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Il était intéressant de voir ce qui arriverait pour la sécrétion sucrée du foie. Dans l'état ordinaire des choses, la quantité de sucre augmente généralement dans le foie pendant la digestion, même lorsque le régime est exclusivement composé de viande. Or, dans ce cas, deux hypothèses peuvent être faites : ou bien la digestion n'agit que comme un excitant de la sécrétion sucrée qui se ferait aux dépens du sang dans le foie, ou bien elle verse dans la veine porte et conduit au foie des principes susceptibles de se transformer en sucre par l'élaboration hépatique. On pouvait déjà a priori rejeter la dernière supposition, et adopter au contraire la première, en faisant ainsi rentrer la sécrétion sucrée du foie dans la règle commune des autres sécrétions, qui, de l'avis de tous les physiologistes, se font aux dépens du sang ; mais une preuve démonstrative en faveur de cette première hypothèse peut être tirée des expériences faites avec l'alcool. Deux chiens adultes, de taille égale, sont d'abord soumis à un régime exciusivement composé de viande, puis mis à jeun pendant huit, dix ou quinze jours ; au bout de ce temps, l'un d'eux est sacrifié. On soumet son foie au lavage anatomique, qui le débarrasse entièrement du sang qu'il contenait. Dans les conditions normales, il reste dans le foie, après un semblable lavage, une certaine quantité de la matière découverte par M. Cl. Bernard, matière insoluble, qui se transforme peu à peu, comme on le sait, en glycose : or le foie de ce chien ne contient qu'une trèspetite quantité de cette matière, car le lendemain on ne trouve dans le foie que des traces de sucre. On laisse vivre l'autre chien deux ou trois jours de plus, pendant lesquels il continue à jeûner, et pendant lesquels on lui introduit chaque jour dans l'estomac, par la sonde œsophagienne, 5 à 6 centimètres cubes d'alcool mêlé par parties égales avec de l'eau. On le sacrifie, on fait subir à son foie le même lavage, et le lendemain on constate une grande quantité de sucre produit par la transformation de la matière qui se change en sucre, matière qui par conséquent s'était formée en plus grande abondance chez ce chien que chez le précédent. Ce n'est pas, à coup sûr, l'alcool qui, dans ce cas, porté dans le foie par la circulation, s'est transformé directement en sucre : la chimie se révolte contre une pareille explication, et il faut bien admettre que l'alcool n'a agi que comme un excitant. Ce chien avait jeûné deux ou trois jours de plus que le précédent; et certainement, si on ne lui avait pas introduit de l'alcool dans l'estomac, son foie, au moment de la mort, aurait contenu une proportion plus faible de la matière qui forme le glycose que le foie du chien précédent. Mais, sous l'influence provocante de l'alcool, le foie excité a pu produire, aux dépens du sang, une quantité considérable de cette matière. Il n'y a pas d'autre explication possible : cette expérience démontre bien le mécanisme de la sécrétion gly.. cosique du foie, et la manière dont le travail de la digestion influe sur cette sécrétion. · Il est très-important, dans cette expérience, de ne donner qu'une dose faible d'alcool mêlé d'eau ; si la quantité du mélange était trop grande ou si l'alcool était pur, si, en un mot, il résultait de l'ingestion alcoolique un état d'ivresse, l'effet serait inverse; l'excitation serait trop forte, et alors il y aurait arrêt de la formation de la matière qui se transforme en sucre, et de toutes les sécrétions intestinales et gastrique.

Éther. L'éther a été introduit pur dans les voies digestives de plusieurs chiens, à l'aide d'une sonde œsophagienne. Un premier fait a été constaté , c'est que l'on a pu introduire ainsi de fortes doses d'éther, jusqu'à 30 centimètres cubes, sans produire aucun phénomène d'éthérisation. Cependant l'éther se répand rapidement dans toute l'économie : il produit une vive excitation de l'intestin; car, si on ouvre un chien en expérience, au bout de quelques instants on trouve l'intestin assez fortement injecté, mais cette injection disparaît très-rapidement pendant la vie de l'animal. Un résultat constant de l'introduction de l'éther dans les voies digestives est une grande augmentation dans toutes les sécrétions et une action sur le foie tout à fait semblable à celle que détermine l'alcool; seulement cette action est encore plus vive, et, de même que pour les sécrétions intestinales, elle ne dépend pas de la dose donnée : sa conséquence est toujours une activité plus grande imprimée à la production de la matière qui se transforme en sucre.

M. Cl. Bernard signale encore à la Société le fait suivant, sur l'explication duquel il n'est pas encore fixé : c'est que chez des animaux à jeun pendant dix, douze et quinze jours, et auxquels il introduisait de l'éther dans l'estomac, quelques moments avant de les sacrifier, il a vu les vaisseaux chylifères d'un très-beau blanc laiteux; l'alcool ne produit rien d'analogue. (Comptes rendus de la Société de biologie ; Gazette médicale, 1856, page 295.)

THÉRAPEUTIQUE. — EAUX MINÉRALES.

