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rieures de la région dorsale est moindre ; elle est tout au plus comme 1 est à 3, A la partie inférieure de la moelle, au moment où les origines des nerfs rachidiens sont très-rapprochées, il y avait une disproportion un peu moindre qu'à la région dorsale entre les racines postérieures et les racines antérieures; mais ce qui m'a surtout frappé, c'est qu'au milieu de racines antérieures qui avaient à peu de chose près le volume naturel, on en voyait un certain nombre qui étaient extrêmement grêles : si bien que quelques-unes avaient subi l'atrophie au même degré que les racines antérieures de la région cervicale, c'est-à-dire qu'elles étaient réduites à leur névrilème. Aucun fait ne peut mieux prouver l'indépendance des racines antérieures les unes des autres. Il m'a paru raisonnable d'admettre que ces racines antérieures atrophiées répondaient aux muscles du pied atrophiés, et que les différences dans l'atrophie des racines antérieures étaient en rapport avec les différences dans l'atrophie des muscles auxquels ces racines antérieures étaient destinées.

L'ASPHYXIE ET soN TRAITEMENT. — RECHERCHES SPÉCIALES SUR L'ASPHYXIE PAR LEs VAPEURS DU CHARBON ;

Par le D' FAURE, ancien interne des hôpitaux.

J'avais voulu seulement connaître les effets du feu appliqué comme excitant, sur divers points du corps, dans quelques cas d'asphyxie accidentelle ; mais des expériences multipliées sur des animaux m'ont mis à même d'observer un certain nombre de phénomènes assez peu connus, et de ces recherches, il est résulté une étude sur l'asphyxie elle-même. Ce travail sera donc divisé de la manière suivante : 1° Recherches sur l'asphyxie par le charbon, par privation d'air, et par immersion. 2° Examen des moyens indiqués jusqu'ici contre l'asphyxie ; exposé de son traitement par les cautérisations.

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I. J'ai fait des expériences sur des chiens et des chats ;j'ai d'abord laissé mourir six de ces animaux , que je sacrifiai volontairement , de sorte qu'en appliquant plus tard le traitement à un moment donné, je savais à peu près à quel degré le mal était arrivé.

Je les asphyxiais tantôt dans une pièce assez vaste qui me servait de laboratoire, tantôt dans une baraque, sorte d'appareil construit à cet effet. Mesurant 1 mètre 50 c. cubes, cette dernière était éclairée par une fenêtre donnant sur la cour; une vitre, ajustée à sa partie supérieure, permettait de voir au dedans. Un robinet traversait l'une des parois; à son goulot, tourné en dehors, s'adaptait un tube en caoutchouc que je pouvais, au moyen d'un ambout métallique, placer dans la trachée des animaux attachés sur ma table. Ainsi il m'était facile de leur faire respirer les gaz délétères dégagés dans l'appareil, tout en les ayant à ma portée. Je brûlais du charbon Ordinaire; un thermomètre mobile était disposé de manière à m'indiquer le degré du calorique à diverses hauteurs. Les effets des vapeurs du charbon se manifestent par des troubles dans les fonctions des appareils respiratoire et cérébro-spinal, et leurs traces après la mort, sont parfois très-vagues et souvent nulles. Leur ordre d'apparition et leur degré d'intensité sont modifiés par un nombre infini de conditions extérieures au sujet, ou inhérentes à lui. Mais parmi les premières, la température, en raison de ses inégalités, occupe le rôle le plus important. Je vais donc étudier successivement ces effets sous des condilions thermométriques opposées, puis leur variabilité selon les individus, et enfin leurs caractères symptomatiques et les lésions qu'ils déterminent en général. A. Quand la chaleur et la sécheresse de l'atmosphère sont excessives, elles masquent les effets propres des vapeurs du charbon; les symptômes sont tout à fait ceux de la suffocation, et ils ressemblent exactement à ceux qui résultent de la suppression brusque mais incomplète de la respiration par un obstacle mécanique.

