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ne put se sauver que par la fuite. Arrivé à Seta (Chi thian), petite ville de la province d'Oomi, il s'y noya de désespoir. Depuis ce temps, l'impératrice gouverna tranquillement; elle occupa le palais d'Iwaré-no miya (Phan yu koung), dans le Yamato, et y fit les funérailles de son époux. Son fils fut déclaré Taisi ou successeur. Deux fois elle envoya des ambassadeurs avec des présens à l'empereur de la Chine de la dynastie de Ghi (Wei)*, et elle reçut souvent des ambassadeurs et des présens de ce monarque. Zon ken (Sun khiuan)*, de la dynastie des Go (Ou), qui régna alors dans la Chine méridionale, conçut le projet de se rendre maître du Japon, et y envoya une armée de plusieurs dixaines de mille hommes. La plus grande partie mourut en mer par la peste, ce qui fit échouer l'expédition. Il est question de cette impératrice dans plusieurs auteurs chinois. Elle régna 69 ans, et mourut à l'âge de 100 ans *.

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O sIN TEN o (Yng chin thian houang) était fils de Tsiou aï. Sa mère Singou kwogou se trouvant enceinte de lui à la mort de son époux, il était déjà, avant sa naissance, considéré comme le successeur du Daïri, et c'est pour cette raison qu'on le nomma TAï TsIoU TEN o (Tai tchoung thian houang, ou l'empereur dans le ventre de sa mère). Il naquit avec une loupe sur le bras, de la forme d'un carquois, anciennement nommé fonda ou tomo, à présent yébira, ce qui lui fit donner aussi le nom de FoNDA-No TEN o.

Il parvint au trône à la mort de sa mère , et occupa le palais d'Aké-no miya (Mingkoung), à Karou-nosima (Kingtao), dans la province de Yamato. Il fit venir beaucoup de Yémisi ou habitans de Ieso et de gens du San kan (San han); il employa les premiers à construire une chaussée qui conduisit à ses écuries, les autres à creuser un étang ; voulant prouver par-là sa souveraineté sur tous ces peuples. Les trois royaumes de San kan lui envoyèrent des présens, et se conformèrent à la manière de gouverner du Japon. Le premier ministre Také outsi-no soukouné vint en Tsoukouzi pour saluer le Daïri. Son frère Oumasi outsi-no soukouné l'accusa, après son départ de Yamato, d'avoir conspiré avec les peuples de San kan pour se révolter, ce qui irrita le Daïri au point qu'il envoya après lui pour le faire mettre à mort ; mais son innocence ayant été reconuue, un de ses serviteurs, nommé Iki-no Atasi-no Maneko (I khi Tchy tching Ken tsu), qui avait répandu le bruit de la rebellion, subit le sort destiné à son maître.Také outsi-no soukouné se rendit en secret chez le Daïri pour lui prouver son innocence; les deux frères eurent l'ordre de se justifier devant les dieux, en plongeant la main dans de l'eau bouillante. Cette épreuve démontra pleinement l'innocence du premier, qui fut rétabli dans ses emplois. C'est de cette époque que date l'oukisiyoo (thang khi thsing) ou la justification par l'eau bouillante. A cette époque, Wo nin (Wangjin), grand philosophe, arriva du royaume de Fiaksaï; il apporta le Ron go (Lun yu) et d'autres livres ", qu'il présenta à l'empereur; il enseigna aussi à lire et à écrire * à Oudzi-no Wakai Ratsou go (Wen tao Tchi Lang tsu), fils du Daïri. Alors furent aussi introduits l'art de

(l) L'histoire de la Chine parle d'une de ces ambassades; on y lit : « La seconde des années « king thsou (258 de J. C.), sous l'empereur

« Mingti des Wei, a# # # Pi mihou, reine

« du pays de Wo (ou Japon), envoya à la ca« pitale un de ses grands, qui apporta le tribut. « Cette ambassade fit que les Wei furent en « bonne amitié avec la reine de Wo. L'empe

« reur lui donna un sceau d'or, dans une en

« veloppe de soie pourpre. » — KL.
(2) La Chine était, à cette époque, partagée

en trois royaumes appelés Wei, Choù et Ou.

