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pières. M. Bonnafont ajoute que s'il propose l'occlusion des yeux à l'exclusion de tout autre moyen thérapeutique, c'est que, dans des cas variés et nombreux, elle a suffi à la guérison. Il convient d'ailleurs n'avoir pas eu occasion d'y recourir contre les ophthalmies strumeuses et granuleuses, si communes chez les enfants, non plus que contre les ophthalmies purulentes. M. Ségalas lit un rapport sur deux observations de taille bilatérale, pratiquée par M. Carathéodory. Ce chirurgien, professeur de pathologie externe à l'école de Constantinople, a modifié le procédé de Dupuytren, une fois à cause du volume énorme de la pierre, une autre fois en raison des adhérences que la pierre avait contractées avec la vessie. ' Séance du 11 mars. M. le président annonce à l'Académie la mort de M. Émery, membre de la section d'hygiène et de police médicale. Continuation de la discussion sur l'occlusion oculaire. M. Velpeau a la parole. Il a peine à comprendre comment un même traitement peut convenir à toutes les sortes d'ophthaimies, à une conjonctivite, un iritis, une kératite ulcéreuse, et il s'étonne qu'on n'ait pas mieux spécifié les espèces d'ophthalmies dont on a voulu parler. Il rappelle que, pour lui, la classification doit étre faite d'après la nature des parties constitutives de l'œil qui sont lésées; ce principe, qu'il soutient depuis longtemps, et qui l'a dirigé dans tous ses travaux, a fini par prévaloir. M. Velpeau reproche à M. Bonnafont d'avoir rassemblé des cas trop mal définis pour la plupart, et d'avoir introduit ainsi une confusion qui diminue la confiance dans le procédé. D'après son expérience, il ne redoute pas autant qu'on paraît le faire l'action de l'air et celle de la lumière. En tout cas, si l'occlusion artificielle guérit, pourquoi n'en serait-il pas de même de l'occlusion naturelle ? Or ne sait-on pas que les enfants tiennent toujours les yeux fermés hermétiquement quand ils ont une ophthalmie ? et pourtant ils n'en guérissent pas plus vite. Y a-t-il une occlusion plus exacte que celle que provoque le boursouflement des paupières dans l'ophthalmie blennorrhagique ? cependant est-ce une raison pour que la maladie se termine plus favorablement ? Les résultats indiqués par M. Bonnafont n'ont rien de très-encourageant : sur ses 18 malades, la moyenne est de 17 jours de traitement en bloc ; elle n'a été que de 13 dans le service de M. Velpeau. En étudiant chaque cas en particulier, l'expérience n'est pas plus décisive. M. Velpeau termine en déclarant que pour lui l'occlusion est une méthode à mettre à l'étude, qu'elle ne repose pas jusqu'à présent sur des faits assez précis, que la combinaison des moyens adjuvants internes ou externes lui paraît préférable à l'occlusion seule, et que, quant à lui, il incline à croire que l'occlusion agit plutôt par compression qu'en soustrayant l'œil à l'action de l'air et de la lumière.

M. Robiquet présente un instrument destiné à doser le sucre contenu dans l'urine des diabétiques, et qu'il désigne sous le nom de diabétomètre. Cet appareil, conçu d'après les données de la polarisation, est plus portatif et moins coûteux que ceux dont on s'est servi jusqu'à présent. Séance du 18 mars. M. Chatin lit un rapport relatif à un mémoire de M. Lepage, sur le marron d'Inde. Le rapporteur insiste sur la partie chimique, et se contente de mentionner la partie des applications hygiéniques et industrielles. M. Bouvier, reprenant la discussion sur l'occlusion des paupières, range la méthode de M. Bonnafont parmi celles qui constituent la médecine expectante. Est-il toujours permis de s'en remettre ainsi à la nature et à l'hygiène du soin des ophthalmies ? M. Bouvier ne le croit pas : il entre dans de longues et intéressantes considérations sur les divers o modes d'occlusion, et en particulier sur leurs effets dans les ophthalmies des enfants. Il résume ainsi sa communication : 1° Les résultats de l'occlusion artificielle de M. Bonnafont montrent que des inflammations oculaires graves peuvent guérir sans l'intervention d'une médecine active; 2° de nouvelles observations sont nécessaires pour déterminer plus exactement la limite rationnelle des appli- . cations du procédé de M. Bonnafont; 3° les effets de l'occlusion naturelle, physiologique, volontaire ou pathologique ne confirment qu'en partie les avantages attribués par M. Bonnafont à l'occlusion artificielle; 4° la blépharite photophobique, catarrhale ou scrofuleuse des enfants guérit par l'occlusion ; 5° l'occlusion paraît beaucoup moins avantageuse dans la kératite scrofuleuse ; 6° la blenno-ophthalmie palpébrale des enfants peut guérir par le seul effet de l'occlusion; mais le danger attaché à l'extension de la maladie au globe oculaire doit généralement faire préférer le traitement abortif.

