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noms de rois et de familles nobles, gos-IRACA-u'an-yn, 77° roi, régnant en 1 16o " et f-IRAKOU-gho, famille noble. Il est évident aussi que Yamana, nom de famille ", a de grands rapports avec Yemen, Yéman, nom de l'Arabie-Heureuse (ou pays de la Main droite). Il est clair que le nom de farhille Masakado (R. p. 1 1 o) a quelque analogie avec celui des moscas de Bogota, comme aussi les noms de pays japonais, Moutsou et Mousasi (p. 124), et les noms de famille, Masou, Masa, Motsi ( p. 1 1o ), en ont avec le nom de la tribu des Mozos, du plateau de Bogota, que cite M. de Humboldt (p. 2.8). On pourrait multiplier ces analogies; citer encore au Japon le pays TsiKOUYEN, et à Bogota la tribu des Guanes; et enfin la contrée japonaise (p. 125), nommée Nagato, nom évidemment très-voisin de celui de Bogota. Ces analogies de noms de pays et de familles, ont aussi cer- . tainement leur importance, et on a cru devoir les indiquer. M. de Humboldt cite également la rivière FUNzhe, qui formait dans les premiers tems un lac immense du plateau de Bogota, et en japonais Fun ou Foun est un des noms de famille, et foung ou foun signifie boue ou lac boueux *. Mais il faut encore examiner d'autres noms non moins importans, ceux qui tiennent au culte, et que voici : Les prêtres des Muyscas, ayant souvent des masques d'animaux symboliques, comme ceux que portaient les prêtres égyptiens, se nommaient Xéques, suivant M. de Humboldt; et M. de Paravey, d'après le père Rodriguez, cite (p. 125) une secte religieuse du Japon, nommée Soke; il observe que (p. 1o6) saghéo, saighio est en japonais le nom des livres contenant les vies des religieux ou des prêtres ; que gikai veut dire 4 observance de la règle, de sorte que Xéque ici voudrait dire : régulier, homme soumis aux règles, c'est-à-dire, religieux ou prêtre. Il observe même que l'un des noms de l'homme bârbu, civilisateur des Muyscas, le nom de Bochica, a de singuliers rapports

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avec les noms Fo et Che-kia, du fondateur célèbre du bouddhisme, religion très-anciennement portée à la Chine, puis au Japon, et qui y subsiste conjointement avec le culte des astres ; suivant M. Titsingh, un des résidens hollandais en ce pays ".

Or, en ce dernier pays, le nom de Fo, se prononce Bou et Bo et même Bouppo, et son nom de famille Che-kia, où il serait possible de voir le titre Scheik des Arabes avec une finale ia, se prononce chaka; le nom de Bochica des Muyscas serait donc formé de la réunion des deux noms du célèbre Fo, Bochaka ou Bochica, et la classe des xéques serait celle des sectatateurs de Che-kia, ou du scheik arabe ^qui a dû fonder cette secte antique, dans l'Inde et dans le Fou-sang des livres chinois, c'est-à-dire, en Amérique.

Mais ce mystérieux Bochica, type et fils du soleil, se nomme aussi Sua ou Zuhé, nom du soleil chez les Muyscas; tandis que sa femme, non moins célèbre, se nomme Chia, du nom de la lune, où elle est censée exister, et aussi Huythaca ou Huethaca, Guethaca, suivant M. de Humboldt.

Or, précisément la lune se nomme gouat ou guet, guets dans Rodriguez et Thunberg (Vocabulaire japonais), c'est-à-dire, qu'elle a le même nom que chez les Muyscas, à la finale près, G UET-haca, Huet-haca.

Le nom du soleil, Sua, nom qui, écrit Sué, signifie blanc , se retrouve évidemmment prononcé joua, joue, dans les mots japonais JOUAki, il fait jour, et JOUki, neige, c'est-à-dire, blanc; adouci en Sou, il a aussi en japonais, comme dans une foule d'autres langues, le sens de Seigneur, de Dieu, et se retrouve évidemment dans le sanscrit Souria, soleil, mot trèsvoisin du japonais siroi ou suroi, blanc.

