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paraît se passer chez les animaux que l'on fait revenir à la vie après les avoir plongés dans un état d'asphyxie grave. En effet, alors ce ne sont ni des efforts d'inspiration ni des efforts d'expiration qui apparaissent d'abord, mais un mâchonnement des lèvres, une légère oscillation dans les narines, le clignement des paupières, la contraction de l'iris, etc. etc.; les mâchoires s'écartent à plusieurs reprises, elles semblent prendre leur élan, sans toutefois que le cou se meuve; puis celui-ci se soulève et se tend, quelques inspirations douteuses ont lieu, enfin la poitrine se gonfle, et la fonction est rétablie; en un mot, l'animation pénètre l'organisme de haut en bas, comme elle l'avait abandonné de bas en haut. · En résumé : 1" Le nombre des battements du cœur s'élève d'abord, puis il s'abaisse ; il conserve son rhythme normal dans le premier moment, ensuite il se décompose en séries; celles-ci s'éloignent et s'amoindrissent jusqu'à la fin, et au moment de la mort il n'apparaît plus qu'un bruit très-faible, de 30 en 30 secondes. 2° La contractilité du cœur survit à celle du reste du système vasculaire, et même après la mort, quand elle a cessé, l'air atmosphérique paraît avoir la propriété de la faire renaitre. 3" Chez les fœtus, la vie persiste malgré la mort de la mère, et ensuite leur cœur conserve sa contractilité après la mort; c'est chez eux même qu'il la conserve le plus longtemps, et avec une notable différence. 4° Le retour à la vie est souvent marqué, dans le cœur, par l'apparition subite d'un tumulte désordonné. 5" Le mouvement s'éteint à la fois à droite et à gauche. En dernier lieu, ce n'est qu'un très-faible soulèvement, tout à fait incapable assurément d'imprimer une modification à la forme du cœur, qui est alors globuleux ou ovoïde, et plein de sang à droite et à gauche. C'est donc par erreur que l'on a dit que l'asphyxie déterminait une congestion relative dans les cavités droites. A la mort, le sang est constamment huileux, épais, et d'un brun noirâtre, soit qu'il y ait des caillots, soit qu'il soit entièrement fiuide. 6° Il m'a paru que tant que l'animal pouvait être rappelé à la vie, le sang des artères était moins foncé que celui des veines, et quc le moment de la mort inévitable devait coïncider avec celui où la

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coloration brune est également prononcée dans tout le système vasculaire. 7° Dans les artères, le déplacement en totalité survit à tout autre IIlOUlVement. 8° Les vaisseaux de second ordre, et ceux qui viennent après, tombent immobiles avant l'aorte, et celle-ci avant le cœur, cela est de toute évidence; la circulation est interrompue dans les capillaires. 9° Les mouvements de l'appareil respiratoire subissent toujours certain degré d'accélération avant de commencer à s'affaiblir; ils suivent des phases à peu près semblables à celles du cœur; mais ils deviennent beaucoup plus rares, même relativement, très-vite, et ils s'arrêtent bien avant ceux de cet organe. L'asphyxie les dissocie, les isole, elle les rend distincts aussi bien que pourrait le faire l'expérience la plus délicate. C'est ainsi que l'on voit se dessiner de la manière la plus franche, avant qu'ils s'éteignent, les divers actes excito-moteurs de ces organes dont les nerfs se groupent autour du point de la moelle allongée, auquel M. Flourens a donné le nom de nœud vital. 10" Les fonctions, en s'éteignant, suivent une marche ascensionnelle : elles ont déjà disparu aux régions inférieures du corps, qu'elles ont encore toute leur intégrité au cou et à la face : la mort est essentiellement indiquée par l'immobilité de l'organe qui reçoit le premier des nerfs, l'œil. 11° Le retour à la vie s'opère en sens inverse; c'est dans l'œil que l'on en saisit le premier indice, mais il n'est complet que quand les fonctions ont reparu aux extrémités inférieures.

DE L'ARTHRITE SUPPURÉE ET DE SA GUÉRISON POSSIBLE AVEC CONSERVATION DES MOUVEMENTS ;

Par le D' Hippo1yte IBLoT, chef de clinique d'accouchements à la Faculté de Médecine de Paris.