KL.
(5) Elle reçut après sa mort le titre de KAs1-

No DAï MIo sIN (Hiang tchi ta ming chin), sous
lequel elle est révérée comme une des divinités
protectrices du Japon.— KL.

(l) Le Lun yu est le troisième des Szu chou, ou quatre livres de Confucius et de Mencius. La

grande histoire du Japon, # #- É] 3k

Dai ni fon si, dit que Wonin apporta un Lun yu

en dix volumes ou cahiers, et le 3 # +

Thsian tsu wen, ou l'Ecrit en mille caractères, en un volume. Ce dernier ouvrage est un livre élémentaire dans lequel les enfans chinois apprennent les mille caractères les plus nécessaires. Il se compose, en effet, de mille signes idéographiques chinois, dont aucun ne revient une seconde fois, et qui sont disposés de manière que deux fois quatre forment toujours une phrase ou un sens complet. Ce traité a été composé sous Wou ti, fondateur de la dynastie de Liang, lequel régna de 502 jusqu'en 549 de J. C. Ce prince aimait beaucoup la calligraphie, et avait fait une collection des autographes du célèbre calligraphe Wang hi; il ordonna à un de ses écrivains, nommé Tcheou hing szu, d'en extraire mille caractères, et de les disposer de

manière à composer un discours suivi. Tcheou
hing szu se mit de suite à l'œuvre et la termina
dans une nuit : cependant ce travail difficile
l'avait si fatigué, que le lendemain ses cheveux
et sa barbe étaient blanchis. L'empereur fut
très-content de l'ouvrage, récompensa l'auteur,
et ordonna que les mille caractères écrits par
lui servissent à l'instruction du prince hérédi-
taire et des autres enfans de la famille impé-

riale. — KL.
(2) Jusqu'au temps du Daïri OzIN TEN o, les

Japonais n'avaient pas d'écriture; les ordon-
nances et les proclamations étaient publiées
de vive voix.Ce ne fut que sous le règne de ce
prince que l'on commença à se servir des carac-
tères chinois nommés Sin zi, et plus tard Kan
zi, c'est-à-dire lettres de Thsin et de Han. O zIN
TEN o envoya aussi , en 284 (le 6° jour de la
8° lune), une ambassade dans le royaume de
Fiaksai (Pé tsi) en Corée , pour y chercher
des hommes instruits et en état de répandre la
civilisation et la littérature de la Chine dans son
pays. Cette ambassade ramena avec elle le cé-
lèbre Wo nin, qui remplit parfaitement l'objet
que le Daïri se proposait.
Voici ce que les annales japonaises intitulées
Sio nitso pon gi nous apprennent sur ce person-
nage : « Wonin était de la famille de l'empereur
« Kao tsu, de la dynastie des Han. Ce monarque
« avait un descendant nommé Ran (Louan); Wo
« kou (Wang keou) était de la postérité de ce der-
« nier; il se retira dans le Fiaksai. Dans le temps
« que Ko sou wo ( Kieou sou vang) régnait dans
« ce pays, O zIN TEN o lui fit demander, par une
« ambassade, un homme lettré. Ko sou wo choisit
« alors Wo nin, fils de Wo kou, et l'envoya pré-
« senter ses hommages à l'empereur. Wonin ar-
« riva à la cour, dans la seconde lune de l'an
« 285, et fut nommé instituteur des princes im-
« périaux. » C'est de lui que date l'introduction
de la littérature au Japon. Ses descendans ont
rempli de hautes dignités militaires sous le
règne de KwAN MoU TEN o, L° Daïri, entre
781 et 805 de J. C.
Le mérite de Wo nin a paru si éminent aux
Japonais, qu'ils lui ont accordé des honneurs
divins. Son temple principal est dans la pro-
vince d'Idzoumi, et s'appelle Too wara dai mioo
in.Wo nin y est adoré conjointement avec Giou

filer, celui de travailler au métier et celui de coudre; ils vinrent du San kan et du royaume de Go (Ou), dans la Chine méridionale.

Les descendans des empereurs de la Chine Sin si kuo (Thsin chi houang) et ceux de la dynastie des Go kan (Heou han)* vinrent à la cour du Daïri.

