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Mourier. Pour éviter le funefte courroux,
Dont leur amour vient d'éprouver les coups,
Un doux hymen les unit en filence.
A leur bonheur les amis prennent part;
Et cependant le défolé Richard,
Aiguillonné de fon impatience,
N'a nul repos, et preffe le départ.

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Cazotte.

Von diesem durch mehrere Proben einer glücklichen Ers zählung/gabe rühmlich bekannten Schriftsteller ist ein in sehr woblklingender poetischer Prose geschriebenes Rittergedicht, in zwdif Gesängen, deffen Held gleichfalls einer von Karls Paladinen, Olivier, ist. Der Verfaffer wollte ein Gemåhl. de liefern, das zwar der Natur treu bleiben, aber doch eine große Mannichfaltigkeit der Züge haben, und diese zu Eis nem interessanten Ganzen vereinigen sollte. — Und diese Absicht ist ihm sehr gelungen. Der Plan ist minder reich und verwickelt, als beim Ariost; die Darstellungsart ist mins der wigig und satirisch, als im Ricciardetto; aber Anmuth der Farbengebung, treffende Charakterzeichnung, lebhafte Erfindung, und wahrhaftig dichtrische Benuzung der Situas tionen, findet man auch hier. Folgende Stelle des dritten Gesanges enthält eine der lebhafteßten Schilderungen. Inas re ist ein Ritter, der voller Haß, Eifersucht und Wuth, den Olivier verfolgt, durch den Sturz in eine tiefe Grube eine Weile zurückgehalten ist, und nun erfahren hat, daß der Ritter, den er aufsucht, sich zu Nantes befinde.

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Cazotte.

Les voyages d'Inare étoient des courfes. Il eft déja aux portes de Nantes: la flotte que commandoit Stenon venoit de mettre à la voile. Le duc Richard et fa Cour étoient occupés à voir un tournoi dont ce prince donnoit le plaifir aux dames; Rollond le plus jeune de les fils, nouvellement armé chevalier, en étoit le tenant.

Inare, inftruit de cette nouvelle, fait tirer de fes équipages fes plus belles livrées, les fait prendre à fes pages, fe panache de plumes et de rubans rouges et jaunes, arbore une foubre - vefte chargée d'une large croix des mêmes couleurs, fe préfente à la barrière, en faisant crier par fa fuite: Faites place au feigneur comte Inare.

Cazotte.

La foule s'écarte, la voix paffe de bouche jusqu'aux hérauts d'armes; de-là dans les balcons, fur les amphitheatres: Place, place, crioit-on, au feigneur comte Inare.

On fe demandoit, connoiffez-vous M. le comte d'Inare? Il aura beau fe faire annoncer, répondoit-on, il arrivera toujours incognito.

Il a pris la croix contre nous, difoit l'un; eft ce qu'il nous prend pour des Turcs?

Les femmes trouvoient que le gros rouge, et le gros jaune, que ces couleurs fortes, s'affortiffoient à merveille à la taille épaiffe du cheval et du Chevalier.

Cependant Inare étoit en -dedans de la barrière, et la vifière baffe, une lance groffe comme une antenne fur la cuiffe; il attendoit que le tenant vînt lui faire tête; il n'eut pas le tems de s'impatienter; Rollond parut. Il avoit à peine dix-huit ans; fa taille étoit ailée, légère et bien prife, il montoit un cheval plein de feu, qu'il manioit avec adreffe.

La trompette fonne. Les deux champions prennent du champ, et courent l'un contre l'autre ; mais l'énorme cheval Normand qui portoit Inare ne partit qu'au grand trot. Rollond fond fur le Tourangeau comme un éclair, évite le coup que celui-ci lui portoit, le frappe fi adroitement qu'il lui fait perdre l'équilibre, l'enlève de la felle, et l'envoie à dix pas de fa monture.

Rollond, après ce beau coup, achève de finir fa carrière avec la même aifance, et retourne fe placer à la tête de la lice auprès des juges du

camp.

