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font encore aujourd'hui les soldats quand ils doivent passer un temps assez considérable dans le même lieu.

Ces cabanes étoient de simples huttes faites avec des troncs et des branches d'arbres, et couvertes de terre et de roseaux; les chefs avoient des klisiai ou cabanes mieux construites, plus commodles et plus grandes que les autres ; les principaux chefs se réunirent dans celle d'Achille pour le consoler de la mort de Patrocle. llomère dit qu'il y avoit devant une enceinte' faite avec une palissad«, au milieu de laquelle on dressoit un autel ; c'est sur cet autel qu'Ichille implore la protection de Jupiter, et qu'il lui offre des libations.?

La cabane étoit précédée d'une espèce de cestibules dont les portes * donnoient sur une grande salle,s qui étoit probablement ornée des plus beaux objets qu'on avoit obtenus dans le partage du butin;" c'est ce que doivent signifier les mots murs éclatans, par lesquels Homère désigne la cabane d’ldoménée.?

Il y avoit derrière les cabanes des chambres pour les concubines et les esclaves, et une chambre pour le trésor où étoient les armes que l'on rassembloit aussi dans la cour.8 Achille et Patrocle avoient une chambre séparée; il y avoit aussi des huttes pour les chevaux que les héros nourrissoient et soignoient eux mênies ; autour étoient d'autres huttes pour

les soldats, et le tout étoit entouré d'une enceinte, dont les portes étoient flanquées de tours. On trouve dans le Journal Militaire allemand' un plan et une vue de la cabane d’Achille.

Il ne convient pas sans doute de représenter ainsi la cabane d'Agamemnon; le séjour de l'armée des Grecs dans l'Aulide est involontaire, elle n'a pas d'ennemis à craindre, elle ne doit pas s'y fortifier: cependant le calme l'a retenue assez longtemps, pour que soldats aient fait des barraques. On peut donner à la cabane d’Agamemnon une forme pittoresque, à l'entrée figurer, devant une enceinte, un autel portatif, et indiquer les habitations qui doivent renfermer ses chars, ses chevaux, ses esclaves, etc.

On peut encore mettre dans l'enceinte des casques, des lances, des épées, groapés en faisceaux, comme on place les fusils dans les camps,

Les murs de la cabane peuvent être décorés en y suspendant le scepire d’Agamemnon, sa lance, son casque, son bouclier, comme dans une chambre grecque: on y peut même placer quelques uns des objets enlevés dans le butin qui a été fait sur les alliés des Troyens, tels que des vases d'argent, des trépieds, des chlamydes de pourpre; mais les vases, les trépieds ne doivent pas être d'un travail trop recherché; il faut songer qu'alors les arts n'étoient pas perfectionnés, et que si le bouclier d'Achille est si riche, c'est qu'il est l'ouvrage d'un Dieu.

La table d'Agamemnon doit être à trois pieds, et copiée d'après celles que l'on voit sur les vases peints ; on pourroit prendre pour modèle une table assez simple, gravée par Roccheggiani, et sur laquelle il y a des vases, de la cire, et un style pour écrire.

les

1 Airn.

2 II. XVI. 231. 3 Αίθουσα πρόδoμος XXIV. 644, 673. 4 úpai XXIV. 572; xpólupov XIX. 219. 5 Miyapor XXIV. 647. 6 II. XXIII. 559.

7 N. XIII, 261.

8 II. XXIII. 559, 9 Militær. Monatsschrift, p. 455. ° II. XVIII. 1 Costume antichi, Pl. XIV.

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Racine a commis un anachronisme très commun, en faisant écrire une lettre par Agamemnon; il est prouvé aujourd'hui que l'écriture n'étoit pas connue au temps de la guerre de Troie; mais il ne faut pas ajouter à cette faute en mettant sur la table un cornet rempli d'encre, et une plume d'oie; la lettre ne doit pas non plus être un rouleau ; Agamemnon doit écrire sur des tablettes, comme celles que Bellérophon remit à Prætus, et qui contenoient le signe fatal d'après lequel ce prince devoit ordonner sa mort. Il doit donner ces tablettes ouvertes à Arcas, dont il ne craint pas l'indiscrétion, ou les fermer avec un ruban de couleur brunâtre, pour imiter celle du papyrus, dont on faisoit alors usage.

