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celle des débats auxquels ils auront donné lieu, et qui occuperont plusieurs séances.

-La mort de M. Richond des Brus, membre correspondant, est annoncée officiellement.

IM. Aeadénnie des sciennees.

Ulcère simple de l'estomac. — Affection convulsive à la suite d'une lésion de la moelle.- Études chimiques sur le champignon comestible. — Appareil pour

· les fractures des membres.- Séance publique annuelle, prix décernés. - Tribu des Touariks.— Cheiloplastie.— De l'empoisonnement par le phosphore. - Action de l'acide sulfureux sur la teigne faveuse. — Nouvel acarus du cheval transmissible à l'homme. — Action des vapeurs térébenthinées. - Du poumon comme organe impulseur du sang. — Fièvre typhoïde des lièvres.

Séance du 14 janvier. L'Académie n'a reçu dans cette séance aucune communication qui se rapporte aux sciences médicales. Séance du 21 janvier. M. Cruveilhier lit un mémoire sur l'ulcère simple de l'estomac. — M. Le D" Brown-Séquard communique des Recherches expérimentales sur la production d'une affection convulsive épileptiforme, à la suite de lésions de la moelle épinière. Ces deux travaux ont été publiés dans notre précédent numéro. — M. Jules Lefort envoie des Études chimiques sur le champignon comestible, suivies d'observations sur sa valeur nutritive. De ces recherches, l'auteur conclut que les principes nutritifs de l'agaricus edulis sont dus tout à la fois à l'albumine végétale et à la matière grasse qu'il contient, quoique l'eau et la cellulose forment les parties prédominantes dans le champignon. Par les principes azotés, et par le sucre et la mannite qu'il renferme, il forme encore un aliment plastique et réparateur très-avantageux. —M. Velpeau présente à l'Académie, au nom de l'auteur, M. Carret, chirurgien de l'hôtel-Dieu de Chambéry, une note imprimée sur un appareil nouveau pour le traitement des fractures des membres. Rien n'est plus simple et moins dispendieux que cet appareil; il se compose d'une feuille de carton ramolli pour emboîter le membre et de quelques tours de bande pour fixer le carton pendant sa dessiccation. En se durcissant, le carton s'amincit, se moule sur les parties et s'y colle, en les régularisant. Par son retrait, il exerce une légère compression permanente, en même temps qu'il devient inflexible et inamovible. Si une expérience plus longue et plus variée n'y fait découvrir aucun inconvénient sérieux et vient à confirmer de tels avantages, l'appareil de M. Carret devra certainement être admis comme un perfectionnement utile des bandages inamovibles, pourtant déjà si simples, employés aujourd'hui dans le traitement des diverses fractures des membres. -