Le titre même du travail que je publie aujourd'hui indique suffi

samment le but que je me suis proposé en l'entreprenant. J'ai voulu

établir par des faits, sinon comme ordinaire, du moins comme

possible, un mode de terminaison de l'arthrite suppurée, que je VII. 36

n'ai vu signalé dans aucun de nos traités classiques, pas plus que dans les monographies relatives aux maladies des articulations. Ce mode de terminaison est la guérison avec conservation des mouvements. Pour démontrer l'exactitude de ce que je viens de dire relativement à l'opinion des chirurgiens sur les différents modes de terminaison de l'arthrite suppurée, il me suffira de citer textuellement quelques lignes extraites de chacun des principaux ouvrages que j'ai pu consulter à cet égard. Boyer et les chirurgiens qui l'ont précédé ne décrivent point à part et comme une maladie distincte l'inflammation des articulations; ils englobent son histoire dans celle des tumeurs blanches, et, à propos de celles-ci, ils s'accordent à dire que, quand ces affections se compliquent d'épanchement purulent intra-articulaire, ce qu'il peut arriver de plus heureux c'est l'ankylose. Il faut s'adresser aux traités tout à fait modernes pour trouver l'arthrite décrite à part. Dans le Dictionnaire de médecine (1), voici ce qu'en dit M. Velpeau : « Le moins qui puisse arriver, lorsque la suppuration s'est établie en pareil cas, est une ankylose irrémédiable. Dans les autres cas on se trouve heureux de voir les foyers se tarir en partie, les accidents généraux se calmer, la maladie se circonscrire et laisser aux chirurgiens la possibilité de l'emporter tout entière, en pratiquant l'amputation du membre ou l'excision de la jointure. » Sanson (2), à propos de l'ostéite articulaire, s'exprime ainsi : « Difficile à faire rétrograder lorsqu'il ne fait que commencer, le mal devient presque impossible à arrêter quand la suppuration est établie; non-seulement il n'est plus permis alors d'espérer qu'une guérison rare, mais en général accompagnée de la soudure des os. » Dans le même ouvrage, à la page 696, à propos de l'arthrite traumatique, nous lisons encore : « Lorsque le pus se forme dans l'intérieur d'une articulation, la maladie devient beaucoup plus grave. Emprisonnée dans la capsule, la matière purulente altère son enveloppe, érode les cartilages et

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finit par entraîner la carie des extrémités spongieuses des os. Quelquefois elle use à la longue la capsule articulaire dans un point, elle se fait jour dans le tissu cellulaire voisin, et forme des clapiers plus ou moins nombreux et étendus, au fond desquels elle s'accumule et se décompose. Les jours des malades sont alors doublement compromis, et par l'abondance de la suppuration et par les effets de sa résorption; l'ankylose est inévitable. » M. Bonnet (de Lyon) (1), en traitant du pronostic de l'arthrite, termine en disant : « La gravité des cas dans lesquels il se forme du pus dans les articulations est bien plus grande encore que lorsqu'il y a simplement production de fausses membranes. Il est toujours à craindre alors qu'une amputation devienne nécessaire, et dans les circonstances les plus favorables, si c'est une grande articulation qui est affectée, là guérison ne peut être obtenue qu'après un an ou deux, et doit toujours être achetée au prix d'une ankylose. » M. Bégin (2), à propos de l'arthrite traumatique, termine l'article relatif au pronostic et à la terminaison comme il suit : « Dans les cas les plus heureux et les plus rares, la secrétion purulente diminue graduellement; de toutes les parties de l'enceinte articulaire, de la synoviale aussi bien que des cartilages, s'élèvent des bourgeons celluleux et vasculaires, qui se rapprochent, se confondent, oblitèrent la cavité de la jointure et réunissent les parties contigués par de solides adhérences. Les malades conservent alors des ankyloses irrémédiables. » Dans le même ouvrage, t. IlI, p. 466, M. Roche dit, en parlant de l'arthrite rhumatismale : « Dans quelques cas, la synoviale s'enflamme et suppure, les cartilages s'érodent et s'ulcèrent , les os se ramollissent et se carient, et le mal n'offre plus d'autre ressource que l'amputation ou la résection articulaire. » M. Vidal (3) n'est pas moins explicite : « Dans tous les cas, dit-il, on sera très-réservé quand il faudra se prononcer sur une arthrite, car ou elle est de cause interne et

(1) Traité des maladies des articulations , t. l, p. 303. (2) Dict. de méd. et de chirurg. pratiques , t. Ill, p.479. (3) Traité de pathologic externe, 4° édit , t. ll, p. 608.

alors elle est compliquée et se reproduira, ou elle est de cause externe, traumatique, comme on le dit, et dans ce cas elle est extrémement grave; car, si le malade guérit, ce ne sera qu'aux dépens des fonctions de la jointure. » Quant à M. Nélaton, s'étant placé au point de vue purement chirurgical et n'ayant pas consacré un article spécial à l'étude de l'arthrite, il n'a pas eu à s'expliquer sur les différents modes de terminaison que cette affection peut présenter. Dans le Compendium de chirurgie, nous trouvons, à propos du pronostic de l'arthrite aiguë : « Lorsqu'elle se termine par suppuration et qu'il se forme des abcès articulaires, il y a tout à redouter, et l'amputation peut devenir nécessaire pour essayer de sauver la vie des malades. » Il résulte donc bien des citations que je viens de faire que les auteurs sont unanimes pour admettre que toujours l'arthrite suppurée se termine d'une manière plus ou moins fâcheuse; d'après eux, en effet, certains malades succombent aux suites d'une infection purulente; chez d'autres, la maladie articulaire nécessite l'amputation au-dessus de la jointure; quelques-uns enfin, les plus heureux mais les moins nombreux, finissent par guérir en perdant l'usage de l'articulation affectée. La maladie se termine alors par une ankylose plus ou moins complète. J'ajouterai que plusieurs de n0s maîtres en chirurgie, interrogés par nous sur la question de savoir s'ils avaient quelquefois observé d'autres terminaisons que celles que nous venons de signaler, nous ont tous répondu par la négative. C'est d'ailleurs en vain que nous avons cherché des faits analogues à ceux que nous allons rapporter dans la riche collection publiée par Brodie sur ce sujet, ainsi que dans les différents recucils périodiques, tels que le Journal hebdomadaire, la Revue dico-chirurgicale, la Gazette de hôpitaux, l'Union et la Gazette médicales, et enfin les Archives générales de médecine. Il nous a donc paru intéressant de faire connaître les observations que nous possédons déjà depuis quelque temps, et qui établissent d'une manière évidente, comme possible, un autre mode de terminaison de l'arthrite suppurée, plus heureux que ceux indiqués jusqu'à présent, à savoir : la guérison avec conservation des ImouVements.

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