Sivut kuvina
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conjointement avec Kana moura et Soga-nosi, eut le gouvernement de l'empire. Le Daïri leur dit un jour : « Si je possédais dix mille onces d'or et mille « caisses de jade oriental blanc, elles ne me mettraient pas en état de nourrir « mon peuple en cas de famine : les cinq espèces de grains sont le fondement « sur lequel est basée l'existence de l'empire. » Aussi fit-il construire par Inamé et Soga-no fi des magasins impériaux dans chaque province, et il les remplit de blé, pour le distribuer au peuple dans les temps de disette. Sous son règne, le Sinra et l'Amana dans le San kan se firent la guerre ; il envoya Odomo-no Saté siko (Ta pan Hiâ cheou yan) pour les réconcilier. La concubine de celui-ci, Matsoura-no Sayo fimé (Soung phou Tso young phin), voulut l'accompagner, ce qu'il refusa ; lorsqu'il partit, elle monta sur une hauteur pour suivre ses vaisseaux des yeux, et fit des vers qu'on admira beaucoup. Saté siko était le fils de Kana moura. Ce Daïri régna 4 ans, et mourut à l'âge de 75 ans.

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KIN MEi TEN o (Khin ming thian houang) était fils de Keï taï et de l'impératrice Te siro ka-no kwogou (Cheou pé hianghouang heou), fille du Daïri Nin ken. Il naquit après l'avénement de Keïtaï au trône : il était par conséquent frère utérin d'An kan et de Zin kwa. Il établit sa résidence dans le palais de Kana sasi-no miya (Kin thsu koung), à Sikisima (Kitchhingtao), dans le Yamato.

A cette époque, des troubles désolaient le San kan; les Sinra et les Kôraï y étaient en guerre avec le Fiaksaï et l'Amana. Ces derniers ayant demandé du secours au Japon, on leur envoya Kasiwadé-no omi fatésou (Chen tchhin pa ti szu). Ce général partit pour le Fiaksaï, et fut assailli en mer par une forte chute de neige, qui l'obligea à prendre terre. Son fils, encore en bas âge, y fut dévoré par un tigre. Fatésou, furieux, suivit les traces de l'animal pour sauver son fils. Arrivé dans les montagnes, le tigre sauta sur lui la gueule ouverte; mais Fatésou y enfonça le bras gauche, empoigna la langue du tigre, et le tua avec le sabre qu'il tenait de la main droite, puis l'écorcha et emporta la peau.

La 15° année du règne de ce Daïri (552), le roi de Fiaksaï envoya une ambassade qui présenta à l'empereur une image du Bouddha Siaka (Chy kia)',

des pavillons, un ten gai (thian kai) *, et les livres classiques de la religion de Bouddha. Ces présens furent très-agréables au Daïri. Le ministre Inamé (Tao mou) entreprit de lui persuader d'adorer ce dieu; mais Mono-no no Ogosi(Wé pou Wei yu)l'en détourna, disant : « Notre royaume est d'origine « divine, et le Daïri a déjà beaucoup de dieux à adorer; si nous adorons ceux « des royaumes étrangers, les nôtres en seront irrités. » Intimidé par ce discours, le Daïri fit cadeau de l'image à Inamé, qui de joie fit abattre sa maison, et construire sur l'emplacement le temple Koü ghen si (Hiang yuan szu)'; il y plaça l'idole, et lui rendit constamment son adoration : c'est de cette époque que date l'introduction de la religion de Siaka au Japon, et de ses temples nommés Ga ran (Kia lan)*. Bientôt après, toutes les provinces furent ravagées par la peste. Les conseillers de l'empereur attribuèrent ce désastre à l'image de Bouddha; par conséquent, son temple fut brûlé, et l'idole jetée dans la rivière Naniwa-no Fori (Nan pho Chu kiang)*. Le temple fut rebâti dans la suite. Le roi de Fiaksaï envoya au Japon des savans très-versés dans l'explication des Go kio (Ou king), ou cinq livres classiques des Chinois; un yeki-no fakassi ou commentateur du livre Yeki (Y king), un koyomi-no fakassi ou compositeur de calendrier, un kousou-no fakassi ou médecin, un kousouri wo misirou mono ou botaniste, et une dixaine de siya mon (cha men) ou prêtres bouddhistes. Les royaumes de Sinra et de Kôrai manquaient souvent d'envoyer leur tribut au Japon; le Daïri dépêcha donc Odomo-no Saté fiko (Ta pan Hià cheou yan) pour leur faire la guerre. Saté fiko pénétra bientôt jusqu'à la cour du roi de Kôrai, qui s'enfuit; tous ses trésors furent enlevés, et envoyés au premier ministre Inamé. De là le général japonais marcha contre les Sinra. Un de ses gens nommé Ikina (Ikhi no) tomba entre leurs mains ; ils lui promirent la vie sauve s'il se rendait. Ils tirèrent alors leurs sabres, et voulurent le forcer de se découvrir le derrière, de le tourner vers leJapon, et de s'écrier : « Que le général japonais « baise mon derrière ! » Mais Ikina se retourna brusquement, et s'écria : « Que « le roi de Sinra baise mon derrière ! » Aussitôt il fut massacré. Saté fiko soumit les Sinra en peu de temps. Dans la dernière année de son règne, ce Daïri, ayant été fort troublé dans la nuit par un rêve, fit construire, dans le district d'Ousa-no kôri (Yu tso kiun) de la province Bouzen (Foung thsian), un temple en l'honneur du dieu Fatsman-no daisin *. Il bâtit de même pour le dieu Kamo-no miosin (Kia meou ming chin) un temple dans la province de Yamasiro (Chan tchhing), où l'on sacrifie encore à présent à cette divinité. Ce Daïri régna 52 ans, et mourut âgé de 65 ans.