On peut mettre sur la table quelques beaux vases peints, de la fa. brique des Piranesi ; celui qui représente la chasse d’un sanglier par Antiphates, roi des Lestrigons,' me paroîtroit le plus convenable pour sa forme, le style et le genre de ses peintures.

On pourroit prendre pour modèle du siége d’Agamemnon, une chaise d'une forme très antique, gravée par Roccheggiani, pl. XIX.

Dans le lointain on verruit les cabancs et les barraques des autres chefs, et la mer sur laquelle seroient les navires des Grecs: la 'Table Iliaque," et une belle vignette, gravée par Tischbein, dans ses Figures d'Homère, · donnent une idée de la forme des vaisseaux, et de la manière dont ils doivent être rangés.

Les personnages doivent être vêtus comme on représente ordinairement les héros grecs ; mais si les acteurs du Théâtre Français veulent se distinguer par la régularité du costume, celui qui est chargé du róle d'Agamemnon doit régler le sien sur la description qu'en donne Homère.

Ses jambes sont couvertes de cnémides, c'est-à-dire, de jambières d'airain, attachées avec des agrafes d'argent.

Sa cuirasse, présent de Cyniras, roi de Cypre, est composée de vingt lames de cyanus noir, de douze lames d'or et de vingt d'étain; on peut employer des lames d'or, d'argent, et d'autres d'acier bronzé, pour res présenter le métal qu'Homère appelle cyanus noir.

Les agrafes qui attachent sur l'épaule les deux pièces qui forment la cuirasse avoient la forme de serpent; il y en avoit trois de chaque côté, ils étoient de couleur bleue; on peut prendre une idée de la forme de Cette cuirasse dans une peinture de vases gravée par M. Tischbein.'

Le fourreau de l'épée du roi des rois est orné de clous d'or.

Son bouclier (qui doit être suspendu au mur de la cabane) est formé de plusieurs cercles dont deux sont d'airain, vingt d’étain, et au centre il y en a un de cyanus noir, au milieu duquel est la Goryone qui répand l'épouvante et la terreur.

Son casque a trois aigrettes ; on peut voir des casques du même genre sur les vases peints; ils sont entièrement conformes à la descrip

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'D'HANCARVILLE, t. I, pl. I. 2 Galerie mythologique, Pl. CL, 115.
3 Figures d'Homère, Odyssée, p. 4.

4° 1l., L. XI. v. 20.
SI, pl. 4. Il faut seulement y ajouter les trois serpens.
M. TISCHBEIN, t. II, pl. 2 et 8, a publié deux peintures de vases où on voit
des boucliers à peu près semblables,

tion d'Homère; on n'en a pas encore fait usage sur la scène ; j'ai des dessins inédits qui en offrent de beaux modèles.

Achille ne doit pas avoir une armure aussi belle que celle qui lui fut donnée depuis par Vulcain. Mais il doit avoir celle qu'il porta à Troie, et qui ne put défendre les jours du malheureux Patrocle; Homère la décrit brièvement.' Ses cnémides ou jambières sont aussi d'airain, attachées comme celles d’Agamemnon, avec des agrafes d'argent; sa cuirasse est semée d'étoiles ; son épée, où l'airain se mêle avec l'argent, jette de vives étincelles ; son bouclier est large et solide, Homère ne le décrit pas; son casque est orné d'une crête et d'une crinière de cheval. Il faut donc que son armure soit plus simple que celle du roi des rois, du riche Agamemnon ; l'or n'y doit pas dominer comme on le fait toujours. En général, Homère donne des armures magnifiques aux Troyens qui habitent un climat plus riche que les Grecs, et à ceux-ci des armures plus simples. Glaucus, allié des Troyens, échange son armure d'or, contre l'armure d'airain de Diomède,

Je voudrois que quand Achille vient pour soustraire Iphigénie au sacrifice, on lui fît porter son bouclier et deux courtes lances, à la manière des héros d'Homère.

Ménélas et Ulysse doivent être à peu près de même qu'Achille, en variant la couleur de la chlamyde; l'armure de Ménélas doit être plus riche que celle d'Ulysse; mais celui-ci doit avoir le bonnet qui le caractérise.

