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6° Et parce qu'après un temps assez long, la quantité d'urée excrétée augmente, si l'animal , auparavant nourri abondamment, ne trouve plus qu'une nourriture insuffisante. 7° La proportion d'urée que sécrète le même animal s'élève avec le · poids de son corps, mais non aux dépens de la masse du corps. 8° L'urée, chez les animaux soumis au jeûne, contient une quantité d'azote plus grande qu'on ne serait autorisé à le supposer d'après le poids que le corps a perdu. 9° L'augmentation du poids du corps a lieu lentement et reste sensiblement en rapport avec la nourriture absorbée et l'urée excrétée. Tous ces faits portent donc naturellement à penser, suivant MM. Führer et Ludvig, que l'azote qui est introduit dans le sang par l'absorption alimentaire se transforme dans les corpuscules sanguins en produits secondaires, dont l'urée est un des principaux. (Archiv fitrphysiologische Heilkunde, par K. Vierordt, p. 215-471 ; 1855.)

Bruits vasculaires (Origine des), par Th. WEBER. - L'auteur a publié un mémoire étendu , avec des expériences, sur l'origine des bruits dans les vaisseaux sanguins. Ce travail n'étant guère susceptible d'analyse, nous nous bornerons à rappeler les conclusions suivantes : 1° Les bruits que nous percevons dans les tubes traversés par un fluide dépendent des vibrations des parois du tube, excitées par le mouvement du liquide et non par le froissement des particules fluides contre ces mêmes parois. 2 Ces bruits sont plutôt produits lorsque les parois sont minces que lorsqu'elles sont épaisses, plutôt dans les tubes larges que dans les tubes étroits. 3° L'eau produit plus facilement des bruits que le lait; le lait, plus facilement qu'un mélange d'eau et de sang; le sang dilué, plus aisément que du sang pur. 4" Le rétrécissement du tube favorise la production des bruits, comme le passage d'un tube plus étroit en un tube plus large rend le courant plus rapide. 5° Une certaine rapidité du mouvement est indispensable pour la production du bruit. 6° La propagation des bruits s'accomplit principalement par les parois des tubes. L'auteur rattache le murmure placentaire à la pression sur l'artère iliaque externe, ou sur l'iliaque primitive, ou sur l'hypogastrique, ou sur l'aorte abdominale, rarement sur les veines qui accompagnent les artères. Th. Weber a trouvé, dans chaque cas qu'il a examiné, que le bruit disparaissait, lorsque le malade se penchait en avant, jusqu'à un certain degré. (Vierordt, t. XIV, p. 40; 1855.)

Leucémie. — Nous avons donné (février 1856) la traduction du dernier mémoire de Virchow sur cette curieuse maladie; nous croyons utile de reproduire, à titre de documents essentiels, les deux premières observations de leucémie recueillies et consignées dans la science : la première de Virchow , l'autre de Bennett. Nous y joindrons ultérieurement quelques-uns des faits les plus récents. OBsERvATIoN I"o, publiée par Virchow, sous le titre de Sang blanc (Weisses Blut) (1). Marie Straide, cuisinière, 50 ans, admise le 1o mars à l'hôpital de la Charité de Berlin. D'après son dire, elle avait depuis un an maigri notablement, ses extrémités inférieures et bientôt le ventre s'étaient tuméfiés: toux violente avec expectoration muqueuse, et douleurs dans le bas-ventre. Pendant l'été, la toux avait diminué pour revenir plus vive à l'automne, accompagnée d'une diarrhée par laquelle la malade était épuisée; la diarrhée avait cessé, la toux avait repris de l'intensité sans douleurs de poitrine. Dans les derniers huit jours, il était survenu des garde-robes ensanglantées. Aumoment de son admission : œdème léger des extrémités inférieures ; ventre plein, gonflé, fluctuant; augmentation sensible et douleurs modérées de la rate; toux fréquente; crachats abondants et nummulés ; râles muqueux dans la poitrine ; appétit et langue bonne; pouls à 78; urine assez rare; grande fatigue. (Infusion de colombo avec teinture de cannelle et teinture thébaïque.) Les jours suivants , l'état s'améliore, la diarrhée diminue; constipation (infusion de rhubarbe miellée); réapparition de la diarrhée (émulsion comm. avec eau d'amandes amères). Il survient de temps en temps des épistaxis qui vont toujours croissantes. Le pouls dépasse à peine 70 pulsations. (Acide sulfur.) En avril, œdème de la région sacrée ; urine rare, foncée (diurétiques), pas d'augmentation de la diurèse, peu d'hémorrhagies nasales. État général assez bon jusqu'au moment où la diarrhée revient. En mai, douleurs plus vives de la région de la rate. Tout à coup, dans la nuit du 7 au 8 juin, épistaxis très-considérable (applications de glace sur la tête, boissons acidulées ; injections alunées dans le nez); l'hémorrhagie persiste peu intense. Le 14 juin, récidive de l'hémorrhagie qui ne tarde pas à s'arrêter. L'état général est presque satisfaisant; éruptions furonculeuses sur le nez, entre le pouce et l'index de la main droite. Le 6 juin, nouvelle épistaxis, qui, malgré le traitement, persiste jusqu'au huitième jour ; accablement, (edème considérable des extrémités, impossibilité de marcher. Le 15 juillet , rougeur et gonflement douloureux de la peau des mains ; bulles pemphigoïdes qui ne tardent pas à crever : une incision d'une des tumeurs donne issue à une assez grande quantité de pus; nouvelles éruptions analogues les jours suivants. Le 29 juillet, diarrhée soudaine. (Infusion d'ipéca et teinture théb.) Les forces tombent, la mort a lieu le 31 juillet.