Le Daïri s'amusant à la chasse sur le mont Yosino (Ky yé), et y ayant pénétré jusqu'à l'endroit nommé Kousou (Koué tsao), un homme qui y demeurait lui offrit pour se rafraîchir du ko zaki (li) ou vin doux; c'est pour cette raison que tous les habitans de Yosi no-no Kousou ont encore la libre entrée chez le Daïri.

O sin ten o mourut après un règne de 4 l ans, il en avait vécu l 10. Après son décès, on l'honora comme un dieu, parce que sa mère, étant enceinte de lui, avait vaincu les peuples du San kan ; on lui bâtit, dans la province de Bouzen, un temple nommé Ousai-no miya (Yu tso koung) : à la construction de cet édifice, huit pavillons blancs descendirent du ciel ; c'est pourquoi on donna à la divinité qu'on y révère le nom de Fatsman dai Bosats (Pâ fan taï

Phou sa)*, le grand Bodhisattwa aux huit drapeaux *.

to teno (Nieou theou thian houang), c'est-à-dire,
l'empereur céleste à tête de bœuf
Depuis le temps de Wo nin jusqu'à nos jours,
les signes idéographiques de la Chine sont restés
en usage chez les Japonais : ainsi que la langue
chinoise, ils sont principalement employés dans
les ouvrages savans ; mais cela n'empêche pas
que leur connaissance ne soit répandue dans
tout le Japon. Cependant, comme la construc-
tion de la langue japonaise diffère sensiblement
de celle des Chinois, et comme les mêmes ca-
ractères chinois ont souvent plusieurs signifi-
cations, on s'aperçut bientôt qu'on manquait
d'un moyen de parer à cet inconvénient ; on in-
venta donc, dans la première moitié du vIII°
siècle , les syllabaires kata-kana et fira-kana.
— KL.
(l) Nommés aussi Toung han ou Han orien-
taux. — KL.
(2) Cette dénomination doit être d'une épo-
que postérieure, car le mot Bosats en japonais
et Phou sa en chinois, qui est l'équivalent du
sanscrit Bodhisattwa, n'est venu au Japon qu'avec
la religion bouddhique, vers le milieu du vI° .
siècle de notre ère.—KL.
(5) On lit dans la vie du LvI° Daïri SI wA

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NIN Tok TEN o (Jin té thian houang) était fils d'Osin : sa mère Naka fimé (Tchoung ki) était petite-fille du prince impérial Yo ki irifiko-no osi (Ou pé tching jy yan houang tsu). A sa naissance, un kisou (mou wen) ou hibou entra dans la chambre, et se plaça sur le fauteuil de l'accouchée. Také outsi-no soukouné eut le même jour un fils, qui naquit à l'instant où un sazagi (tsiao liao)" ou tarin vola dans la chambre de l'accouchée. Le Daïri O sin, surpris de cet événement, résolut de changer les noms de ces enfans, puisque le hibou est regardé comme un oiseau de mauvais augure, et le tarin, au contraire, comme un oiseau d'heureux présage. Il nomma donc son fils O sazagi, ou le Grand tarin, et celui de Také outsi-no soukouné, Kisou-no soukouné.

O sin ten o avait chargé pendant son règne son fils cadet Oudzi-no Wakai Ratsou go (Wen tao Tchi Lang tsu) du gouvernement, et lui avait donné O sazagi pour l'aider. Après sa mort, Ratsou go s'efforça de persuader à son frère aîné O sazagi de monter sur le trône; celui-ci le refusa constamment, en disant : « L'empereur vous a confié le gouvernement ; si vous l'abdiquez « et que je l'accepte, nous enfreindrons les ordres de notre père. » Ce conflit dura trois ans ; pendant ce temps , il n'y eut point de Daïri. Ratsou go demeura à Oudzi (Wen tao) et O sazagi à Naniwa (Nan pho). Lorsqu'il y arrivait des présens pour le Daïri , ils étaient portés de l'une à l'autre de ces villes ; les deux princes les refusaient. Pour mettre un terme à cet état d'incertitude, Ratsou go se donna la mort. O sazagi, apprenant que son frère était grièvement blessé, accourut vers lui ; Ratsou go, qui respirait encore, lui parla et mourut. C'est alors qu'O sazagi monta sur le trône, et régna sous le nom de Nin tok ten o.

