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Dorat.

Ta vie est un paisible cours
Qu'embellit le soin de lui plaire.
La raison réglant tes defirs,
Ce cortege de la jeunesse,
Enchaine, aux pieds de la viellefle
Tes passions et tes plaisirs !
Tu peux, sans redouter le blâme,
Rendre compte de tes momens;
La nature enrichit ton ame
De ce qu'elle enleve à tes sens.
Pour moi, je ne sais quelle ivresse,
Disposant toujours de mon coeur,
Me laisse estimer la sagesle,
Et me fait courir à l'erreur;
Oui, déja tout mon sang bouillonne;
Les trélors parfumés des champs,
Des Céres les nouveaux présens,
L'amitié même, hélas ! pardonne,
Rien ne maîtrise les élans
D'un coeur qui toujours l'abandonne
A la foule de ses penchans;
Rien ne me touche et ne m'arrête;
Il me faut un monde nouveau:
Ami, je reprends mon bandeau
Et cours affronter la tempête.
Je vais, dans mon aveuglement,
Errer de chimère en chimère;
Offrir un culte involontaire
Aux illufions du moment;
Acheter, par de longues peines,
Une étincelle de bonheur;
Crier liberté dans les chaînes,
Et rire au sein de la douleur;
Dans une pénible parelle
Consumer chaque trifte jour,
Et sur tout livrer ma foiblesse
A tous les rêves de l'amour.

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Ah!

Dorat.

Ah! sans lui, qui pourroit nous plaire
Sans cet heureux enchantement,
Que resteroit-il à la terre?
L'ennui de vivre, et le néant!

Tu vois trop quel est mon délire;
Ami, je ne puis le cacher:
L'amour lui seul peut m'attacher;
C'eft fa flamme que je respire.
Ce sexe; orné de mille attraits,
Que son addresse multiplie,
Nous tient enchaînés à la vie
Par d'imperceptibles filets;
Dans ses défauts trouve ses armes,
Nous plaît, en nous tyrannisant,
Et n'est jamais fi feduisant,
Qu'alors qu'il fait couler nos larmes.
Toujours absous par nos desirs,
Il a tout, puisqu'il a les charmes
Et qu'il dispense les plaisirs.
Que dis-je ? une fougue imprudente
Sans doute emporte mes esprits;
La jeunesse, toujours ardente,
A ce bonheur met trop de prix;
Ils viendront, ces jours de lumière,
Où la scène change à nos yeux.
Où l'homme, en soupirant, l'éclaire
Sur le vrais moyens d'être heureux!
Alors, battu par les orages,
Digne du moins de ta pitié
J'irai, fuyant d'autres naufrages,
Chercher un port dans l'amitié;
Sous la plus épaiffe verdure

Du

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Se'daine.

..

Seda i ne.

triichel Jean Serdaine, ein noch lebender, vornehm: lich durch seine Schauspiele bekannter Dichter. Seine klei: nern Poesien haben viele Vorzüge in den leichten und naifen Wendungen des Gedankens und des Ausdrucks. Folgende allerliebste Tåndelei von ihm verdient vier eine Stelle.

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Ah! mon habit, que je vous remercie!
Que je valus hier, grace à votre valeur !
Je me connois; et plus je m'apprécie,
Plus j'entrevois qu'il faut que mon Tailleur,

Par une fecrette magie,
Ait caché dans vos plis un talisman vainqueur,
Capable de gagner et l'esprit et le coeur.
Dans ce cercle nombreux de bonne compagnie,
Quels honneurs je reçus! quels égards! quel accueil!
Auprès de la Maîtresse, et dans un grand fauteuil
Je ne vis que des yeux toujours prêts à sourire.
J'eus le droit d'y parler, et parler sans rien dire!

Cette femme à grands falbalas
Me consulta sur l'air de son visage;

Un Blondin sur un mot d'usage

Un Robin sur des opéras.
Ce que je décidai, fut le Nec plus ultra.
On applaudit à tout, j'avois tant de génie!
Ah! mon habit, que je vous remercie!

C'est vous qui me valez cela!
De complimens, bons pour une Maîtresse,

Un Petit maître m'accabla

Et pour m'exprimer sa tendresse
Dans ses propos guindés, me dit tout Angola.

Ce Poupart à simple tonsure,

Qui

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Qui ne fonge qu'a vivre, et ne vit que pour loi;

Sebaine.
Oublia quelque tems son rabat, la figure

Pour ne l'occuper que de moi.
Ce Marquis, autrefois mon ami de collége,
Me reconnût enfin, et du premier coup d'oeil

Il n'accorda par privilége
Un tendre embraslement, qu’approuvoit son orgueil,
Ce qu'une liaison dès l'enfance établie,
Ma probité des moeurs que rien ne dérégla,

N'eussent obtenu de ma vie

Votre aspect seul me l'attira
Ah! mon habit, que je vous remercie !
C'est vous qui me valez cela!
Mais ma surprise fut extrême:
Je m'apperçûs que sur moi-même
Le charme fans doute opéroit.

J'entrois jadis d'un air discret;
Ensuite suspendu sur le bord de ma chaise,
J'ecoutois en silence, et ne me permettois

Le moindre Si, le moindre Mais;
Avec moi tout le monde étoit fort à son aise

Et moi je ne l'etois jamais;
Un rien auroit pû me confondre
Un regard, tout m'etoit fatal;
Je ne parlois que pour répondre;

Je parlois bas, je parlois mal.
Un fot Provincial arrivé par le coche,
Eût été moins que moi tourmenté dans sa peau;

Je me mouchois presqu'au bord de ma poche

J'eternuois dans mon chapeau;
On pouvoit me priver, fans aucune indécence,

De ce falut que l'usage introduit

Il n'en coûtoit de révérence -
Qu'à quelqu'un trompé par le bruit:

Mais à prelént, mon cher habit
Tout est de mon ressort, les airs, la suffisance,
Et ces tons décidés qu'on prend pour de l'aisance

Deviennent mes tons favoris:
Elt-ce ma faute, à moi, puisqu'ils sont applaudis ?

Dieu ! quel bonheur pour moi, pour cette étoffe,

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Beisp. Samml. 3. B.

De

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