(1) Froriep's Notizen, nov. 1845.
VII. 31

Autopsie, vingt-quatre heures après la mort, dont nous extrayons seulement les altérations significatives. Dans les veines, sang décoloré à peine rouge, demi-coagulé, En poussant plus loin l'examen des vaisseaux, on trouve partout une masse complétement pyoïde. Le cœur un peu hypertrophié est rempli de caillots volumineux mollement adhérents, d'un gris jaunâtre, s'écrasant sous le doigt et ayant toutes les apparences extérieures du pus. La même masse se rencontre dans l'aorte, dans les grosses artères, les veines caves et celles des extrémités inférieures. Cette matière contenue dans les vaisseaux n'adhère nulle part aux parois. qui ne sont pas modifiées. Tous les organes sont pâles. Poumons à l'état normal; canal intestinal sain; rate énormément hypertrophiée, presque longue d'un pied, lourde, d'un brun foncé, dure, friable, laissant couler peu de sang à la section, composée d'un tissu en apparence homogène. La surface de section, mate, analogue à de la cire, et assez semblable à la rate des fièvres intermittentes; reins à l'état normal, à l'exception de quelques calculs. La masse extraite du cœur et des vaisseaux pèse près de 2 livres; elle a l'aspect d'un coagulum mou, le microscope n'y fait pas découvrir de masses fibrineuses; elle se compose en presque totalité de corpuscules blancs du sang, petits, presque irréguliers, Le rapport des globules rouges aux blancs était l'inverse à peu près de ce qu'il est normalement , sans addition d'éléments chimiques ou morphologiques nouveaux. OBs. II , publiée par le D" Hughes Bennett (Edinb. med. and surg. journ., 1845) : Hypertrophie de la rate et du foie, suppuration du sang. John Menteith, âgé de 28 ans, ardoisier, a été reçu, le 27 février 1845, dans le service clinique de l'infirmerie royale, Il est brun, sa santé est généralement bonne, et il a des habitudes de tempérance. Il dit qu'il y a vingt mois, il commença à éprouver de la fatigue à la suite de trop grands efforts. Au mois de juin, il s'aperçut qu'il portait, du côté gauche de l'abdomen, une tumeur qui a continué à augmenter de volume jusqu'à ces derniers quatre mois, époque à laquelle cette tumeur est deVenue stationnaire. Il n'en souffrit pas dans les premiers temps, elle ne devint douloureuse que la semaine dernière, à la suite de l'application de trois vésicatoires qui furent placés sur la région occupée par la tumeur. Depuis lors, plusieurs autres petites tumeurs, accompagnées d'abord d'une légère douleur, qui depuis a complétement disparu, sont apparues au cou, aux aisselles et aux aines. Avant l'apparition de la tumeur principale, il lui arrivait souvent de vomir le matin ; en général il a de la constipation ; son appétit est bon ; il n'est pas sujet aux indigestions, et ne vomit plus depuis qu'il s'est aperçu de la présence de la tumeur. Les médicaments dont il a fait usage sont des purgatifs, notamment l'huile de croton, des frictions avec un liniment, et des vésicatoires à la région de la rate. État actuel. Une tumeur volumineuse s'étend du côté gauche des côtes aux aines, et de la colonne vertébrale à l'ombilic; elle est douloureuse à la pression vers sa partie supérieure seulement. Matité à la percussion sur toute la tumeur; 90 pulsations; il n'a pas perdu de force depuis trois mois; un peu d'œdème. (2 pilules de proto-iodure de fer matin et soir). Le 1o mars. L'urine est naturelle, acide (poids sp. 1013); elle laisse déposer un sédiment qui présente au microscope des cristaux cubiques qui se dissolvent dans la potasse et ne sont pas attaqués par l'acide nitrique. L'urine filtrée n'est pas troublée par l'eau de potasse, elle présente seulement un léger nuage blanchâtre à l'ébullition. Le 3. Les jambes sont œdématiées : bandage avec bandes de flanelle. Le 9. L'œdème des membres inférieurs augmente. Le 10. L'œdème et la diarrhée ont augmenté; l'urine n'est pas augmentée. (Huile de ricin.) Le 13. Ce matin, chaleur de la peau; soif; 110 pulsations ; pouls plein, dur, facilement compressible; hier un peu de diarrhée qui a cédé à l'administration d'une pilule d'opium. (Poudres d'ipécacuanha et d'opium.) Le 14. Les poudres n'ont pas déterminé de sueurs; encore un peu de diarrhée; pouls, 100, plus mou; langue sèche et brune ; faciès typhoïde. Le 15. Meurt soudainement le matin. Autopsie, quatre jours après la mort, 19 mars. A l'extérieur, le corps présente une voussure considérable des fausses côtes de chaque côté. L'abdomen est contracté; matité considérable du