II. Académie des sciences.

Accidents dus à l'ingestion du poisson. — Phosphore. — Monstre agnatocéphale. Diabète. — Coryza des nouveau-nés. — Nomination de M. Guyon en remplacement de M. Prunelle, correspondant. — Adénite cervicale. — Action du chlor0forme sur le sang. — Contractilité tendineuse. — Organographisme. - Ulcère simple de l'estomac. — Absorption cutanée de l'eau et des substances dissoutes. —Propriétés du tissu cicatriciel ; autoplastie des brides. — Sulfocyanure de p0tassium dans la salive.

Séance du 18 février 1856. M. Guillon communique une note sur les accidents que l'on observe quelquefois, sous les tropiques, par suite de l'iiigestion du poisson.

Ces accidents, qui se manifestent toujours peu après l'ingestion du poisson , consistent dans les phénomènes suivants : étourdissements,

obscurcissement de la vue, vertige, oppression de la poitrine, anxiété précordiale; pouls petit, lent, concentré; malaise et chaleur à la région épigastrique, chaleur dans tout l'abdomen; les malades ne peuvent plus se tenir sur les jambes, ils chancellent et sont obligés de se coucher ; la face et toute la surface du corps, devenue le siége d'une démangeaison et d'une chaleur des plus vives , se colorent promptement d'un rouge poussé jusqu'à l'écarlate ; des phénomènes semblables se passent sur la muqueuse buccale; les malades accusent des douleurs dans les membres et dans les articulations particulièrement, parfois avec gonflement de ces parties; quelques malades ont des nausées, d'autres des vomissements ou des superpurgations. Tous ces accidents se dissipent ordinairement dans les vingt-quatre heures; on a vu rarement les malades Succomber. — MM. A. Chevallier fils et 0. Henry adressent une note sur le phosphore et ses préparations considérées au point de vue de la médecine légale. — As rappellent qu'en 1854, à l'occasion d'un concours ouvert par la Société de médecine de Toulouse, ils ont adressé à cette Société une monographie médico-légale du phosphore, dans laquelle ils ont démontré l'innocuité du phosphore rouge. — M. Joly, de Toulouse, fait connaître une nouvelle espèce de monstre, qu'il se propose d'appeler agnatocéphale, et qu'il caractérise de la manière suivante : «Mâchoire supérieure rudimentaire ou nulle; face affectée de rhinocéphalie, c'est-à-dire offrant sous le front une trompe qui représente l'appareil nasal ; deux orbites ou deux yeux réunis en un seul. « Jusqu'à présent l'agnatocéphalie ne s'est rencontrée que chez les monstres unitaires de la famille des cyclocéphaliens. L'existence de cette ano-. malie chez un monstre double polymélien constitue donc une exception d'autant plus remarquable qu'elle doit nécessairement entraîner la mort du sujet. C'est pourquoi j'ai cru ne pas devoir le passer sous silence. « En raison de cette particularité, jusqu'à présent sans exemple, je me Vois pour ainsi dire forcé de donner, contrairement à la nomenclature suivie en France, un double nom à l'animal qui fait l'objet de cette étude. Je proposerai celui de Ichiomèle agnatocéphale.» — M. Ernest Baudrimont communique quelques remarques concernant un jeune diabétique, auquel on avait administré temporairement de la levure de bière. Quelques-uns des symptômes observés tendraient à faire croire que, sous l'influence de ce ferment, il y aurait eu dans l'organisme du malade transformation du glucose en alcool. — M. Bouchut présente un mémoire sur les symptômes et le traitcment d'une forme particulière de coryza chez les nouveau-né. L'auteur le résume ainsi : « Il y a une forme particulière du coryza des nouveau-nés, dans laquelle peuvent se produire l'inanition et l'asphyxie. Ce coryza, qui est très-rare, est de nature à occasionner la mort.

VII. 32

« Le coryza avec obstruction complète des narines n'empêche pas la succion, comme on l'a dit jusqu'à ce jour, mais il rend la déglutition difficile et douloureuse. « Dans sa forme la plus grave, le coryza des nouveau-nés produit l'amaigrissement , la pâleur, la faiblesse, l'anémie, et l'algidité de l'inanition. « Quelquefois il produit l'asphyxie, par suite de la gêne apportée à la respiration par la rétroflexion de la langue sur le voile du palais. « Dans ce cas, si les moyens ordinaires de la désobstruction des fosses nasales restaient sans effet, et qu'il y ait danger de mort, il faut placer à demeure, dans les narines, des canules d'argent, qui, en permettant le passage de l'air, faciliteront l'hématose et la déglutition.» — Dans le comité secret de cette séance, M. Cl. Bernard, au nom de la section de médecine et de chirurgie, appelée à fournir une liste de candidats pour la place de correspondant vacante par suite du décès de M. Prunelle, a présenté la liste suivante :

En première ligne. . . . . .. M. Guyon, en Algérie.
En deuxième ligne. . . . . .. M. Bailly, à Villeneuve (Yonne).
En troisième ligne. . . . . .. M. Denis (de Commercy), à Toul.

