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ce que le comte lui-même a communiqué le matin, comme l'ayant appris directement de Paris, au sujet du désistement du prince Léopold à sa candidature au trône d'Espagne. Par là, S. M. considère cette question comme terminée.

Après que j'eus exécuté cet ordre, le comte Benedetti dit que, depuis son entretien avec le Roi, il avait reçu une dépêche de M. de Gramont qui le chargeait de solliciter une audience de S. M. et de lui recominander encore une fois le væu du Gouvernement français, c'est-à-dire :

1° D'approuver le désistement du prince de Hohenzollern, et 2o de donner l'assurance qu'également dans l'avenir celte candidature ne serait plus reprise.

S. M. a fait alors répondre par mon entremise au comte qu'elle approuvait le désistement du prince Léopold dans le même sens et dans la même étendue qu'elle avait approuvé antérieurement l'acceptation de la candidature. S. M. avait reçu la communication écrite de la part du prince Antoine de Hohenzollern, qui avait été autorisé à cet effet par le prince Léopold. Quant au second point : l'assurance pour l'avenir, le Roi ne pouvait que s'en référer à ce qu'il avait répliqué personnellement dans la matinée au comte.

Le comte Benedetti accepta cette réponse de S. M. avec reconnaissance et déclara que, comme il y était autorisé, il la ferait connaitre à son gouvernement.

Mais, en ce qui concerne le second point, il devait, comme l'en chargeait expressément la dernière dépêche de M. de Gramont, maintenir sa demande d'un nouvel entretien avec le Roi ne fût-ce que pour entendre de nouveau les mêmes paroles de S. M., d'autant plus que cette dernière dépêche renfermait de nouveaux arguments qu'il désirait soumettre au roi.

S. M. fit répondre au comte Benedetti, par mon entremise, après le dîner, vers les cinq heures et demie, et pour la troisième fois, qu'elle était obligée de refuser absolument d'entrer dans de nouvelles négociations au sujet de ce dernier point (une assurance qui lierait pour l'avenir). Ce que S. M. avait dit ce matin était son dernier mot dans cette affaire, et l'ambassadeur pouvait s'y référer purement et simplement.

En réponse à l'assurance que positivement on ne devait pas compter sur l'arrivée du comte de Bismarck à Ems pour le lendemain, le comte Benedetti déclara que, de son côté, il se contentait de cette déclaration de S. M. le Roi.

Signė : A. RADZIWILL, Liculenant-colonel et aide de camp de S. M. le roi.

N° 109.

LE COMTE DE GRANVILLE A LORD LYONS, A PARIS.

Foreign-Office, le 13 juillet 1870. Mylord, le Gouvernement de Sa Majesté a appris avec un vif chagrin par votre télégramme d'hier soir, reçu à minuit, que malgré la renonciation au trône d'Espagne faite par le prince de Hohenzollern au nom de son filsqui, le Gouvernement français l'avais reconnu, mettait fin au différend entre la France et l'Espagne, le duc de Gramont vous avait donné à entendre que le cabinet des Tuileries continuait à être très-mécontent des communications qu'il avait reçues du roi de Prusse, et allait délibérer de nouveau aujourd'hui sur la ligne de conduite qu'il aura à prendre dans ces circonstances.

Votre Excellence a, très-à-propos, immédiatement objecté que cette renonciation devait être considérée comme mettant détinitivement fin au différend avec la Prusse, aussi bien qu'avec l'Espagne. Mais j'ai cru de mon devoir de vous prier, par télégramme, de renouveler vos représentations, avant la réunion du Conseil des ministres, convoqués pour aujourd'hui, et de rappeler au duc de Gramont que c'était le Gouvernement impérial qui, au début, avait demandé la médiation du Gouvernement de Sa Majesté, pour éviter les sérieuses conséquences qui pourraient résulter de la situation.

Le ministre de l'Empereur la reconnu publiquement, et je suis certain qu'il avouera qu'il était impossible, pour nous, de faire des efforts plus prompts et plus énergiques pour satisfaire à sa demande.

Dans ces circonstances, le Gouvernement de la Reine est tenu de représenter au Gouvernement impérial l'immense responsabilité qui pèserait sur la France, si elle cherchait à élargir les causes de la querelle en refusant d'accepter la renonciation du prince de Hohenzollern comme une solution satisfaisante de la question. Je suis, etc.

Signé : GRANVILLE.

N° 110.

LE COMTE DE GRANVILLE A LORD LYONŞ.

Foreign-Office, le 13 juillet 1870. Mylord, dans le rapport officiel de la déclaration qu'a faite le 11 courant le duc de Gramont au Corps législatif, Son Excellence aurait dit que tous les Cabinets auxquels le Gouvernement français s'était adressé, paraissaient admettre la légitimité de ses griefs.

Tout en faisant la part de la forme générale des discussions, je crois néanmoins qu'il est juste de faire observer, que la déclaration du duc de Gramont dans les termes qui ont été rapportés ne s'applique pas au Gouvernement de la Reine. Je n'ai jamais admis chose pareille ni dans mes dépêches à Votre Excellence, ni dans mes conversations avec M. de La Valette, et je ne doute pas qu'un examen des rapports de M. de La Valette à son Gouvernement ne vienne confirmer ce que je dis.

