, but with an air, I think, as much determined as possible to abide all extremities. The Cardinal shed tears when I parted with him, has promised to write to me, and to let slip no occasion that may offer of adjusting matters. Upon the whole, I am of opinion that before next spring fata viam invenient of adjusting this business amicably; and, notwithstanding the ill success I have had, I am far from repenting my having made this journey. I learn here that the citadel of Messina is taken. The Cardinal seemed very doubtful about it, and still more so of Syra

The best, or indeed only service our fleet could do, if the citadel of Messina is lost, is to concert measures with the Viceroy of Naples to save Syracuse ; for if the Spaniards are entirely masters of the port of Messina, he will not be able to hurt their fleet. I hope measures are taken in England for a squadron wintering in the Mediterranean: upon that will depend every thing. For at the same time that I will own to you that it is my opinion that we should have a door open to negotiate with Spain, - and that I believe they will at last come to, — at the same time, I say, I think it absolutely necessary to redouble our vigour, upon their hanging back, and to let them see that what shall not be complied by fair means will certainly be done by force. For that reason, I am extremely pleased to observe in your Lordship’s letter the style in which the Regent speaks to you ;

cuse.

« EdellinenJatka »