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En cinquième ligne. . . . .. M. Forget, à Strasbourg.

Séance du 27 février. M. Boulu adresse un deuxième supplément à un mémoire sur le traitement des adénites cervicales par un nouveau procédé d'acupuncturc. — M. Élie de Beaumont communique l'extrait suivant d'une lettre de M. Ch.-P. Jackson, de Boston, relative à l'action du chloroforme sur le sang : « J'ai eu dernièrement l'occasion d'analyser, par ordre du coroner, le sang d'une femme qui avait succombé aux effets de l'inhalation du chloroforme, et j'ai découvert que le sang était décomposé par le chloroforme et que le terchloride de formyle (chloroforme) était changé en téroxyde de formyle (acide formique)que j'ai retiré du sang par la distillation. Le chlore était combiné avec le sang, qui avait perdu la propriété de se coaguler et celle de rougir par l'exposition à l'oxygène de l'air.» Une semblable analyse peut satisfaire la curiosité d'un chimiste, mais n'apprend rien au chirurgien. — L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un correspondant pour la section de médecine et de chirurgie. Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant de 44, M. Guyon obtient 35 suffrages; M. Bailly, 3 : M. Denis (de Commercy), 3; M. Forget, 3. M. Guyon est déclaré élu. Séance du 3 mars. M. Jules Guél'in lit un mémoire sur la contractilité tendineuse; il cherche à démontrer que la doctrine de Bichat et de ses continuateurs, sur le rôle passif des tendons dans les mouvements , n'est nullement fondée, et que ces organes sont doués d'une certaine contractilité un peu différente de celle des muscles, et moins évidente que cette dernière. L'analyse histologique, les faits pathologiques, l'observation et l'expérience physiologique, s'accordent, selon M. Guérin, pour établir que les tendons se contractent. 1° Faits histologiques. L'auteur rappelle que dans la transformation fibreuse des muscles, les portions transformées s'offrent avec tous les caractères des tendons primitifs dont elles ne seraient qu'un simple prolongement; de l'identité de tissu il est porté immédiatement à conclure à l'identité de fonction. 2" Faits pathologiques. Les tendons sont susceptibles de se rétracter spécialement et à l'exclusion des muscles proprement dits. Cette rétraction s'opère sous l'influence d'une lésion et d'une douleur localisée au voisinage de l'insertion des tendons, comme dans certaines arthropathies ; puis survient une attitude articulaire en rapport avec l'action des tendons raccourcis, sans participation du muscle proprement dit. 3° Faits physiologiques. Les muscles et les tendons forment un tout continu. Il fallait, pour mettre hors de doute le fait de la contractilité propre des tendons, pouvoir isoler les deux portions charnue et fibreuse, et observer séparément dans chacune d'elles le phénomène de la contractilité. Il existe chez l'homme et tous les animaux vertébrés, dit M. Guérin, un muscle sur le trajet duquel un os parfaitement distinct, la rotule, a pour effet de séparer en deux portions, et comme deux tendons distincts, un des plus forts tendons de l'économie : les tendons rotuliens supérieur et inférieur. Or il arrive souvent qu'à la suite des maladies du genou, la rotule se soude, s'ankylose avec la surface correspondante du fémur. Les cas de cette sorte réalisent de la manière la plus parfaite la condition que j'avais d'abord songé à provoquer chez les animaux, à savoir, d'isoler, à l'aide d'une adhérence de l'extrémité musculaire du tendon, la contractilité propre de ce dernier. En effet, lorsque chez les sujets affectés de ces sortes d'ankyloses, on veut observer ce qui se passe dans les efforts pour soulever le membre, on s'assure aisément qu'en même temps que les muscles extenseurs de la cuisse, le tri-fémororotulien se contracte, le tendon rotulien inférieur, c'est-à-dire la portion du tendon située entre la rotule ankylosée immobile et le tibia mobile ou immobile, participe à la contraction du muscle; elle se soulève, se durcit ou se raccourcit d'une quantité sensible au toucher et à l'œil. Voici d'autres faits infiniment plus fréquents, et par conséquent plus faciles à observer et à vérifier. 3 Lorsque dans la position assise, la jambe étant fléchie sur la cuisse à angle droit, on applique les doigts sur le trajet du tendon rotulien inférieur, on sent manifestement le tendon se soulever, s'étendre et se durcir à chaque effort pour soulever la jambe maintenue invariablement au même degré de flexion. Avec un peu d'exercice, on parvient aisément à produire le même résultat, au repos du membre, en provoquant, par

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