Séance du 28 janvier. L'Académie a tenu aujourd'hui sa séance publique annuelle, sous la présidence de M. Regnault. M. Flourens a lu l'éloge historique du géologue, Léopold de Buch, et cette leclure a été suivie de la proclamation des prix pour l'année 1855. Nous en publions la liste ci-dessous : Prix de physiologie expérimentale pour l'année 1855. Le prix de physiologie expérimentale pour 1855 a été décerné à M. Brown-Séquard, pour ses recherches sur la transmission des impressions sensitives dans la moelle épinière, Prix relatifs aux arts insalubres, Un prix de 2,000 fr. a été accordé à MM. Boutron et Boudet, pour leur moyen de déterminer la proportion des sels à base de chaux et de magnésie dans les eaux des sources et des rivières au moyen d'une liqueur savonneuse titrée. Prix de médecine et de chirurgie. (Fondation Montyon.)-L'Académie a accordé dix récompenses, savoir : 1° Une récompense de 1500 fr, à M. Hannover, pour l'ensemble de ses recherches sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie de l'œil ; 2° Une récompense de 1500 fr. à M. Lehmann, pour son traité de chimie physiologique ; 3° Une récompense de 1500 fr, à M. Bouquet, pour son mémoire sur l'analyse des eaux du bassin hydrologique de Vichy ; 4° Une récompense de 1500 fr. à M. Beau, pour ses études analytiques de physiologie et de pathologie sur l'appareil spléno-hépatique ; 5° Une récompense de 1500 fr. à M. Corvisart, pour ses recherches sur l'action thérapeutique de la pepsine ; 6° Une récompense de 1500 fr. à M. Béraud, pour ses recherches d'anatomie et de pathologie sur les voies lacrymales ; 7° Une récompense de 1,000 fr. à M. Cazeaux, pour son mémoire sur la chloro-anémie des femmes enceintes ; 8° Une récompense de 1,000 fr, à M. Dareste, pour son travail sur les circonvolutions cérébrales ; 9° Une récompense de 1,000 fr. à M. Tardieu, pour son ouvrage sur i'hygiène publique et la salubrité ; 10° Une récompense de 1,000 fr. à M. Foissac, pour son traité de la météorologie dans ses rapports avec la science de l'homme, et principalement avec la médecine et l'hygiène publique. Séance du 4 février, M. Serres communique la note suivante sur un rameau encore peu connu de la race caucasique , la tribu des Touariks. « L'immense plaine du Sahara est habitée çà et là par la tribu des Touaregs, dont les peuplades sont différentes les unes des autres. Les Touaregs, dont quatre se sont présentés dernièrement au gouverneur de l'Algérie, en forment une des plus singulières, par l'usage où sont les hommes de se voiler entièrement la figure à l'instar des femmes musulmanes, et avec plus de soin encore. « Cet usage si bizarre est si rigoureusement observé, que les quatre Touaregs ne se sont pas découverts un instant, même devant le gouverneur général de l'Algérie. «Toutefois M. Guyon, inspecteur du service de santé des armées, a pu faire sur les quatre Touaregs quelques observations superficielles. En voici le résumé : « Taille moyenne, plutôt petite que grande; tête peu forte, globuleuse, tenant sous ce rapport de celle du Kabyle ou Berbère ; front médiocrement large et élevé; orbite large, pommettes un peu saillantes, dents courtes , moins bien arrangées et moins belles que celles de l'Arabe; mains et pieds petits; peau olivâtre; cheveux soyeux, noirs et tendant à se boucler ; barbe peu fournie et tendant à se boucler comme les cheveux. » « En comparant cette courte description à celle donnée par Hornemann, qui le premier a fait connaître les rapports des Touariks avec les Berbères ou Kabyles, on reconnaît leur parenté, bien qu'ils en diffèrent par la petitesse des pieds et des mains, et surtout par la couleur olivâtre de la peau. « Les Touariks sont un rameau de la race caucasique ; ils s'avancent à l'est de l'Afrique jusqu'aux confins de l'Égypte : ils se croient les habitants les plus anciens de la terre ; leur langage n'est pas arabe, et ils affirment qu'il est le plus ancien dans le monde. « M. Guyon, qui nous a fait connaître l'usage de l'inoculation chez les Kabyles ou Berbères, a remarqué que cette opération était pratiquée également par les Touaregs. Ces derniers ne la pratiquent pas seulement entre le pouce et l'index, comme les Kabyles, mais encore sur d'autres parties du corps, notamment sur les avant-bras et les jambes. «M. Guyon a reconnu encore qu'une maladie trés-répandue chez les Touaregs, c'est le dragonneau. » — M. Sédillot communique un fait de cheiloplastie par transport du bord libre de la lèvre saine sur la lèvre restaurée. Dans ce cas, les trois quarts gauches de la lèvre inférieure avaient été détruits par un cancer épithélial ; après l'ablation du mal, le bord libre de la lèvre supérieure, qui était très-large, fut partiellement détaché de dehors en dedans sur une longueur de 15 à 20 millimètres, puis renversé et fixé sur la surface des lambeaux destinés à reconstituer la lèvre inférieure. Celle-ci se trouva ainsi revêtue, de chaque côté, par le lambeau muqueux emprunté à la lèvre supérieure, et au milieu et un peu à droite, par la petite portion de membrane muqueuse conservée sur le quart droit de la lèvre inférieure, resté intact. Des épingles réunirent les parties dénudées de la lèvre supérieure tirée en arrière à la portion inférieure de la joue, qui avait été divisée horizontalement , et fortement tirée en avant pour remplacer la lèvre enlevée. D'autres épingles maintinrent sur la ligne médiane l'affrontement des deux moignons de la nouvelle lèvre, et quelques points de suture entrecoupée

