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bonique, qu'on trouve encore dans la liqueur beaucoup de sucre après une ébullition longtemps prolongée. «Ainsi, en admettant que l'action des carbonates alcalins sur le glucose soit dans l'organisme analogue à celle qui s'opère dans le laboratoire, que cette action soit dans les deux cas soumise aux mêmes lois chimiques, il résulte de mes expériences qu'elle ne peut pas s'effectuer dans le sang dont la température ne dépasse pas 37 degrés. « Les recherches de MM. Lehmann et Bouchardat sur le sang des diabétiques, et de MM. Bernard et Reynoso sur la production du diabète artificiel, donnent un puissant appui à cette conclusion. Dans les expériences de ces physiologistes, la quantité d'alcali n'est ni augmentée ni diminuée, et le glucose ne passe pas dans les urines par l'insuffisance des carbonates alcalins. Ce phénomène est dû plutôt à une oxydation incomplète du sucre, déterminée par une lésion du système Il('l'VeUX . ) — M. Blache donne lecture d'une observation de leucémie que nous reproduisons à peu près textuellement. Le numéro de février des Archives contient la traduction du dernier mémoire de M. Virchow sur cette curieuse affection. On lira, à la Revue générale du prochain numéro, les deux premiers faits observés en 1845 par les Do Virchow et Bennett, qu'il n'est pas sans intérêt de comparer avec les cas observés par M. Isambert dans le service et sous les yeux de M. Blache. Le 26 octobre 1855, est entré, au n° 22 de la salle Saint-Jean, un enfant de 13 ans, Léon Tesnier. Il est grand et dans un état de maigreur et de pâleur excessif. Il se plaint d'une diminution très-grande de ses forces et de douleurs dans le ventre; il y a une quinzaine de jours qu'il est sorti d'un des services de l'hôpital des Enfants, se croyant guéri, mais depuis quelques jours il est dans l'impossibilité de travailler; il n'a, dit-il, pas de fièvre. Il rapporte qu'il est à Paris depuis trois mois, que dans son pays (la Touraine) il a eu longtemps les fièvres, mais que depuis qu'il habite Paris il ne s'en est nullement ressenti. Le ventre est gros, sans aucune trace d'ascite. Par la palpation et la percussion, on constate une hypertrophie considérable de la rate et du foie. Les jambes ne sont point enflées, mais de larges ecchymoses existent autour des malléoles. La partie antérieure de la poitrine est criblée de petites taches d'un rouge assez vif, les unes larges comme des piqûres de puces, les autres comme une lentille, qui sont évidemment des taches de purpura. Au niveau du mamelon, deux petites ecchymoses. Rien sur tout le reste de la surface cutanée. La poitrine résonne bien, mais on entend des râles muqueux disséminés en différents points et plus abondants à la base des deux poumons. L'enfant tousse un peu; il n'a jamais craché de sang. Les battements du cœur sont normaux. L'auscultation des vaisseaux du cou ne fait entendre aucun bruit de souffle. La peau est sans chaleur; le pouls régulier, sans fréquence.

L'enfant est soumis à un régime tonique et analeptique (tisane amère; fer réduit, 10 centigr. ; vin de quinquina, 60 gr. ; nourriture substantielle). Pendant quinze jours, il ne se fait aucun changement dans son état ; toujours même pâleur; les forces ne reviennent pas ou du moins augmentent peu ; les taches persistent. Le 10 novembre, il est pris brusquement d'anasarque; les membres supérieurs et inférieurs sont œdématiés ; les yeux bouffis, les paupières gonflées ; la cavité abdominale présente un commencement d'ascite , et les urines sont fortement albumineuses, mais claires, limpides et sans aucune trace de sang. — Le 11 et le 12, l'anasarque diminue. — Le 13, aucun signe d'ascite, les membres ne présentent presque plus d'œdème, les urines ne contiennent plus d'albumine.— Le 15, les paupières sont ecchymosées, les conjonctives oculaires le sont aussi jusqu'au pourtour de la cornée. — Les jours suivants, les ecchymoses pâlissent , mais le sang se résorbe lentement. Rien dans les urines. Le 22, l'épanchement sanguin sous-conjonctival se reproduit , les paupières sont aussi infiltrées de sang ; on aurait pu croire que le jeune malade avait reçu un coup violent sur les yeux. Il se plaint d'étourdissements et de douleurs de tête; la vue est conservée; toux fréquente, râles abondants ; un peu moins de son à droite et en arrière; fièvre. —Le 25, nouvel épanchement sous-conjonctival, épistaxis légère, moins de fièvre. — Le 26, l'épistaxis se reproduit, mais toujours peu abondante, — Les jours suivants, l'enfant s'affaiblit, les ecchymoses palpébrales deviennent complétement noires. Le 1o décembre, le foie a notablement augmenté de volume ; les taches purpurines persistent au devant de la poitrine. Dans le but d'étudier l'état du sang, on fait une piqûre légère, et on en retire 6 grammes environ. — Le 4, même état; le petit malade, qui a gardé le lit pendant quelques jours, se lève; le pouls est petit; il y a un peu de surdité. — Le 5, à trois heures du matin, vomissements bilieux abondants et coma profond. A sept heures, nouveaux vomissements. A huit heures, coma persistant, insensibilité, résolution des membres, râle trachéal ; pouls fort, plus développé qu'il ne l'a jamais été (96 pulsations); 36 respirations. (Saignée de 50 grammes.) Mort à dix heures du matin.