Nous avons l'habitude d'indiquer chaque année les principales recherches auxquelles ont donné lieu les eaux minérales, plutôt à titre de renseignement qu'avec la prétention d'apprécier à sa valeur chaque monographie et encore moins chaque eau minérale. Si les opinions des médecins résidents sont très-souvent suspectées d'une certaine partialité , celles des critiques, qui n'ont qu'une insuffisante expérience, doivent être admises avec une égale réserve. Parmi les brochures ou les traités que nous signalons, les uns sont des études sérieuses, les autres de simples guides, qui contiennent néanmoins des documents quelquefois utiles. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que cette revue est et doit être très-incomplète, et qu'elle renferme seulement les ouvrages spéciaux qui nous sont parvenus.

Vichy est toujours au premier rang des eaux minérales sur les

quelles se porte l'attention des médecins. Outre les Lettres médicales du D" Durand-Fardel, dont nous avons donné l'analyse, Vichy a fourni

matière à un travail important de M. J.-P. Bouquet, communiqué à l'Académie des sciences, et publié sous le titre d'Histoire chimique des eaux minérales et thermales de Vichy, Cusset, Vaisse, Hauterive, et SaintForre, 1855. Bien que nous ayons déjà fait connaître dans les comptes rendus académiques quelques-unes des conclusions de l'auteur, nous croyons bon de reproduire les principales propositions qui résument les faits et les opinions développées dans le cours de l'ouvrage.

1° Les eaux minérales qui émergent des sources naturelles de Vichy, aussi bien que celles qui jaillissent des forages exécutés autour de la ville, sont de formation géologique. Elles ont la même origine, et les différences que présente leur composition proviennent des modifications qu'elles ont éprouvées pendant leur séjour dans le terrain tertiaire ou pendant leur trajet ascensionnel. 2° Les produits gazeux qui s'en dégagent spontanément sont constitués par l'acide carbonique, et ne contiennent ni oxygène ni azote. On trouve dans quelques sources seulement des traces infinitésimales d'acide sulfhydrique. 3" La proportion d'acide arsénique, quoique peu élevée, n'est pas négligeable; elle est égaleà0so,001 pour les eaux non ferrugineuses, et à 0o,002 pour les eaux contenant des quantités un peu notables de protoxyde de fer. 4° La proportion de potasse est très-notable, et, dans plusieurs sources, son poids est de 0o,200 par litre. Les variations de l'acide carbonique paraissent être proportionnelles à la température des eaux. 5° Les eaux de Vichy sont susceptibles d'éprouver deux genres d'altérations : l'altération par la perte d'acide carbonique, déterminant la précipitation d'une partie de la silice, des carbonates neutres de chaux, de magnésie , de strontiane , de manganèse et peut-être de peroxyde de fer; l'altération par oxydation, sous l'influence de laquelle une pârtie de l'arsenic et du principe ferrugineux se séparent de l'eau minérale. 6° La composition des eaux de Vichy n'a pas éprouvé de variations bien sensibles depuis un tiers de siècle. 7° Classées par leur richesse en principes salins, les eaux du bassin de Vichy peuvent être divisées en trois groupes : les plus minéralisées sont celles de la Grande-Grille, le puits Chomel , le puits Carré, les sources Lucas, de l'Hôpital, les Célestins, les puits forés Bresson , l'enclos des Célestins et l'Abattoir, à Cusset; viennent ensuite Saint-Yorre, Hauterive, les puits Sainte-Marie, Élisabeth , et la nouvelle source des Célestins ; enfin , en dernier lieu , les deux puits de Vaisse et de Mesdames. 8° On a en quelque sorte exclusivement rapporté leur action thérapeutique au sel prédominant, le bicarbonate de soude. Cette opinion est contestable ; plusieurs autres sels, et les arséniates notamment, doivent participer à la médication. 9° De l'ensemble des sources naturelles ou artificielles de Vichy, jaillissent par vingt-quatl'e heures environ 630,000 litres d'eau ; la proportion des principes minéraux dépasse 5,000 k° par jour, et s'élève à près de 2,000,000 k° par an. L'acide carbonique forme à lui seul plus de la moitié de cette quantité totale.