assujettirent la membrane muqueuse. Le résultat de cette opération a été, au dire du chirurgien, très-satisfaisant. — Sous ce titre : Note sur l'action que le phosphore rouge excrce sur l'économie animale, et sur l'empoisonnement par le phosphore ordinaire, MM. Orfila et Rigout ont communiqué à l'Académie un fragment d'un travail qu'ils ont entrepris sur l'empoisonnement par le phosphore, et sur les différentes questions qui s'y rattachent. La quatrième expérience est remarquable par son importance au point de vue de la médecine légale; nous la transcrivons en même temps que les conclusions. « Le 21 décembre, à quatre heures, nous avons introduit dans l'estomac d'un chien vigoureux 2 grammes de phosphore grossièrement pulvérisé dans l'eau chaude. Le lendemain matin , l'animal était mort. «Voulant rechercher pendant combien de temps le phosphore peut rester, après la mort, dans les organes à l'état de phosphore libre, nous avons retardé l'ouverture jusqu'au 4 janvier. Quelle n'a pas été notre surprise, lorsque nous avons vu que les organes de cet animal étaient aussi frais que si la mort ne datait que de quelques minutes ! tandis qu'un autre chien, qui n'avait pas été empoisonné par le phosphore, abandonné seulement depuis trois jours à côté du premier, était déjà dans un état de putréfaction avancée. « Dans l'œsophage et dans l'estomac du chien empoisonné, se trouvait une matière jaunâtre, spumeuse, qui répandait des vapeurs de phosphore; placée sur une lame métallique chauffée au rouge, cette matière brûle, sur quelques points, avec une flamme blanche, vive, et des vapeurs épaisses. A ces caractères, il est facile de reconnaître la présence du phosphore libre. «Nous réservons cette matière pour faire quelques réactions. « La membrane muqueuse de l'œsophage et de l'estomac présente une rougeur vive. Les valvules auriculo-ventriculaires gauches offrent, dans toute leur longueur, aux points d'insertion aux parois cardiaques, une ecchymose très-nette. Les valvules auriculo-ventriculaires droites sont vivement injectées. «Pour séparer le phosphore mêlé au liquide trouvé dans l'estomac, et mieux le caractériser, nous avons placé ce liquide en digestion avec du sulfure de carbone dans un ballon bouché. Le lendemain , nous filtrons; la liqueur, qui passe parfaitement limpide, se partage en deux couches : l'une aqueuse, l'autre oléagineuse, formée par le sulfure de carbone. Celle-ci est placée dans une capsule et abandonnée à l'évaporation spontanée. Quand tout le sulfure de carbone s'est dégagé, il reste une masse jaune, possédant tous les caractères du phosphore : lumineuse dans l'obscurité, répandant une odeur alliacée, brûlant avec une flamme blanche, vive, accompagnée de vapeurs blanches épaisses, laissant enfin, après sa combustion, un résidu rouge. « Cette expérience , qui montre déjà que 2 grammes de phosphore ordinaire suffisent pour tuer un chien, a fixé notre attention d'une

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manière spéciale par quelques particularités que nous allons signaler: elle indique, en effet, qu'à la suite d'un empoisonnement par le phosphore : « 1° Ce corps peut exister dans les organes, à l'état libre, quinze jours après la mort. Ce fait, s'il a été entrevu ou vaguement prévu, n'a pas été jusqu'à présent, que nous sachions, observé. Il est possible d'ailleurs que le phosphore se conserve encore plus longtemps dans le même état, et il est facile de comprendre quel parti peut tirer de cette observation , dans des cas analogues , l'expert chargé de constater l'empoiSOnnement. «2° La putréfaction est, dans certains cas, singulièrement retardée. «3° Le sulfure de carbone est un bon dissolvant pour séparer le phosphore libre des matières avec lesquelles il est mélangé dans l'estomac et qui masquent les propriétés caractéristiques de ce métalloïde. Les remarques précédentes nous ont paru mériter une mention ; mais nous avons cité cette dernière expérience surtout, parce qu'elle concourt, avec les autres, à démontrer que l'action exercée sur l'économie animale par le phosphore amorphe n'est pas comparable à celle que produit le phosphore ordinaire; il est même permis de dire que le premier de ces corps n'est pas vénéneux. Cette assertion, déjà avancée par d'autres observateurs sans preuves suffisantes, n'a été incontestablement établie, pour nous, que par l'ensemble des expériences que nous venons de rappeler.

— M. H. Grun, commissaire pour les produits des Indes, à l'exposition universelle, informe l'Académie que l'on peut guérir rapidement la teigne faveuse par l'insufflation d'acide sulfureux sur les godets du favus, qui se flétrit et se détache facilement. — MM. Bourguignon et Delafond transmettent une note sur un nouvel acarus du cheval pouvant transmettre la gale à l'homme. «Jusqu'à cejour, disent-ils, il était permis de révoquer en doute les cas de transmission de la gale du cheval à l'homme, attendu que le parasite connu de la gale du cheval ne pouvait vivre sur l'espèce humaine, et que lesauteurs qui se sont prononcés pour l'affirmative n'ont jamais démontré scientifiquement que la maladie transmise fût réellement due à la présence d'un acare provenant du cheval. En partant des données fournies par l'entomologie, on était fondé à refuser aux parasites connus propres aux herbivores, et au cheval en particulier, la faculté de transmettre la gale. L'observation vient de nous permettre de remonter des effets aux causes et de tout expliquel'. « Le cheval peut avoir deux espèces de gale : une première due à la présence du parasite acarien propre aux herbivores et connu depuis longtemps, qui ne saurait tracer des sillons, vivre sur la peau de l'homme et lui transmettre la contagion ; une seconde due à la présence d'un acare identique à celui des carnivores, pouvant tracer des sillons, transmettre la psore, et dont personne n'a soupçonné l'existence jusqu'a ce jour. Cette maladie transmissible est aussi différente dans l'ensemble

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