Autopsie quarante-six heures après la mort.

Habitude extérieure. Rigidité cadavérique; bouffissure assez notable des joues; ecchymoses des paupières. Les taches purpurines persistent. —Cavités encéphalique et rachidienne. Pas d'épanchement dans l'arachnoïde cérébrale. Les espaces sous-arachnoïdiens sont pleins d'une sérosité trouble, rougeâtre, analogue au sérum du sang recueilli dans Ia saignée faite avant la mort; la pie-mère est infiltrée d'une sérosité de même apparence.

Les deux ventricules latéraux contiennent chacun un caillot allongé, recouvrant, sans les pénétrer, les plexus choroïdiens, qui sont pâles, mais intacts. Les caillots sont mous, diffluents, comme le caillot de la saignée, d'une teinte lie de vin, qui devient bientôt d'un beau rouge au Contact de l'air. Pas de lésion appréciable dans la moelle. Cavité thoracique. Le tissu cellulaire sous-sternal est infiltré de sang. Pas d'épanchement dans les plèvres. Quelques adhérences du poumon à gauche; à droite, quelques tractus pseudo-membraneux sans importance. Les troncs veineux, notamment le tronc brachio-céphalique gauche, sont fortement distendus. Le péricarde est rempli d'une sérosité sanguinolente. La surface du cœur est pâle; on y remarque quelques ecchymoses ponctuées. Le cœur est dilaté; sa longueur, depuis l'extrémité supérieure jusqu'à la pointe, est de 128 millimètres; sa largeur, à la base, est de 124. Son poids absolu (vide de caillots) est de 218 grammes. Le ventricule droit contient un caillot diffluent, peu volumineux; les orifices sont libres. Le Ventricule gauche renferme aussi un caillot peu considérable. Pas de lésion des orifices. Les poumons n'offrent rien de remarquable à l'extérieur. Leur surface est rose. Légère congestion à la base, avec coloration rouge à la coupe. Abdomen. Pas d'épanchement dans le péritoine ; ses parois présenlent des ecchymoses sous-péritonéales. Le foie, énormément hypertrophié, descend jusqu'au cœcum à droite, et son lobe gauche touche la rate. La rate remonte jusqu'à la quatrième côte; en bas elle s'étend à deux travers de doigt de la crête iliaque. Son poids absolu est de 626 grammes. Elle est d'une couleur rose et devient d'un rose vif au contact de l'air. A la coupe, elle est d'un rouge lie de vin pâle ; le tissu en est ferme, mais très-friable; il donne à la pression une boue splénique abondante. Le mésentère offre une vaste ecchymose sous-péritonéale ; c'est une infiltration sanguine considérable du tissu cellulaire. Les glandes mésentériques sont à l'état normal. Le foie est d'un volume énorme. ll est d'une teinte rose pâle ; à la coupe, d'une coloration d'un gris rougeâtre, analogue à celui de la rate. Sa consistance est molle. L'aspect n'est point granuleux. Par l'écrasement, il se réduit en une sorte de boue comparable à la boue splénique. La veine porte laisse écouler une grande quantité de sang boueux d'un brun rougeâtre. Les reins, enveloppés d'un tissu cellulaire fortement ecchymosé, sont hypertrophiés. Ils sont ecchymosés à la surface; ces ecchymoses ont une profondeur de 2 à 3 millimètres. La substance corticale est pâle, peu distincte de la substance tubuleuse. Autour des calices et du bassinet, sous la muqueuse, on trouve des épanchements sanguins assez considérables. La cavité des calices et du bassinet ne contient que de l'urine. La vessie, fortement distendue par l'urine, présente de larges marbrures ecchymotiques siégeant sous le péritoine; l'urine qui y est contenue est troublée, s'éclaircit par la chaleur, et l'acide nitrique n'y détermine aucun précipité. La muqueuse vésicale est ecchymosée dans toute son étendue, sans apparence d'arborisations. L'estomac n'offre rien à noter; il en est de même de l'œsophage. Les intestins ne présentent rien de particulier à l'extérieur; à l'intérieur, on trouve dans le duodénum de la bile; dans le jéjunum et l'iléon, des mucosités blanchâtres, et sept ou huit gros ascarides lombricoïdes. Matières fécales dans le gros intestin. La muqueuse est pâle et présente seulement quelques points de piqueté rose peu prononcé. Les plaques de Peyer, pâles et blafardes, sont notablement tuméfiées. Orbite et œil. La conjonctive palpébrale ne présente pas d'infiltration. Les ecchymoses si remarquables des paupières étaient sous-cutanées. Pas d'épanchement au fond de l'orbite. Sous la conjonctive oculaire et tout autour de la cornée, il y a une ecchymose. Rien dans les milieux de l'œil ni dans leurs enveloppes. L'examen microscopique et chimique du sang des deux saignées a été fait par MM. Ch. Robin et Isambert. En voici le résultat . 1° Le sang était d'une couleur lie de vin analogue à la boue splénique et se coagulant lentement ; le caillot était mou, diffluent. 2° Le sérum contenait un grand nombre de granulations graisseuses, qui lui donnaient une teinte laiteuse. Le sérum du sang défibriné donnait, par le repos, une couche crémeuse qui venait surnager sur les globules. 3° Les globules rouges étaient deux fois moins nombreux que les globules blancs. Ce n'étaient pas les globules blancs, ou leucocytes proprement dites, dont la proportion avait augmenté, mais bien les globulines, qui sont aux leucocytes ce que les noyaux libres sont aux cellules en général. Ils étaient aux leucocytes dans le rapport de 80 à 1; de sorte qu'au lieu d'avoir, comme à l'ordinaire, à chercher les globules blancs, les globulines au milieu des globules rouges, c'étaient les globules rouges qu'on était obligé de rechercher. L'analyse chimique a montré : 1° une augmentation notable de la proportion d'eau ; 2° une diminution notable des matériaux solides du sérum; 3° une diminution plus notable encore des globules rouges ; 4° une augmentation considérable des matières grasses; 5° une diminution de la fibrine dans la première saignée. Dans la deuxième saignée, la fibrine offrait une dissociation telle de ses molécules, qu'elle ne s'est pas réunie en masse, mais qu'elle s'est précipitée sous la forme de petits grumeaux qu'il a été impossible de recueillir assez exactement pour en déterminer le chiffre. Séance du 5 février. M. Gobley lit la première partie d'un travail chimique sur les champignons, dont voici les conclusions :

