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Six semaines avant son entrée à l'hôpital, il était rentré du travail en se plaignant d'étourdissements. Ces étourdissements continuèrent à se montrer pendant quinze jours, tout en lui permettant de continuer son travail ; il se plaignait en même temps d'affaiblissement ou plutôt d'une sorte d'obscurcissement de la vue : il se décida alors à suivre un traitement médical, qui ne modifia en rien son état. Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, sa femme le trouve couché sur un fauteuil et dans un état complet d'insensibilité : la bouche était déviée; les membres du côté gauche roides et privés de mouvement. Une large saignée fut immédiatement pratiquée sans avantage appréciable. Le coma persista jusqu'au lendemain matin à six heures; cinq ou six heures après, la roideur du bras et de la jambe gauche cessa , et il en recouvra l'usage. Entré à l'hôpital, il se présente dans l'état suivant : Bien que ses forces semblent à peine diminuées, et que tous les mouvements soient libres, il ne peut marcher seul. Lorsqu'il l'essaye, il chancelle et tombe en avant sur la face ; s'il cherche à descendre de son lit, le même phénomène se produit. Il ne peut manger seul; souvent au lieu de porter les aliments à sa bouche , il les porte à sa joue ou à son menton. Les urines s'écoulent souvent involontairement : le besoin de la miction se faisant sentir subitement et d'une manière pressante, le malade ne peut retenir ses urines. Il en est de même des matières fécales. La mémoire semble affaiblie; le malade pleure facilement si on lui rappelle sa position actuelle : il a la conscience de son état, et comprend toutes les questions qu'on lui adresse : la réponse n'arrive qu'avec effort. Le malade se plaint fréquemment ; il porte la main à la tempe gauche , tout en déclarant n'y rencontrer aucune douleur ; le pouls est à 54; la langue est légèrement chargée. On ordonne 8 sangsues à la tempe droite, 1 vésicaIoire derrière l'oreille du même côté; 2 grains de calomel par jour. Rien de nouveau jusqu'au 10; le malade dort beaucoup et très-profondément. Le 10. Il survient da la diplopie ; on constate un léger strabisme divergent. Le 11. Un peu de trouble dans les idées. Application d'un séton à la nuque ; on ajoute au traitement 3 grains d'iodure de potassium. Le 15. Le strabisme est plus prononcé; l'œil gauche est dévié en dehors. La paupière supérieure du même côté est abaissée et ne peut être relevée. Il ya de l'agitation; le malade ne peut rester au lit; s'il cherche à se lever, il se précipite immédiatement en avant sur la tête; la parole est embarrassée. — Chlor. de merc. ; teint. de quinq. Le 21. L'œil gauche a cessé de diverger en dedans ; les paupières peuvent être ouvertes un peu plus largement ; il peut marcher un peu , mais à la condition qu'on le soutienne ; si on l'abandonne, il chancelle et tombe en avant; les facultés intellectuelles baissent. Il comprend encore, mais ne répond que si la réponse à faire est courte et facile à prononcer; s'il cherche à prononcer des mots plus longs, ils deviennent inintelligibles. Le 15 août. Les évacuations ne se font plus involontairement; la marche est un peu plus facile ; la tendance à tomber en avant, moins marquée ; il y a un peu d'amélioration dans l'intelligence ; l'œil gauche est de nouveau divergeant en dehors , la pupille gauche est dilatée. Le 28. L'amélioration des symptômes cérébraux n'a pas fait de progrès : le malade engraisse, et il semble se porter très-bien. Le strabisme et la dilatation de la pupille persistent; pouls à 65. Le 19 septembre. La santé générale est toujours très-bonne : il n'y a de mieux que dans la parole qui est un peu plus distincte. Le malade est exigeant et entêté, ce qui est contraire à ses habitudes avant sa maladie. Application de la pommade stibiée sur le crâne ; on supprime le séton. Le 28. Dans la soirée du 27 il est survenu une agitation convulsive du bras du côté droit. Cet état a duré un quart d'heure environ ; il ne s'est accompagné ni de perte de connaissance, ni de céphalalgie. Insensibilité du bras depuis l'accès : pouls à 72. Le 6 octobre. Le 4, il est survenu un nouvel accès de convulsions et des mouvements spasmodiques d'extension dans les doigts de la main , surtout pendant le sommeil. Émission involontaire des urines , qui mouillent son lit sans qu'il paraisse s'en apercevoir. Somnolence qui persiste pendant plus d'un mois avec des alternatives de demi-réveil et de stupeur plus profonde; l'intelligence, pendant ce temps , devient de plus en plus obtuse. Les convulsions reviennent à plusieurs reprises, et enfin il succombe épuisé le 23 décembre. A l'autopsie, on trouve dans le pédoncule droit du cerveau une tumeur occupant sa partie centrale, commençant en arrière à la jonction des pédoncules, et se portant obliquement en avant dans l'étendue d'un pouce et de l'épaisseur d'un demi-pouce. Une ligne de démarcation bien marquée sépare la tumeur de la substance nerveuse qui l'enveloppe. La masse altérée n'est pas homogène ; une partie est cartilagineuse, jaune; l'autre est rougeâtre, ramollie. La portion du cerveau d'où naît le nerf oculo-moteur gauche est altérée ; à droite, pas de lésion anal0gue; épanchement arachnoïdien peu abondant, épanchement plus marqué des ventricules. Le reste du cerveau est sain. Pas de lésion appréciable des autres organes ; la tumeur, examinée au microscope, pafait constituée par un dépôt inflammatoire ayant subi une dégénérestence partielle. La tendance à tomber en avant a été notée pendant toute la durée du séjour du malade à l'hôpital. Dans les premiers temps, il pouvait faire un ou deux pas sans tomber; plus tard, il fallut le soutenir sitôt qu'il descendait du lit, pour prévenir une chute, inévitable autrement.Ce symptôme étrange ne peut dépendre que de la lésion du pédoncule. Cependant on ne peut pas se dissimuler que dans les cas de maladie d'un pédoncule , cas d'ailleurs très-rares, on ne trouve pas cette propension qui eût frappé les observateurs; elle n'a existé ni dans l'observation raportée par M. Andral dans sa Clinique, ni dans celle d'Abercrombie dans son livre sur le cerveau, ni enfin dans celle de Bright (Medical reports), les seules qui aient été publiées. (Med. times, 1855.)