côté gauche : avant l'ouverture, la matité a été limitée par un tracé de nitrate d'argent. Pas d'ascite ni d'œdème des membres. Sang. Le sang avait subi une certaine transformation dans toutes les parties du corps. La veine cave, la veine azygos, les veines iliaques internes et externes, et beaucoup de petites veines afférentes, les cavités droites du cœur, l'artère pulmonaire, contiennent un sang coagulé et qui semble moulé dans leur intérieur. Dans les cavités du cœur et de la veine cave, le sang était séparé en deux portions, l'une rouge inférieure, et l'autre jaune supérieure. La portion rouge avait une coloration rougebrique, elle ne présentait pas la couleur pourpre et l'aspect lisse du coagulum normal; le caillot était opaque, mollasse et granuleux, et fournissait à la pression une pulpe granuleuse. La portion jaune était d'une couleur jaune tendre, opaque, molle, ne ressemblant en aucune façon à un caillot gélatineux décoloré; quand par hasard on le faisait sourdre par la pression des veines divisées, il ressemblait à un pus épais et crémeux ; dans quelques portions de la veine, le caillot était entièrement formé d'un coagulum rouge; dans d'autres , il était divisé en une portion rouge et une autre jaune. Dans quelques endroits, la portion jaune ne formait qu'une couche mince et superficielle sur la rouge, ou bien recouvrait celle-ci sous forme de taches de différentes grandeurs. ll aurait fallu faire une dissection complète du sujet, pour s'assurer de la présence des caillots dans tous les vaisseaux veineux. Les veines fémorales, à partir du ligament de Poupart jusqu'au couturier, étaient vides et parfaitement saines. Les veines iliaques internes et externes, de même que les veines du bassin, étaient pleines et distendues. Les veines azygos, les veines axillaires et jugulaires, étaient pleines de même que les sinus longitudinaux et latéraux, et les autres sinus de la base du crâne, et les veines qui se ramifient dans le cerveau. Quelques-unes de ces dernières veines semblaient pleines de pus, tandis que d'autres étaient remplies par un coagulum foncé; on trouvait dans l'aorte et dans les grosses artères quelques petits caillots semblables à ceux des veines; ces vaisseaux étaient cependant comparativement vides. , L'artère basilaire était distendue par un gros caillot jaune. Les artères elles-mêmes étaient saines. Malgré toute notre attention, en aucun endroit nous n'avons trouvé d'épaississement ni d'augmentation de vascularité de leurs parois. Les caillots n'étaient adhérents en aucune partie de leur trajet : tout au contraire, la masse coagulée s'échappait brusquement à la moindre pression des vaisseaux. Après avoir enlevé la dure-mère, on trouvait les veines qui se rendent dans les sinus longitudinaux considérablement engorgées. Les unes étaient remplies d'un caillot jaune; d'autres, du caillot rouge que nous avons déjà décrit ; d'autres , moitié pleines du caillot rouge et à moitié du caillot jaune, bien limités et distincts l'un de l'autre. On sépara les · hémisphères par une section longitudinale, et nous trouvâmes le cerveau uniformément ramolli, altération qui dépendait probablement du temps qui s'était écoulé depuis la mort. La substance cérébrale elle-même était saine partout. Le cerveau fut durci dans l'alcool ; les ventricules latéraux étaient sains, ne contenant pas de sérosité, et les plexus choroïdes à l'état normal. A la base du crâne, l'artère basilaire était distendue par le coagulum jaune; il en était de même de quelques autres artères, mais dans une petite étendue. Quelques anciennes adhérences réunissaient les feuillets de la plèvre de chaque côté, elles furent facilement détruites. A la section , on re· marqua que le coagulum jaune occupait toutes les ramifications de l'artère pulmonaire; dans quelques endroits, il était si considérable, qu'on pouvait l'enlever, et il représentait alors exactement la forme des divisions de cette artère; dans d'autres points, il était plus mou, et il sortait comme du pus de la surface divisée. Le cœur, quelque peu augmenté de volume, pesait, après avoir été débarrassé du coagulum, environ 12 onces et demie; sa structure et celle de ses valvules , bonnes et normales. L'oreillette droite très-distendue et remplie par un coagulum ferme, dont le tiers supérieur était jaune, et les deux tiers inférieurs formés d'un caillot rouge déjà décrit. La face inférieure du diaphragme était recouverte d'une couche de

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