1° Le champignon comestible renferme 90,5000 d'eau; 2° il contient de l'albumine; 3° la fibre végétale est formée, comme celle des autres végétaux, par la cellulose et la fungine. La fungine ne peut être considérée comme un principe immédiat, et c'est à l'albumine qu'elle retient que sont dues les propriétés particulières qu'on lui a reconnues; 4° la matière grasse du champignon comestible se compose d'oléine, de margarine, et d'une substan ce particulière, agaricine, solide et cristallisée, remarquable par son point de fusion élevé et par sa propriété de n'être pas altérée par les alcalis caustiques ; c'est à cette dernière substance que Braconnot et Vauquelin ont donné le nom d'adipocire ; 5° la matière sucrée cristallisée ne constitue pas un sucre particulier, elle n'est pas susceptible de fermenter et n'est autre chose que de la mannite; 6° le champignon de couche renferme une forte proportion de matières extractives azotées, les unes solubles dans l'eau et dans l'alcool , les autres solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool : 7° il contient du chlorure de sodium et de potassium, du phosphate de potasse, de la potasse unie probablement aux acides malique, citrique et fumarique, du chlorhydrate d'ammoniaque , du phosphate et du carbonate de chaux. Séance du 12 février. MM. Moreau et Paul Dubois donnent quelques renseignements sur les cas de fièvre puerpérale qui se sont produits en ville et dans les hôpitaux, et qui ne leur paraissent pas assez nombreux pour constituer une véritable épidémie, bien que l'opinion publique s'en soit vivement alarmée. — M. Boudet lit un mémoire sur la fermentation. — M. Bonnafont donne lecture d'une note où il insiste sur les avanlages de l'occlusion exacte et persévérante des paupières dans certaines formes d'ophlhalmies. Séance du 19 février. M. Boulu a déjà fait connaître à l'Académie sa méthode de traitement des adénites par l'électro-puncture, qu'il pratique en fixant à demeure, dans les organes malades, un petit séton métallique destiné à y conduire à volonté le fluide électrique : il complète par quelques détails sur le procédé opératoire sa précédente communication. — M. Mercier expose un procédé par lequel il est parvenu à éviter les fausses routes dans l'opération du cathétérisme. La sonde, de quelque volume qu'on la choisisse, tend toujours à s'engager dans la fausse route. L'auteur emploie une grosse sonde, qu'il laisse pénétrer dans le cul-de-sac artificiel ; une fois qu'elle est ainsi fixée, il s'en sert pour introduire une sonde plus fine, en caoutchouc, qu'il fait sortir par l'œil préalablement élargi, et qui, la fausse route étant remplie par le bec de l'instrument métallique, pénètre aisément dans la vessie. Ueux discussions ont été ouvertes, l'une sur un mémoire de M. Regnauld, relatif au typhus contagieux ; l'autre sur l'occlusion des paupières dans les ophthalmies, vantée par M. Bonnafont. Nous croyons devoir renvoyer à notre prochain numéro, avec l'analyse des mémoires,

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