CaleuI intestinaI.- Les professeurs de l'École médico-chirurgicale de Stockholm publient , sous le titre suivant : Museum anatomicum Holmiense : quod auspiciis augustissimi regis Oscaris, primi ediderunt professores regiœ Scholae medico-chirurgicae Carolinensis, un livre qui paraîtra en plusieurs fascicules, et qui contient déjà des observations dignes de fixer l'attention des médecins. Nous n'en voulons pour preuve que le fait suivant , où l'on remarque quelques détails pleins d'intérêt sur la marche de la maladie et la forme du calcul.

Andrew Petterson, ouvrier, naquit en 1785 de parents en bonne santé; il était naturellement fort et bien développé; mais sa jeunesse se passa dans une très-grande misère. Dès sa plus tendre enfance, il souffrit de quelque affection des organes digestifs , caractérisée par de vives douleurs intestinales, surtout à la partie inférieure de l'abdomen ; ces souffrances augmentaient habituellement par les vomissements. Lorsqu'il eut 22 ans, il découvrit une petite tumeur située un peu audessus de la région inguinale droite, et environ du volume d'une noix. Si on la comprimait, il souffrait vivement ; néanmoins on pouvait, en la maniant avec précaution, la mouvoir en divers sens. Pendant quelque temps, cette tumeur se développa graduellement vers le haut ; alors elle parut contracter quelques adhérences, tellement qu'on ne pouvait pas la mouvoir sans produire une très-vive angoisse, suivie d'une douleur moins intense mais prolongée. A mesure que la tumeur grossissait, les attaques de douleurs devinrent plus poignantes chaque jour, et elles s'accompagnèrent d'une sensation de poids dans la région inguinale droite en arrière. La constipation était si grande que le malade ne pouvait aller à la garde-robe sans purgatifs ; et , dans ce cas, il souffrait, comme si l'intestin du côté droit en particulier se rompit ; il avait de l'appétit, mais l'ingestion de la plus petite quantité de matière solide augmentait beaucoup ses souffrances ; les liquides pouvaient être pris et retenus, mais les solides produisaient invariablement un vomissement douloureux; ce qui était rendu par la bouche avait l'odeur et l'aspect des matières fécales ; de plus, il existait constamment des éructations qui donnaient une odeur cadavérique. En aucun temps, le malade n'avait eu de jaunisse et ne s'était alité.