(l) C'est le Bouddha VIETHft S'âkya (2) # R C'est le nom des parasols dont

mouni.— KL. l'empereur de la Chine et les grands de la cour

se servent. Thian signifie ciel, et kai, couvercle.
— KL.

l. Dai mon, la grande porte;
2. Zou ro, le pavillon où les cloches sont

(l) Il existe encore un temple de ce nom à Miyako.— KL.

2 . C'est l onéral des t (2) # sha est 1e nom genera1 des tem

ples et couvens bouddhiques. Il est évidemment d'origine sanscrite; cependant je n'ai pas encore pu retrouver son équivalent dans cette langue.

Les Japonais admettent qu'un temple complet doit se composer des sept pièces suivantes :

suspendues ;
5. Fon do, le séjour de la divinité;
4. Ho so, la demeure du chef des prêtres ;
5. Kio so, la bibliothèque ;
6. Zan mon, l'escalier par lequel on monte

jusqu'au faîte ;
7. Kouri, la cuisine. —KL.
(5) Cette rivière coule dans le voisinage d'O.

saka. - KL.

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BIN DATs ou FIN DATs TEN o (Min tā thian houang), fils de Kin meï, avait pour mère Isi fimé (Chy ki), fille du Daïri Zin kwa. A son avénement au trône, il nomma Mono-no bé-no Moriya (Wé pou cheou wö), fils de Mono-no no Ogosi, régent de l'empire, et Soga-no Moumako (Sou ngo ma tsu), fils de Soga-no Inamé, premier ministre.

On reçut alors du pays de Kôraï une lettre écrite sur des plumes de corbeau ; personne ne pouvait la lire. Osin ni (Wang chin ni) la tint sur la vapeur du riz cuit, ce qui humecta les plumes, de sorte que les lettres parurent ; il la pressa ensuite sur une pièce de soie, et par ce moyen on parvint à la lire.

Bientôt après, le Daïri bâtit un nouveau palais à O sa da (Y yu thian). On lui envoya du Fiaksaï et du Sinra plusieurs images de Bouddha et des livres de prières; mais quoiqu'il aimât la littérature chinoise, il ne favorisa pourtant pas la doctrine de Siaka. Son neveu Moumaya do-no osi (Kieou hou houang tsu) et le premier ministre Moumako étaient très-attachés à cette religion. A cette époque, la peste reparut : Moriya, régent de l'empire, ayant appris que Moumako suivait la religion de Bouddha, représenta au Daïri qu'il fallait réprouver cette doctrine. Ce prince y ayant consenti, Moriya alla au temple, le détruisit, fit abattre les chapelles et les tours, brûla l'image de Siaka, et jeta les cendres dans les eaux du Naniwa-no Fori yé; il fit aussi arracher les vêtemens ecclésiastiques aux prêtres et aux religieuses, et les renvoya chez eux. Moumako en pleura et tomba malade de chagrin : il implora du Daïri la permission d'adorer Siaka, comme l'unique moyen de rétablir sa santé; il l'obtint pour lui seul. C'est ainsi que le culte de Bouddha fut derechef rétabli.

(l) Ce dieu est nommé à présent Ousa-no Fatsman, d'après ce temple.— KL.

Ce Daïri régna l 4 ans, et mourut à l'âge de 48 ans. D'autres prétendent, mais à tort, qu'il ne vécut que 24 ans.