Le dimanche ou jour du soleil, se nomme à la vérité nitie-yo, en japonais, mais le lundi s'y appelle gouet-yo, où apparaît en, core le nom muyscas GUET ou huethaca, et il est à remarquer que les jours de cette semaine des Japonais, comme de celle des Indiens, répondent précisément aux mêmes planètes que les nôtres.

" Page 85, Mémoire sur la dynastie des Djogouns du Japon, publié par M. Remusat, ouvrage où M. de Paravey a pnisé plusieurs de ses remarques.

On voit donc qu'à quelques nuances près, les noms muyscas et japonais sont encore les mêmes pour le soleil et la lune. Si l'année, ou période de vingt lunes, se nomme zocam en muyscas, ce qui rappelle les yogam ou périodes de tems des Indous, toka, facilement dit tsoka, est le nom du tems en japonais; l'année de douze mois en particulier s'y nommant tosi, et tsouka étant d'ailleurs, en japonais, le nom du mois ou de la lunaison, autre période du tems, formant le zocam muyscas. Les lunaisons mêmes se nommaient suna ou souna, chez les Muyscas, dit M. de Humboldt, et il en donne une étymologie douteuse et éloignée; tandis que ces peuples intercalant des lunes, par un artifice qu'il explique, on peut tirer ce nom du nom primitif de la lune intercalaire, en chinois joun et soun en japonais ; lune que M. de Humboldt cite lui-même, sans penser à l'analogie frappante de ce nom avec le suna des Muyscas. Si la nuit, en muyscas, se nomme sa ou za, on peut y voir l'abrégé du nom japonais joSAri, mot complexe, puisque jo, ou yo, ou ia seul est la numérale et le nom des nuits en japonais ", de sorte que l'autre nom de la lune, chia, en muyscas, a dû signifier quelque sens analogue à celui de dame de la nuit, ou reine des ténèbres. Toutes les moindres nuances se retrouvent donc ici dans les noms astronomiques des deux peuples; et il n'est pas jusqu'à ce pauvre prisonnier, cet enfant nommé lc guesa, qui était saisi dans quelque course guerrière, et élevé dans le temple du soleil, ou le chun-sua d'Iraca, pour être immolé à l'âge de quinze ans, dans la pleine lune de chaque indiction, qui ne trouve l'é tymologie de son nom en japonais; car, en cette langue ", man gueso est le nom de la pleine lune; c'était donc le gueso, ou guésa, l'enfant, la victime de la pleine lune, man-gueso , et c'est à tort que le chanoine Duquesne traduit ce nom par errant , ou sansmaison (gué en muyscas étant le nom de la maison). Cet enfant, en effet, avait pour maison le temple du soleil; et l'idolâtrie stupide qui l'y faisait élever avec soin, pour l'y immoler, afin de se partager son sang après son décès et d'offrir son cœur au mystérieux Bochica, rappelle évidemment le culte pres

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que aussi barbare des Égyptiens, qui, dans leurs temples magnifiques, par un autre calcul astronomique, immolaient tous les vingt-cinq ans leur bœuf Apis, après lui avoir rendu des honneurs absurdes et l'avoir élevé avec le plus grand soin.

Le sacrifice d'Abraham, si célèbre dans tout l'Orient, sacrifice qui a aboli les sacrifices humains, et qui se solemnise avec pompe, jusque chez les musulmans de Hami, dans la petite Boucharie, et en Chine aussi-bien qu'à la Mecque, montre combien ces cruautés astrologiques sont anciennes : l'on n'ignore pas que les Romains eurent beaucoup de peine à les abolir à Carthage ; l'on sait qu'à Tonga-Tabou, île de l'Océanie, un père immole ou laisse immoler ainsi son propre fils, croyant alors avoir apaisé le mauvais esprit, et sauvé par cette offrande sanglante, une vie plus précieuse à l'État. On peut consulter à cet égard l'intéressant voyage de M. le capitaine d'Urville, et pour des vues philosophiques et plus élevées, recourir à la dissertation si profonde de l'illustre comte de Maistre, à la suite des Soirées de St. Pétersbourg, dissertation que pourrait confirmer puissamment la discussion des hiéroglyphes conservés en Chine pour exprimer sacrifier, offrir ".