En 1822, il entra à l'hôpital Séraphin de Stockholm, où l'on diagnostiqua un calcul intestinal ; mais il en sortit quelque temps après , et rien de nouveau ne se manifesta dans la maladie de cet homme, jusqu'à la fin de 1840. Vers cette époque, il buvait, depuis quatorze jours, de larges portions d'une huile impure et rance de veau marin, lorsqu'il fut une nuit réveillé par la sensation d'une masse qui se détachait de son côté droit, avec une très-vive douleur ; il supposa que sa tumeur changeait de place et allait du côté droit à la partie gauche de la région épigastrique, où elle s'arrêta. Durant ce temps, le malade souffrit violemment , et il assura que les signes de la maladie restaient les mêmes, excepté qu'on sentait maintenant les douleurs à gauche et pas à droite. Le 27 juillet 1841, quand il continuait à prendre de l'huile de veau marin, il fut saisi de douleurs bien plus violentes qu'à l'ordinaire , comme si les intestins se rompaient et se tordaient; puis il sentit quelque chose qui pressait en bas vers l'anus. Après que les douleurs curent duré plusieurs heures, une masse solide traversa l'anus, pendant qu'on aidait du doigt son passage : c'était le calcul intestinal. Les souffrances du malade çessèrent alors; peu de temps après, il commença à prendre toute sorte de nourriture ; il n'y eut plus de vomissements ; les évacuations furent naturelles; enfin la bonne santé revint. Mais ces conditions heureuses ne durèrent que six mois, et alors apparurent les signes de la formation d'un nouveau calcul intestinal. Ce malheureux traversa les mêmes tortures que précédemment : l'huile de veau marin n'eut aucun succès; le calcul augmenta chaque jour de volume, et enfin cet homme mourut en 1848, dans sa 59° année, et sept ans après que la première concrétion avait été expulsée. 0n ne trouve dans cette observation aucun autre détail sur l'autopsie du sujet. Quant au premier calcul, voici quelques renseignements : A l'état sec, il pesait 14 onces /4; en longueur il mesurait 6 pouces !,4, et en largeur !/4. Il paraissait avoir rempli tout le cœcum, avec l'appendice vermiforme, le colon ascendant, et une partie de la courbure droite. La portion inférieure qui remplissait le cœcum n'avait qu'un pouce % de large ; une saillie conique en sortait dans l'étendue de 1 pouce %, et remplissait l'appendice. La forme de ce calcul était celle de l'intérieur de l'intestin, et, comme cet organe, il s'inclinait légèrement vers la ligne médiane du corps. On distinguait à sa surface trois larges fissures, et entre elles de grosses masses globuleuses ; ces dernières correspondaient aux cellules de l'intestin , et les premières aux plis qui les séparent. Au milieu d'une section longitudinale du calcul , un peu au-dessous de son centre, on trouvait une petite cavité oblongue de 2 lignes de longueur, qui contenait un petit caillot de sang desséché. Autour de ce coagulum, et disposé sous forme de couche, on Voyait une substance molle , velue comme de la laine comprimée, mêlée avec une autre matière jaunâtre plus solide et terreuse. Ces couches chevelues et terreuses avaient une disposition concentrique; leur quantité et leur épaisseur variaient dans différentes parties de cette concrétion. La plus grande partie de la surface du calcul était couverte d'une croûte jaune en certains points, et blanche dans d'autres. L'examen microscopique a prouvé que la substance chevelue était formée des poils qui enveloppent l'écorce de l'avoine, et l'analyse chimique l'a confirmé. La couleur jaune était sans doute due à la matière colorante de la bile. (Museum anatomicum Holmiense, sectio pathologica, fasciculus 1 ; Stockholm, 1855.)

Du sang et des fluides épannehés dans la goutte, le rhumatisme et la maladie de Bright; par M. A.-B. GARRoD. - Le but de l'auteur est d'indiquer un procédé très-facile pour découvrir la présence de l'acide urique dans le sérum. Il consiste à placer un peu de sérosité dans un verre de montre, au fond duquel se trouve un fil fin, et à ajouter de l'acide acétique : l'acide urique se dépose sur le fil, et se reconnaît aisément au microscope par la forme de ses cristaux. Cette expérience n'indique la présence de l'acide urique que lorsque celui-ci existe dans la proportion de 0,025 de grain pour 1,000 de sérum , et comme cette proportion est toujours anomale, l'apparition des cristaux suffit pour démontrer l'existence de l'acide urique en quantité morbide. Quand on veut faire cet essai, le sérum doit être frais, car le D" Garrod a trouvé que l'acide urique se décompose rapidement, et il croit peu douteux que l'acide oxalique ne soit un des produits de cette décomposition.

L'auteur rapporte ensuite l'examen qu'il fit de la sueur d'un goutteux, dans laquelle on chercha en vain l'acide urique ; puis il dit avoir trouvé l'acide urique dans les épanchements du péricarde et du péritoine, au cas où le sang contenait une quantité anomale de cette substance. Enfin il rapporte ce fait intéressant, que, par l'expérience au moyen du fil, on découvre la présence de l'acide urique dans la séro

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Choléra (Recherches statistiques sur les divers traitements du). -- Le conseil de santé (General bord of health ) a publié le relevé de 3,727 cas de choléra traités en 1854 dans les hôpitaux, soit à Londres, soit dans les provinces, par les diverses méthodes qui ont été successivement préconisées. Quelques réserves qu'il convienne de faire en présence de relevés statistiques dont les éléments sont si difficiles à réunir, ces données ont un intérêt tout particulier qui nous engage à les reproduire. Les médications ont été rangées sous quatre chefs : a'lérants, astringents stimulants, et évacuants. Une distinction a été établie suivant que le médicament a été administré à la période de collapsus ou pendant la fièvre consécutive. Nous nous contenterons d'indiquer le nombre de cas, la nature du remède, le chiffre des décès.

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