OBsERvATIoN.—Le 4 avril, à 1 heure, je place dans l'appareil un chien d'une forte taille, le thermomètre marquait 50°. La température intérieure est telle que les planches des parois de la baraque et les vitres sont brûlantes à la main. L'animal se tient contre la porte, il est calme ; de temps à autre il se dresse contre le mur, ou il flaire autour de lui. 1 heure 10 minutes : il s'étend sur le ventre, la tête entre les pattes. 1 heure 12 minutes : il se lève, fait en chancelant quelques pas, et va se poser sur le train de derrière dans un coin opposé; la langue est sortie presque en entier, il est haletant; sa tête se meut à droite et à gauche, d'abord, puis en haut et en bas : elle se heurte contre le mur. Il se lève de nouveau, et veut faire quelques pas, mais il tourne deux ou trois fois sur lui-même, puis tombe sur le côté ; alors il est pris des mouvements les plus désordonnés; il se roule sur le sol en se tordant dans tous les sens; ses pattes roidies ou fléchies tour à tour, sont jetées de tous côtés, ou bien il les ramène en avant et les agite comme s'il nageait. Un râlement sourd et entrecoupé de cris longs et aigus s'échappe de la poitrine. Il urine abondamment et rejette des matières fécales. La tête bat le sol avec violence, le corps se contracte et se détend avec une force et une rapidité inimaginables. Les mouvements respiratoires sont développés au plus haut point, et ils se succèdent sans relâche avec précipitation : dans l'expiration, le thorax remonte vers la tête et il se dilate avec une telle ampleur que les pattes antérieures sont écartées presque à angle droit, et les muscles abdominaux, ainsi que le diaphragme, se creusent jusqu'à la colonne vertébrale ;il'expiration ébranle tout le corps, et lui imprime une sorte de projection, de sorte que la tête est lancée avec force, une écume ensanglantée et abondante s'écoule des narines et de la gueule. Tout à coup cette agitation s'arrête, le corps reste immobile, les pattes restent étendues, la respiration semble nulle, et pendant 50 secondes environ l'animal est comme mort; mais bientôt la respiration se réveille plus désordonnée, les convulsions recommencent plus violentes que jamais. Dans un de ces mouvements, l'animal renverse le fourneau et il se roule au milieu des charbons allumés, il urine à plusieurs reprises, pousse des cris affreux, son corps se contracte en arrière; il reste à la même place, les mouvements convulsifs cessent, et la respiration s'affaiblit; on voit les mouvements s'arrêter, d'abord dans l'abdomen et à la poitrine, puis au cou, lequel se tendait et se courbait tour à tour ; bientôt le haut du cou et la mâchoire seule se meuvent, ils semblent déglutir l'air à la façon des batraciens. L'animal enfin est couché sur le côté, les pattes étendues, et immobile ; on voit alors les pattes se roidir en avant à plusieurs reprises, et chaque fois il y a un mouvement d'expiration assez prononcée. 1 heure 20 minutes ; il pousse quelques cris et il meurt. Autopsie immédiatement après la mort. Le sang est clair, vermeil et fluide, les poumons sont rosés et contiennent peu de sang ; le cerveau très-légèrement piqueté, les téguments et les muscles de la tête et de la poitrine sont imbibés et rouges comme la chair de cerise.