VII. - 47

Nous regrettons d'être obligé de nous borner à un si court aperçu, et de ne pouvoir pas suivre l'auteur dans les considérations chimiques qui s'appliqueraient non-seulement à l'analyse des eaux de Vichy, mais à celles de toutes les autres sources minérales. — M. Constantin James (De l'emploi des eaux minérales, spécialement de celles de Vichy, dans le traitement de la goutte, p. 48 ; 1856) énumère quelques-unes des indications relatives à la médication antigoutteuse, sans ajouter aucune donnée nouvelle à ce que les praticiens expérimentés et indépendants ont déjà enseigné sur ce sujet, savoir : que la goutte peut être tonique ou atonique, que les alcalins conviennent seulement à la goutte tonique, qu'ils doivent être employés avec mesure, que la goutte peut être articulaire ou viscérale. L'auteur consacre à ce qu'il appelle la goutte rhumatismale un chapitre très-court, trèsVague, et plus qu'insuffisant. Cette brochure paraît faite pour les gens du monde. — Le D" Petit, de regrettable mémoire , a consacré une courte brochure à l'étude de la matière organiquc des eaux de Vichy, 1855, p. 32. Il résulte de l'examen fait en commun avec M. Haime, que ces eaux doivent leur coloration verte à la présence d'une algue du genre Ultothrix et d'une diatornée du genre Navicula, paraissant former deux espèces nouvelles; qu'elles contiennent en outre des Bacterium et des Vibrions, comme presque toutes les eaux où séjournent des substances organiques. Les diverses considérations relatives à la génération de ces végétaux sont au moins très-hypothétiques. L'auteur aurait découvert à l'aide du microscope la matière organique latente, composée de globules, et qui serait l'origine des matières végétales plus organisées. - L'administration des eaux de Vichy a publié, sans nom d'auteur, une sorte de plaidoyer tout médical en faveur de ses sources (Motice médicale sur les caux minérales de Vichy). Cette brochure bien faite, quoique essentiellement apologétique, traite de l'action des eaux dans la gravelle, les calculs urinaires et le diabète, au point de vue chimicopathologique, et s'applique à réfuter les objections opposées à la médication alcaline en vertu de théories également chimiques.

Plonmbières. — M. le D' Lhéritier, auquel on doit des études cliniques sur les eaux dont il est inspecteur-adjoint, a entrepris, avec M. 0. Henry, une série de recherches sur le rendement, la température et la composition chimique des sources de Plombières (Hydrologie de Plombières, in-8°, p. 154; 1855). En voici les principales conclusions :

1o Les sources minérales chaudes ou froides abondent à Plombières; leur échelle thermométrique s'étend de 9° c. à 70° c.; on peut les diviser en froides, tièdes et chaudes. La thermalité des sources subit de légères variations encore inexpliquées. 2° La somme des principes minéralisa· teurs, sujette à des oscillations journalières insignifiantes, n'a pas subi de modification importante depuis ce siècle. 3° L'élément minéralisateur qui domine dans toutes les eaux de Plombières est un silicate à base de soude, de potasse, de chaux, de magnésie, fourni par la roche granitique ; ces carbonates ne sont que le résultat de l'altération des silicates primitifs. 4° La matière à laquelle on a donné le nom de savon minéral est principalement constituée par un silicate alumineux. 5° L'arsenic qui existe dans toutes les sources minérales à l'état d'arséniate de soude ou de fer peut expliquer en partie leur action thérapeutique 6° Les gaz qui s'échappent de quelques sources sont constitués par un peu de d'oxygène associé à une grande proportion d'azote sans trace d'acide carbonique. Ce mémoire, conçu dans les mêmes idées que celui de M. Bouquet, et à peu près sur le même plan , renferme en outre un historique trèscomplet des sources de Plombières. C'est toujours un nouveau sujet de réflexion que de considérer d'une part l'action incontestée de Plombières, et de l'autre l'insignifiance de la composition. Voici la dernière analyse de M. 0. Henry pour la source du Crucifix, qu'on doit prendre pour type. Pour 100 grammes d'eau :

Acide silicique. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . 0,0200
Alumine. .. . . .. . .. .. . . .. . . . . . .. 0,0120
Silicate de soude. . . . .. . . . . .. .. . . . . 0,0518

— de potasse. . . . . . . . . . . . . . .. . 0,0080

— de magnésie et de chaux. . .. . . . . .. 0,0454
Chlorure de sodium, de potassium, de calcium. 0,0450
Sulfate de soude. . . . . . . . . . . . . . . . . . 0,0810
Arséniate de soude. .. . . . . . . . . . . . . . . . 0,0006
Matière organique azotée. . . . . . , . . . . . .. 0,0200

Traces de lithine, de phosphates, etc. : en tout, 0,2858, moins de 3 décigrammes de principes minéralisateurs, tous réputés inactifs, par litre d'eau. "

saint-IIonoré (Nièvre) (Analyse de l'eau minérale sulfureuse et thermale, par M. 0. HENRY; 1855, in-8°, 20 p.). — Ces sources, situées près de Moulins-en-Gilbert , donnent plus de 800 mètres cubes par vingtquatre heures; leur température moyenne est de 31". Elles sont sulfureuses, alcalines et sensiblement iodées, et ont, par leur composition, · une certaine analogie avec les sources les moins fortes en élément sulfureux des Pyrénées, Bonnes, Eaux-Chaudes, etc. De nombreuses conferves s'y développent au contact de l'air, et on y a en outre constaté la présence d'une substance gélatiniforme tout à fait analogue à la glairine. Des travaux d'appropriation ont été commencés : on trouve à présent des douches, des bains, des piscines, et un hôtel.

Royat (Puy-de-Dôme) (Motice sur l'établissement thermal de Royat, par le D' NIvET, médecin-inspecteur; 1855). - Ces eaux, autrefois employées par les Romains, ont été remises au jour seulement en 1843. La

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