Inare fe relève furieux, et ne trouvant point auprès de lui l'adverfaire qui l'a terraffé, il s'en

prend

prend à fon propre cheval, fe rue fur lui, et l'affomme d'un coup de poing.

A ce trait, dans les balcons, en-dedans, endehors de la barrière, dans la campagne, tout le monde s'écrie, et tout-à-la fois: Vive, vive M. le comte d'Inare, il a fait un beau coup de poing!

Le Tourangeau roule fes yeux hagards et furibonds: les juges du camp s'approchent de lui pour s'informer, s'il ne le trouve pas incommodé de fa chûte, d'autres, s'il n'auroit pas fauffé fon gantelet. Inare perdoit patience; heureufement le duc Richard arriva fur la place, il avoit appris que le Chevalier, aux dépens du quel on plaifantoit, étoit le fils de la comteffe de Tours; il crut devoir empêcher qu'on ne pouffât le badinage trop loin, et penfant devoir des égards à ce nouveau venu, il s'emprefla à lui faire oublier, à force de politeffes, tout ce que cette journée avoit eu jufques-là de mortifiant,

Inare fe remit un peu à l'approche du Duc. Seigneur lui dit-il, le Chevalier tenant est bien heureux, que mon cheval m'ait manqué,

C.

J'en fuis perfuadé, Seigneur, lui répondit le Duc; mais je vous prie de vouloir bien oublier cette petite difgrace, et la pardonner à celui qui en eft la caufe innocente. Si la fortune a donné à mon fils ce petit avantage fur vous, c'est l'effet d'un caprice qui ne doit rien ajoûter à fon orgueil, comme il n'ôte rien à votre gloire. Venez, Seigneur, et permettez qu'il fe joigne à moi pour m'aider à vous. convaincre du cas que nous faifons de la valeur et du mérite dans le fils de l'illuftre comteffe de Tours,

A ce compliment flatteur le Tourangeau fe retourna, par l'effet d'un mouvement habituel, il regardoit fi le gouverneur qui jadis lui dictoit fes réponies, n'étoit pas encore derrière lui, et ne le voyant pas, il gémit du malheur d'être émancipe à

Cazotte.

Cazotte.

vingt-cinq ans; et, fans proférer une parole, fuivit, avec une démarche ftupide, le duc Richard jufques dans le chateau de Nantes.

La paffion qui maîtrifoit le Tourangeau le trabit. Il laiffa voir toute la baffeffe de fon ame à la première occafion qu'il eut d'entretenir le Prince. Il s'exhala en invectives et en, injures contre Ollivier, prétendit favoir que ce Chevalier étoit venu chercher un afyle à Nantes, que cet afyle ne pouvoit être ignoré, et ajoûta que Richard ne pouvoit fe difpenfer de lui remettre ce coupable entre fes mains.

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Je fais, répartit le Duc, les juftes raifons que le comte de Tours, mon allié, a de fe plaindre de cet Ollivier, dont la recherche occafionne ici votre voyage. Je connois ce Chevalier: il eft frère d'armes de mon fils Stenon, et il faut convenir, qu'a- · vant la faute dans laquelle il vient malheurefement de tomber; il avoit la réputation d'un cavalier accompli, et que rien n'en démentoit en lui le caraЄtère.

Inare fouffroit impatiemment qu'on parlât de fon ennemi avec réferve, et même avec éloge. Un gentilhomme obfcur, difoit-il, qui devoit fon exiftence au comte Sigismond, dont il avoit été le domestique; un homme de cet êtat, qu'un peu de bonheur et des préventions trop favorables avoient diftingué mal-à-propos de la foule, s'oublier au point de commettre un pareil attentat! Non continuoit-il, le droit des gens eft intéreflé à ce qu'il ne trouve de protection nulle part.

Je ne fuis, répondoit Richard, ni fon patron, ni fon juge. Je fais, fi fon malheur vouloit qu'il fe fût retiré fur les terres de ma domination, à quoi m'obligeroient les devoirs de l'alliance et de l'amitié; mais on vous a trompé, Seigneur, Ollivier n'est point à Nantes, ni dans toute la Bretagne. Ce n'est

pas

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