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YoU MEÏ TEN o(Youngming thian houang)était le quatrième fils de Kin meï. Sa mère Kata siwo fimé (Kian yan yuan) était fille de Soga-no Inamé. Dans la deuxième année de son règne, le Daïri tomba malade ; ses serviteurs lui conseillèrent de permettre le culte de Bouddha. Moriya et Nakatomi-no katsou oumi (Tchoung tchhing chin hai) voulurent s'y opposer; mais Moumako leur dit que c'était l'ordre exprès du Daïri, et que personne ne pouvait l'enfreindre. En dépit de Moriya, il fit venir le prêtre Fou kouk sots sin (Foung koué fà szu). Moumaya do-no osi, fils du Daïri, était l'ami intime de Moumako. You meï mourut bientôt après. Moriya proposa Anafabé-no osi (Hiuë soui pou houang tsu), frère cadet de ce prince, pour lui succéder. Moumako le rejeta, et le fit assassiner en secret, afin de favoriser les prétentions de Moumaya do-no osi. Il leva ensuite ses troupes et attaqua Moriya, qui fut tué d'un coup de flèche par Atomi-no Itsifi (Tsy kian Tchy cheou), et toute sa famille fut détruite. Moumaya do-no osi, bâtit dans la province de Sets (Ché tcheou), le temple des quatre Rois du Ciel", en reconnaissance de l'appui que Siaka lui avait prêté dans cette guerre. Il donna un mankokf (wan khing)* des biens de Moriya à Atomi-no itzi fi, et le reste à ce temple. Moumaya do-no osi, aussi nommé Siô tok taisi (Ching té taï tsu), naquit à côté d'une écurie; c'est de là que lui vint ce premier nom de Moumaya do, signifiant la porte d'une écurie. Osi est le titre des fils du Daïri. On lui donna encore les noms de Ziogou taisi (Chang koung tai tsu) et de Ya mimi-no osi (Pâ eul tai tsu), le Prince impérial à huit oreilles, parce qu'il pouvait donner audience à huit personnes à-la-fois. Par la même raison, il eut également le nom de Toyo ké(Fung thsoung), qui a l'ouie fine. Il refusa le trône ".

(l) JE 3R U9 Si ten o (Szu thian wang)

ou les quatre rois du ciel, sont les quatre Mahâ
râdjâ des Bouddhistes.
Ce temple, situé dans le voisinage d'Osaka
(Ta pan), est visité ordinairement par les am-
bassadeurs hollandais qui passent par cette ville
à leur retour de Yédo. — KL.
(2) Le mankokf(wan khing) est de dix mille
kokf(khing); le kokfest de trois ballots isi (chy)
de riz; le ballot de riz est évalué à deux onces
d'argent; ainsi le mankokf vaut soixante mille

onces d'argent, ou dix mille kobans. Les reve-
nus de tous les grands de l'empire, de même
que des moindres employés , sont évalués sur
ce taux, comme on le peut voir dans le Yédo
kagami (Kiang hou king), ou Miroir de Yédo,
espèce d'almanach impérial, en quatre petits
volumes, qui paraît deux fois par an, et dans
lequel on trouve les noms de tous les grands de
l'empire, ainsi que ceux des autres employés,
avec l'indication des revenus de chacun d'eux.
— KL.

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SIoU zIoUN TEN o (Thsoung siun thian houang), frère cadet de You mei, lui succéda par l'appui de Moumako. Moumako se conduisit mal dans l'administration; ce qui irrita fortement le Daïri. Un jour on présenta à celui-ci un sanglier; dès qu'il le vit, il s'écria en présence de Moumaya do-no osi : « Quand « pourraije abattre la tête à quelqu'un comme à cette bête! » Une des maîtresses du Daïri, qu'il aimait beaucoup et qui était toujours avec lui, entendit ces mots; l'empereur s'étant refroidi plus tard pour cette dame, elle alla, pour se venger, trouver Moumako, et lui dit : « Le Daïri veut mettre quelqu'un « à mort comme le sanglier qu'on lui a donné; ce quelqu'un, c'est toi. » Alors Moumako excita Yamato-no aya-no Atasi koma (Tounghan Tchy kiu)*, homme intrépide, à se glisser furtivement dans la chambre à coucher du Daïri et à le tuer, ce qui fut exécuté.

Cet empereur n'a régné que 5 ans.

Atafi koma épousa en secret Kawa kami fimé (Ho chang ki), fille de Moumako. Quand celui-ci en fut instruit, il en devint furieux, fit attacher cet homme à un arbre, le fit percer à coups de flèche, et finalement décapiter.

Les guerres continuelles avec le Sankan obligeaient les Japonais de tenir constamment une armée sur pied dans leTsoukouzi; une partie faisait la garde dans la capitale, et était relevée chaque année. Moumako envoya un courrier

(l) Kaempfer nomme Sotoktais ce célèbre propagateur de la religion bouddhique au Japon Il place sa naissanee au premier jour de la première lune de la 5° année du Daïri Bin dats, c'est-à-dire, en 574 de J. C., et le fait mourir dans la 28° année du Daïri Soui ko, dans la 49° année de son âge. Mais d'après ce compte, il n'aurait vécu que 47 ans, ce qui est contraire à notre texte, qui lui donne également l'âge de 49 ans, comme on le verra plus bas. - KL.

(2) Le nom de famille de ce personnage,

# #. Toung han en chinois, et Yamato-no Y.

aya en japonais, montre qu'il descendait de la famille impériale des Han orientaux, qui paraît s'être dispersée après la chute de cette dynastie. En effet , des membres de cette famille se réfugièrent au Japon (voyez plus haut , page 2l); d'autres avaient déjà cherché un asile en Perse, puis s'étaient retirés en Arménie. C'est dans ce pays qu'ils s'établirent et fondèrent la famille des Mamigoniens, ainsi nommée de son auteur Mamkon. Voyez les excellens Mémoires sur l'Arménie, par M. Saint-Martin, vol. II, p. 25

et suiv. — KL.

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