Les soldats doivent être armés et vêtus très simplement; une vignette composée par M. Tischbein, peut donner une idée de leur costume: tous doivent avoir des cnémides ou jambières, car Homère appelle toujours les Grecs eucnemides, c'est-à-dire aux belles cnémides. La vi. gnette de M. Tischbein, que je viens de citer, et une belle peinture de vase dont j'ai publié la gravure, donnent une idée de ces jambières.

Les femmes doivent être vêtues d'après le costume grec dans toute sa sévérité. Mais Eriphile et sa Confidente, qui sont esclaves, et qui appartiennent à un pays allié et dépendant de Troie, doivent avoir dans leur costume quelque chose qui annonce une nation barbare.

A. L. MILLIN.

'Ny XVI. 131.

2 Il. VI. 235, 3 Figures d'Homère, Iliade, p. 19.

LATIN ODE.

cuil

Crinemque timendi
Sideris, et terris mutantem regna Cometen.

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O

Lux capillis cincta flagrantibus,
Quam vestit atrà terror imagine,

Cæcosque moturam timores

Regna pavent utriusque mundi :
Quò tu per æthram flectis iter vagam,
Albæ feraci lucis in æquore?

Cur igne ferali refulges,

Cerulex novus hospes auræ?
O Nox, silentî mater, apud tuos
Sistar recessus, ut loca devia

Orasque discretas solutus

Obstupeam, vacuosque tractus;
Quâ parte sacri fulguris impetus
Per cæca rumpit murmura wubium,

Et nigra majestas procellæ

De rutilo procul ardet axe;
Et tu, Cometa, despicis ardua
De sede cætos sidereos poli,

Lunæqne contemplans labores

Per superas spatiaris aulas.
Te cautus horret navita, marmoris
Dimensus astris dorsa tumentia ;

Te pastor aspecto nivosis

E speculis, animum fatigat,
Ne celsiores flumina mæreant
Contracta ripas, ne sitiant greges,

Martemqne lethalem capillis

Decutias rapidasque pestes.
Te semper anteit dura necessitas
Terram intuentem lampade lugubri,

Plumâque devectum rubenti,

Per nebulas pluviosque rores;
Metusque cristis excubias agens
Pernoctat. O fax per liquidum æthera

Quæ volvis insomnes ocellos,

Regibus exitiale lumen;
Quid mirum, ubi astris supplicia imminent
Insculpta, siquis membra perhorruit,

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Vol. VII. No. XIII.

E

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Quicunque concepit sub imo

Corde nefas tacitamque fraudem?
Nam fortè ab atro libera carcere
Funesta nutris præmia criminum,

Et sera pænarum ministra,

Funereos alis intus ignes ;
Vel tu remoti conscia temporis
Impune rerum conspicis exitus,

Et agmen annorum silenti

Deproperans in inane lapsu.
Seu nunciâsti fiera Cæsaris
Inauspicato tristior omine,

Verosque fovisti timores

Plena minis trepidoque fato,
Seu luctuoso tramite fluctuans
Sionis arces sub pede prorutas

Fractasque vidisti columnas

Dedecoris malè certa vates.
O terror audax ludere pectora
Ludo insolenti; te sapientia,

Lux alma naturæ fugavit,

Explicito propiore vultu. Hæc, hæc fuerunt. Occidit, occidit Inanis error. Te nihil attinet,

O stella, quid texat minaci

Parca colo, neque si ruinæ Cæca ingruat vis; tu licèt orbitæ Determinatæ vincula negligis,

Gyrosque vulgares et arctum

Spernis iter fugiente penna,
Sed quò recedis devia. Jam mihi,
Eeu fumus, auras in tennes abis

Extincta, nec tædæ supersunt

Auricomæ, vigilisque flammæ
Damnosus ardor. Te revocat Chaos
Et nox et ætas et fuga mensium

Æterna. Quò tendis locorum,

Mox alias aditura sedes? Post longa forsan sæcula posteros Annos revises. Vivet adhuc ager

Campestris, et colles et alini

Ruris honos, nemorumque fontes.
Et aura sylvæ nata recessibus
Ladet sub umbra. Nos tamen oppriment

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