Il établit sa résidence près de Naniwa, ville de la province de Sets, dans le palais de Taka tsou-no miya (Kao tsin koung), qui était très-simple et dépourvu de tout ornement. Il vécut avec une sobriété extrême ; Wo nin, le philosophe de Fiaksaï, fit des vers sur son séjour à Naniwa et sur son avénement au trône. La quatrième année de son règne (516 de J. C.), voyant que le pays n'était pas assez habité et que le peuple se trouvait dans le besoin, le Daïri ne voulut accepter d'autres dons que les impôts ordinaires des terres : ses vêtemens étaient-ils sales, il les faisait nettoyer et n'en voulait point changer; son palais était-il endommagé par la pluie ou le vent, il le laissait dans cet état. Ses repas étaient de même d'une grande frugalité. On donne pour raison de cette con· duite, que, montant à son avénement au trône sur un bâtiment élevé, il n'aperçut dans les environs que peu de fumée s'élever des maisons, et en conclut que la misère empêchait les habitans de faire cuire des alimens. Trois ans après, étant monté de nouveau sur le même édifice, il vit que les plus petites cabanes avaient bonne apparence, et que la fumée sortait de toutes les cheminées, ce qui le satisfit beaucoup; ces trois années avaient été très-fertiles, et le peuple était riche et à son aise. * Quoique le peuple vînt le prier de rebâtir son palais, il ne le fit que trois ans plus tard : alors les artisans, jeunes et âgés, accoururent de tout côté; l'ouvrage fut entrepris avec tant d'ardeur, qu'il fut bientôt achevé.Tout le monde appela ce Daïri Zei sin (Chingjin) ou l'homme saint. On lui envoya du Kôrai (Kao li) un grand bouclier de fer. Il fit venir l'ambassadeur, et ordonna au chef des troupes à boucliers de le percer d'un coup de flèche , ce qui fut exécuté au grand étonnement de l'envoyé coréen. Il arriva du Fiaksaï un homme nommé Zaki-no kimi (le Prince du vin) avec un faucon, pour apprendre cette chasse au Daïri, qui prit le premier une perdrix de cette manière. Depuis ce temps, il y a eu des fauconniers au Japon ". Také outsi-no soukouné mourut en ce temps, suivant les uns à l'âge de 517 ans, suivant d'autres à l'âge de 550, ayant été pendant 240 ans premier ministre de six Daïris. Il laissa beaucoup d'enfans; tous ses descendans furent heureux *. Nouka da-no osi (Nge thian houang tsu), l'un des fils du Daïri, étant à la

TEN o, que le prêtre Ko kio allant vers ce temple, duit ce mot par hochequeue , mais le sazagi,

l'esprit d'O sIN TEN o lui apparut et l'instruisit de beaucoup de secrets. Ce prêtre retourna à la capitale et les communiqua au Daïri, qui fit construire , en l'honneur d'O sIN TEN o, un temple à Otokoyama, près de Fousimi : ce temple existe encore. — KL. A

(l) Dans le texte, #, en chinois, tsiao •o • • • •i

liao; en japonais, sazagi. M. Titsingh avait tra

appelé aussi en japonais takoumi tori et miso sazagi, est le tarin. Les Chinois donnent encore à cet oiseau les noms de khiao fou niao (l'épouse habile) et niu tsiang (la femme travailleuse), qui correspondent à l'expression japonaise ta

koumi tori (l'oiseau habile ou travailleur). Quant

au hochequeue, il s'appelle en chinois tsy ling ou young khiu, et en japonais, isi-tataki, ou le batteur de pierres. — KL.

(l) Les Japonais regardent les faucons de la régent de l'empire sous le xII° Daïri KEï KoU Corée comme les meilleurs pour la chasse, et ce TEN o, lui ont succédé dans cet emploi, et qu'ils pays en envoie tous les ans douze avec le tribut ont tous porté le même nom : c'est de cette maau Siogoun. - KL. nière que cet emploi a continué dans sa famille

(2) On assure que les descendans en ligne pendant une longue suite d'années.— KL. directe de Také outsi-no soukouné, qui devint

« EdellinenJatka »