Parfois la vie cesse brusquement dans l'un des spasmes que je viens de décrire : tantôt c'est par un ralentissement régulier et progressif de la respiration. Quelquefois l'animal meurt dans la position la plus imprévue : j'en ai vu un qui se courba en deux, sa tête vint s'engager entre les membres postérieurs; le museau et la gueule, d'où s'échappait une bave écumeuse et sanguinolente , passaient sous la queue; par un effort difficile à expliquer, pendant qu'il formait ainsi un véritable cercle, son corps se souleva de façon qu'il ne portait plus que sur le sommet du crâne, il jeta deux ou trois cris étouffés et expira. Un autre s'était redressé en arrière dans un mouvement convulsif, il mourut assis, le corps levé dans un angle de l'appareil. M. Barbier a indiqué des caractères tout à fait analogues chez des individus qui périrent asphyxiés dans un four à chaux. «Tous les tissus étaient d'un rouge-cerise, la substance blanche du cerveau le cordon spinal, la dure-mère, étaient gorgés d'un sang rouge très-fluide et très-clair. » (Académie de médecine, 11 novembre 1822.) Le D" Büchner, de Munich, a signalé un état pareil chez un individu mort dans une explosion du gaz de l'éclairage. « Le sang était fluide et d'un rouge ardent, le cœur ne contenait pas de caillots, il y avait eu des convulsions excessivement violentes. » Enfin MM. Ollivier (d'Angers) et Marye paraissent avoir constaté plusieurs fois un état semblable. Quelquefois pourtant c'est le sang artériel seul qui prend cette coloration claire, celui des veines gardant sa teinte brune de l'état normal. J'ai vu des cas où le contraste était tel, qu'en piquant l'aorte, quand la plèvre était déjà pleine du sang provenant de la veine cave, le filet qui s'échappait de cette artère donnait l'effet d'un ruban écarlate placé sur un fond noir. B. Au contraire, quand la température est modérée, et à plus forte raison , quand elle est froide, il y a généralement absence de convulsions ; on voit s'éteindre la vie par suite de l'affaiblissement progressif de l'acte qui lui est essentiel, la respiration. Le mal débute le plus souvent par une céphalalgie, qui devient bientôt trèsintense; il y a presque toujours des vomissements et des déjections d'urine et de matières. Les fonctions du cœur et du poumon s'affaiblissent par degrés, quelques instants avant la mort, les battements sont déjà à peine saisissables, on ne peut pas distinguer exactement le moment où ils s'arrêtent. Les cas de ce genre se présentent quand l'asphyxie a lieu dans une pièce trop vaste, eu égard à la quantité de combustible consumé, pour que l'air puisse y être fortement échauffé, quand il y a quelque fissure capable d'établir un équilibre de température avec l'air extérieur, ou enfin quand les vapeurs carboniques, formées à des foyers éloignés, arrivent jusqu'aux individus à travers des solutions de continuité cachées dans la muraille, sous le plancher, dans le plafond, par des conduits, des tuyaux, etc.

Il y a quelques années, les époux Drioton, restaurateurs à Belleville, furent trouvés, le matin, morts dans leur lit; le mari était étendu dans la situation la plus naturelle et la plus calme ; la femme, qui sans doute avait voulu se lever, était tombée en travers du lit. Ils habitaient une chambre prise à l'extrémité d'une ancienne salle de danse. On découvrit qu'ils avaient été asphyxiés par des vapeurs carboniques formées sous le foyer d'une cheminée placée à l'autre extrémité de cette salle, et dans laquelle on avait fait un feu considérable depuis deux jours. Pour arriver jusqu'aux époux Drioton, ces vapeurs avaient dû parcourir sous le plancher une distance considérable, elles avaient pénétré par une brisure du parquet. Le feu avait été allumé le 23 : dans la nuit du 23 au 24, ils s'étaient trouvés incommodés ; on en avait allumé encore le 24: dans la nuit du 24 au 25, ils avaient péri.

Les accidents se développent en raison du degré de puissance de la cause.

« Le 18 janvier 1853, un individu se couche dans un petit salon au rezde-chaussée. Le lendemain 19, on le trouve moribond; prostration profonde, extrémités contractées, le pouls est tombé à 55; il a vomi et il a rejeté des matières fécales en quantité. On put le rappeler à la vie. Le soir du même jour à 7 heures, un autre individu se met dans le même lit à la place du précédent, et le lendemain matin à 7 heures on le trouve mourant, et il expire quelques instants après. Il avait également vomi et rejeté des matières. Ces faits se passaient dans une maison de campagne; on se perdait en conjecture sur leur origine, quand on apprit qu'une petite lueur bleuâtre s'élevait sur le parquet dans la pièce supérieure. Quelques planches furent levées, et l'on reconnut que le feu de la cheminée de cette pièce, en échauffant les briques du foyer, avait occasionné la combustion d'une poutre en sapin au-dessous de l'âtre. En remontant alors à la source des accidents,'on reconnut que le feu avait été allumé le 16, le 17, le 18 et le 19; que dans la nuit du 16 au 17, l'individu qui couchait au-dessous n'avait éprouvé aucune incommodité ; mais que le 18, il s'était réveillé avec une céphalalgie violente, sans étouffement toutefois. Dans la nuit du 18 au 19, la céphalalgie avait été des plus intenses, les yeux s'étaient troublés et remplis de larmes ; bruissement dans les oreilles; il avait voulu se lever, mais il était tombé sans connaissance, et à dater de ce moment il ne se souvenait plus de rien. Enfin, Ie 20, celui qui l'avait remplacé éprouve les mêmes accidents, mais à un plus haut degré, et il meurt.»

La gravité progressive des phénomènes, dans ce dernier cas, est

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