J'ai exprimé mon regret à propos d'un incident, qui a,'en tout cas, causé une grande irritation au Gouvernement impérial et à la nation française, mais je me suis soigneusement abstenu d'admettre que la cause était suffisante pour légitimer les intentions annnoncées, tandis qu'en même temps, je recommandais de ne pas agir avec précipitation et de ne négliger aucun moyen pour conserver la paix générale. Je suis, etc.

Signé : GRANVILLE.

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LE COMTE DE GRANVILLE A LORD LYONS A PARIS.

Foreign-Office, le 13 juillet 1870. Mylord, j'ai eu ce matin une conversation avec l'ambassadeur francais auquel j'ai communiqué la substance de ma dépêche de ce jour à Votre Excellence. M. de La Valette déclara que, s'il était vrai que son gouvernement n'avait sollicité de médiation que sur une seule question, la personne principalement intéressée, c'est-à-dire le prince Léopold, n'avait point donné signe de vie. Son père avait ré

pondu pour lui. Mais le fils ratifierait-il le refus de son père ? Ne se considérerait-il pas comme libre de reprendre ce que son père avait abandonné ? Son absence était incompréhensible. N'est-elle pas une justification suffisante de l'hésitation du gouvernement de l'Empereur, qui ne savait rien d'officiel sur la renonciation ?

Quelle serait la position de la France, continua M. de La Valette, si, après avoir accepté cette renonciation comme satisfaisante, nous apprenions que le prince Léopold est parti pour l'Espagne, puisqu'on ne peut la trouver en Allemagne ?

Je répondis que j'avais toujours été d'avis que le Gouvernement français s'était exagéré le danger de la candidature du prince Léopold, et que toutes les informations reçues tendaient à prouver que le choix du prince Lépold n'avait pas été inspiré par une pensée hostile à la France. J'admettais d'ailļeurs l'existence d'une irritation bien vive dans le sentiment national en France, et je reconnaissais que l'Empereur et ses conseillers ne pouvajent manquer d'en tenir compte

C'était à la suite de la requête pressante de M. de La Valette, que j'avais immédiatement, sans relâche et avec énergie, insisté auprès de la Prusse et de l'Espagne pour obtenir une solution satisfaisante de la question. Aucune ne pouvait l'être davantage que le retrait de la candidature du prince. Si l'on objectait que cette candidature n'avait pas été posée sans le consentement du roi de Prusse, on peut retourner l'argument et dire que la rétractation n'a pu avoir lieu qu'à la même condition.

Je pressai donc très-vivement M. de La Valette de représenter à son gouvernement que le Gouvernement de la Reine pensait, après les efforts qu'il avait faits, à la demande de la France, avoir le droit d'insister auprès du cabinet des Tuileries, afin qu'il n'assumât pas la grande responsabilité d'une querelle de pure forme, alors qu'il avait obtenu sur le fond une satisfaction qui, selon M. de Gramont, devait mettre fin à tout.

Toutes les nations de l'Europe avaient exprimé leur ardent désir de voir la paix maintenue. Le Gouvernement de la Reine croit donc que le Gouvernement impérial ne fournira pas le plus léger prétexte à ceux qui voudraient représenter la France comme désireuse de faire la guerre sans une absolue nécessité

Signé : GRANVILLE.

N° 112.

LE COMTE DE GRANVILLE A LORD LYONS, A PARIS.

Foreign-Office 13 juillet 1870.

Mylord, le Gouvernement a éprouvé un grand désappointement en apprenant par votre télégramme le langage dont M. de Gramont s'est servi aujourd'hui au Corps législatif.

Nous espérions qu'après la renonciation du prince Léopold, le Gouvernement impérial reconnaîtrait que son honneur et sa dignité étaient sauvegardés et aurait volontiers accepté la solution qui, d'après ce qu'avait dit M. de Gramont à Votre Excellence, devait terminer le débat et qui peut être acceptée comme preuve du désir du roi de Prusse de conserver des rapports d'amitié avec la France. Je suis, etc.

Signé : GRANVILLE.

N° 113.

LORD LYONS AU COMTE DE GRANVILLE.

Paris, le 13 juillet 1870.

Mylord, le télégramme de Votre Seigneurie, en date de deux heures et demie de la nuit, m'est parvenu ce matin à neuf heures et demie.

Le conseil des ministres s'était assemblé à neuf heures. Il m'était donc impossible d'exécuter les instructions qui m'enjoignaient de voir le duc de Gramont avant la réunion du Conseil, et de lui renou veler, au nom du Gouvernement de la Reine, la recommandation sérieuse d'accepter la renonciation du prince de Hohenzollern au trône d'Espagne, comme solution satisfaisante de la question toute entière.

Néanmoins, j'ai donné aussitôt que possible la substance du télégramme de Votre Seigneurie, dans une lettre que j'ai envoyée à Saint-Cloud par un des secrétaires de l'ambassade, et qui a été mise entre les mains de l'Empereur en plein Conseil en présence de l'Impératrice. J'ai, etc.

Signe : Lyons.

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