Pour en revenir au sujet de ce mémoire, et ne voulant pas l'allonger à l'infini, on se borne, après ces disoussions, déjà trop étendues peut-être, à donner la liste suivante des mots de toute nature, trouvés identiques, ou du moins fort voisins chez les Muyscas et les Japonais.

Si M. de Paravey avait eu à sa disposition le vocabulaire anglais et japonais de M. Medhurst, publié à Batavia, en 1852 ; s'il avait pu se procurer la grammaire muyseas du P. de Lugo, il ne doute pas que son travail eût été moins défectueux, et la liste des mots identiques beaucoup plus considérable; mais telle qu'elle est ici, elle pourra convaincre tous les esprits droits.

* Le caractère chinois, ou plutôt chaldéen antique, hiang , qui signifie sacrifier, offrir, s'écrit indifféremment avec le symbole fils, ou le symbole agneau, symbole auquel on ajoute celui du comble ou du ciel, c'està-dire Dieu, et celui de la bouche qui offre ou présente à Dieu. M. de Paravey a déjà comparé cet hiéroglyphe remarquable à l'hébreu Corban, dans son Essai sur l'origine des lettres.

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LISTE DE MOTS MUYSCAS ET JAPONAIS

IDENTIQUES OU PRESQUE PAREILS,

Outre ceux déjà indiqués dans ce Mémoire. o

JAPONAIS OU SEWA.

Autorités.

Sa (gin, homme en chinois).Rodriguez. Fou-gin (femme en chinois) ,

MUYSCA OU CHI B,

Autorités.

1. Homme (vir), cha. Humboldt,

2. Femme, fou-cha. Lugo.
3. Père, paba. Id.
4. Mère, gouaga. Id.
5. Faire, kikoua. Id.
· 6. Tuer, goûgouâ. Id.
7. Manger, gouaska, Id.
8. Bon, eho. Id.
9. Noir, obscur, muyhica. Humb.
1o. Blanc, sué. Id.
1 1. Grand, kouma. Lugo.
l 2. Être errant , guesa ou
gueta, Humb.
15. Moi, hycha. Lugo.
14, Toi, moué. Ib.
15. Il, lui, as. Id.
16. Eux, anabiha. Id.
17. Et, plus, asaqui. Humb.

Fou-yn, chaste. Rodrig.
Babo, frère aîné. Thunb.
Gego, fille. Id.
Fa-sa, mère. Id.

Et ci-d., voir le Foucha muys-
cas, femme.

Sou-ki-kou, labourer.

Naghe-ki-kou, travailler.

Fatari-ki-kou, travailler.

Ka-ki-kou, écrire.

Fa-ki-kou, fouler.

Et une foule d'autres verbes. V* Rodr.

Kouako, passé, trépassé.

Koughi, clou, pointe, percer.

Ikousa, la guerre. Rodrig.
Koutsi, bouche. Id.
Koui, manger. Id.
Joui, bon , beau. Thunb.
Jo-si, bien. Id.
Jo-ka, bon. Id.
Mime, obscur, sombre. Id.
Siroï, suroï. Rodrig.
Kami. Th. Ro.
Kouvvaye, accroître.
Eta , aller. Rodrig.
Ita, aller, marcher. Thunb.
Misca-ra, moi-même. Thunb.
p.165.
O-maï, toi. Id.
Aits-ouga, il, Rodrig.
Nousi. p. 82.
Anofitats, euac. Thunb.
p.185.
Jouki, ct, Id.

p.186.

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