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Quand cet Amant, et moi par ses défirs guidée,

Fontenelle. Nous armions contre vous tant de peuples divers, Nous n'avions point conçu l'ambitieuse idée

De vous disputer l'Univers.

Et ne voyions-nous pas que toujours vers l'Empire
Le destin vous faisoit quelque nouveau degré ?
Je me rendis à lui sur les Mers de l'Epire,

Avant qu'il se fût déclaré.

Rien ne nous annonçoit encor notre disgrace,
J'en voulus en fuyant prévenir les arrêts,
Et depuis vous savez fi l'Egypte eût l'audace

De s'opposer à vos progrès.

Non, non, sans jalousie, et d'un esprit tranquille
De vos heureux succès nous regardions le cours ;
Nous voulions seulement affärer un azile

A des malheureuses amours.

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Marc-Antoine passoit pour le second de Rome,
Par mille heureux exploits ce nom fut confirmé.
Ses maniéres, son air, tout étoit d'un grand homme,

L'ame encor plus; et je l'aimai.

Je fai que son esprit violent, téméraire,
Toûjours aux passions se laissoit prévenir,
Et je craignois pour lui la fortune profpere

Qu'il ne favoit pas soutenir.

Je l'aimai cependant; c'est une loi fatale,
Que l'amour doit causer tous mes évenemens;
Je m'attache aux heros, je suis tendre, et j'égale

Leurs vertus par mes sentimens.

Ah! Seigneur, à vos yeux lorsque j'irai paroitre,
Prenez d'un ennemi le visage irrité,
Traitez-moi, s'il se peut, comme un superbe Mai-

tre,
Je craindrois trop votre bonté.

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Fontenelle., Je m'apprête à me voir en esclave menée

Dans ces murs orgueilleux des fers de tant de Rois,
La Maison des Cesars, telle est la destinée,

Doit triompher de moi deux fois.

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Cesar qu'on met au rang des Dieux, et non des

Princes,
Par mille aimable soins triompha de mon coeur,
Et vous triompherez de moi, de mes provinces,

Ausli juste, aussi grand Vainqueur.

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Il préfera pourtant la plus douce victoire;
Dieux! quels soupirs poussoit le maitre des hu-

mains !
Que d'amour dans une ame où regnoit tant de

gloire,
Que remplissoient tant de desseins!

Combien me jura-t-il qu'au sortir de la guerre,
Si le Ciel en ces lieux n'eût pas tourné ses pas,
Il eût manqué toujours au Vainqueur de la Terre

D'adorer mes foibles appas.

Combien me jura-t-il qu'il eût changé sans peine
Tant d'honneurs, de respects, et d'applaudissemens,
Contre un des tendres soins dont j'étois toujours

pleine,
Contre mes doux empreslemens!

Ausli pour être heureux, s'il peut jamais suffire
De posseder un coeur, d'en avoir tous les feux,
De le voir prévenir dans tout ce qu'on desire,

Celar fans doute étoit heureux.

Je le sens bien, Seigneur, je me suis égarée;
J'ai trop dit que Celar a vecû fous ines loix;
Bien-tôt vous me verrez pâle et defigurée,

Et vous condamnerez son choix.

Mais fi le grand Cefar souhaita de me plaire,
Mes jours couloient alors dans la prosperité.

Le

Le fort, vous le savez, favorable, ou contraire, Fontenelle.

I)écide aussi de la beauté.

Si de ces heureux jours je revoyois l'image,
Si mes larmes touchoient le Ciel, ou l'Emperear,
Peut-être ... mais, hélas ! quel retour j'envisage!

D'où me vient cette douce erreur ?

En me la pardonnant, imitez la clémence
De qui pour vos vertus voulut vous adopter;
Vous êtes par le fang, par l'aveugle naissance

Moins obligé de l'imiter.

Solar

Colar de a u.

Colardeau.

Dieser angenehme und gefühlvolle franzdfische Dichter war aus Janville im Gebiete von Orleans gebürtig, und farb zu Paris im J. 1776. Er war der erste, oder wenigstens eis ner der erstern neuern Franzosen, der die Gattung der bes coide wieder bearbeitete, die vor etwa fünf und zwanzig Jahs ren die Lieblingsgattung der Dichter seiner Nation, und bis zur Ausschweifung und Uebertreibung bearbeitet wurde. Wes nigstens erschien sein Schreiben der heloise an Abeillard, eine Nachahmung Pope's, schon im Jahre 1758; worauf die nachstehende Antwort des Abeillard, pon Dorat, fich bezieht. Beide erreichen freilich ihr Vorbild nicht; fie find aber doch nicht ohne Schönheiten der Empfindung und des Ausdruds. Man hat noch mehrere Heroiden von Colars deau; z. B. Lausus an Lydie, und Armide an Xinaldo. Seine Trauerspiele, Ustarbe und Caliste, und seine Nachs ahinungen der Youngischen tachte, und des Tempels zu Cnidus von liontesquieu, , erhielten weniger Beifall. Zur Probe gebe ich hier den Brief des Lausus an Lydie, ju dessen Verständniß das zehnte Buch der Ueneide Virgil's ju vergleichen ift.

LAUSUS à LYDIE.

Dans ces jours de triomphe et de rejouissance,
Où le fafte orgueilleux étalant la puissance,
Au milieu des plaisirs, des jeux et des festins,
S'apprête à célébrer vos illustres destins;
De quel oeil verrez-vous ces tristes caracteres,
D'un juste désespoir foibles depositaires;
Ces signes imprudens que ma plume a tracés,
Et que mes pleurs helas! ont bientôt effacés?
Qu'avez-vous fait, Lydie, et que viens-je d'enten.

dre?
Est-il vrai, qu' outrageant la nature et l'amour,
Le Tyran ombrageux, à qui je dois le jour,

Malgré

Malgré ses cheveux blancs et le faix des années, ColarSeau. Peut à ses tristes jours unir vos destinées ?

Qu'un Roi foible et vaincu, chassé de les Etats,
Qu'un Prince fugitif, sans amis, fans soldats,
Pour éviter les maux où la fuite l'expose,
Aille subir le joug qu'un Tyran lui propole,
Qu'il accepte une paix dont la fille est le prix;
De cette lâcheté Lausus n'est point surpris;
Mais que pour écouter un devoir chimérique,
D'un pere ambitieux, victime politique,
Une amante sans foi trahisse ses sermens,
Et brise sans pitié les noeuds les plus charmans ;
Je l'avouerai : jamais de cette perfidie,
Le malheureux Laufus n'eut soupçonné Lydie.

O vous, qui méprisant un sentiment vain

queur, M'enfoncez de fang froid un poignard dans le

coeur!
O vous, qu'une autre main de la pourpre décore,
Vous, que j'ai tant aimée.... Et que j'adore en-

core,
Lydie! il est donc vrai .... que n'en puis je douter!
Qui l'eût cru, qu'en partant j'aurois à redouter
D'un rival abfolu l'autorité fuprême ?
Que le don d'un état, l'offre d'un diadême,
D'une honteuse paix le projet spécieux,
Tenteroient votre coeur, éblouiroient vos yeux?

Ne vous souvient-il plus de ce combat fu.

neste,
De ce désastre affreux, où le Roi de Préneste,
Après avoir perdu des milliers de soldats,
Vaincu, forcé de fuire, chassé de ses Etats,
Pour comble de malheurs, pour disgrace derniere,
Dans les fers du vainqueur vous laissa prisonniere?
Dans ces premiers momens d'une juste douleur,
Je crois vous voir encore lans force et fans cou-

leur,

Au

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