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l'opération. Il n'y a pas, à cet égard, d'opération autoplastique qui donne des résultats immédiats plus parfaits et plus rapides.

CHIMIE ET PHARMACIE.

Pâte pectorale «ans gomme arabique.

Par Jï. Stanistas Iuhtib.

Certaines personnes ont une si grande répulsion pour la gomme arabique, qu'elles ne peuvent manger les pâtes médicamenteuses dont elle est la base. On peut obvier à cet inconvénient en leur faisant le bonbon dont voici la formule:

Amidon réduit en poudre 30 grammes.

Eau froide 50 grammes.

Mêlez, chauffée de manière à obtenir un mucilage compact.

Versez cet empois dans une bassine plate, ajoutez-y 150 grammes de 6ucre blanc fondu dans 250 grammes d'eau; chauffez à feu nu, en agitant vivement, continuez à battre le mélange jusqu'à ce qu'en appliquant la spatule sur le dos de la main, la pâte n'y adhère pas ; on aromatise fortement avec de l'alcoolat de citron, d'oranges, de cédrat, ou avec du sucre vanillé, de l'eau distillée de fleurs d'oranger ou de feuilles de laurier-cerise, on peut remplacer tous ces aromates par une forte décoction de baume de Tolu. Si pendant cette opération la pâte prend un aspect grumeleux, on y ajoute un peud'eau, elle redevient lisse et homogène; on coule cette pâte dans des moules en fer-blanc, on l'y étale au moyen d'une spatule; lorsqu'elle est presque froide, ou la coupe en petits morceaux carrés qu'on roule dans du sucre en poudre grossière, ce sucre y adhère et imite une cristallisation.

L'amidon jouit de propriétés analeptiques, émollientes et calmantes; ce bonbon a un très-joli aspect et est d'un goût agréable; les malades l'acceptent avec plaisir. On peut le colorer en rose avec un peu de carmin; si on désire lui donner des propriétés plus actives, on lui ajoute les extraits, les teintures ou les poudres qui entrent dans lés pâtes dites pectorales calmantes, bachiques, incisives ou laxatives; la pâte à l'amidon sera toujours facile à reconnaître avec celle dans laquelle il entre de la gomme arabique, si toutefois on essayait à en faire une substitution. La pâte d'amidon, dissoute dans de l'eau distillée, se colore en bleu avec la teinture d'iode; la pâte faite avec la gomme précipite avec un sel de fer.

BIBLIOGRAPHIE.

Traité pratique de l'inflammation de l'utérus, par M. J.-H. Benhet;
traduit de l'anglais par M. Peter.

Le livre dont nous rendons compte aujourd'hui n'est pas un livre nouveau. La première édition fut publiée en 1845, etc'e6t la quatrième que M. Michel Peter a traduite en français. Ces éditions successives prouvent déjà que l'ouvrage de M. Bennet a été vivement apprécié des médecins anglais ; c'est donc un véritable service que M. Peter a rendu à la science et à la pratique en facilitant par la traduction la lecture de ce livre aux médecins français.

L'ouvrage est divisé en deux parties: dans la première, l'auteur étudie l'inflammation de l'utérus et des organes annexes; dans la deuxième, il recherche les rapports de l'inflammation utérine avec les autres états morbides de l'utérus, fonctionnels et anatomiques.

M. Bennët décrit d'abord sommairement l'appareil utérin et ses annexes. Nous n'avons rien à dire de ce chapitre, si ce n'est que le traducteur, dont un grand nombre de notes prouvent à chaque instant le bon sens pratique et l'érudition, aurait pu indiquer à propos de l'ovaire, les travaux si remarquables de M. Sappey, qui ont totalement bouleversé nos connaissances sur ce sujet.

M. Bennet fait jouer un très-grand rôle à l'inflammation dans la pathologie utérine. Il semble que presque toutes les lésions dérivent de ce point de départ. Il décrit d'abord la métrite aiguë, la métrite chronique et la métrite interne. Puis il ne consacre pas moins de cent trente pages à l'inflammation et l'ulcération du col de l'utérus.

Deux chapitres nous ont vivement frappé : c'est l'inflammation et l'ulcération du col utérin chez les vierges, et les mêmes lésions pendant la grossesse. On peut dire que ces deux chapitres appartiennent à peu près en propre à l'auteur.

Les lésions du col de la matrice sont évidemment beaucoup plus fréquentes chez les femmes qui ont eu des enfants ; elles existent cependant chez les jeunes filles vierges, causent de notables dérangements dans la santé générale et nécessitent une intervention active. Jusqu'aux travaux de Bennet, les auteurs les plus éclairés sur ces questions ue parlaient de ce fait qu'avec une certaine hésitation. On ne saurait plus en conserver aujourd'hui, après la description si nette de l'auteur. Il existe bien chez les vierges des ulcérations du col de l'utérus qui ne disparaissent pas spontanément; elles se reconnaissent à un ensemble de signes caractéristiques suivant l'auteur: douleurs dans le ventre, les lombes, les cuisses, pesanteur dans le bassin, quelquefois abaissement de la matrice ; écoulement glaireux et purulent par le vagin, règles difficiles et extrêmement douloureuses, extrême faiblesse de la malade, troubles digestifs, insomnie, phénomènes hystériques et même paralytiques. En présence de ces troubles fonctionnels, il faut constater l'état physique du col. Pour y arriver, une dilatation lente et graduelle de l'hymen suffit le plus souvent; si cette membrane était dure et résistante, M. Bennet conseille de l'inciser, et le doigt reconnaît alors que le col est tuméfié, que son orifice, plus ou moins ouvert, donne la sensation du velours; il introduit ensuite avec beaucoup de ménagements un petit spéculum construit ad hoc; et constate de visu ce ce qu'il n'avait fait que soupçonner. Le traitement ne diffère pas de celui qu'on applique aux ulcérations des femmes mariées. Nous croyons devoir citer ce passage de l'ouvrage:

« En jetant un regard rétrospectif sur ce chapitre écrit depuis tant d'années déjà, c'est pour moi un sujet de vive satisfaction de voir que je n'ai rien à y changer, et qu'il me faut y ajouter peu de chose. Cependant l'inflammation chez les vierges, bien qu'elle soit une forme exceptionnelle de la maladie, a été l'objet constant de mon observation et de mon étude; d'ailleurs, l'énorme responsabilité qui pèse en pareil cas sur les médecins en a conduit un grand nombre à faire appel à mon expérience. Or, le surcroît de renseignements que j'ai ainsi obtenus a pleinement justifié tous les faits que j'avais autrefois avancés. Les années écoulées m'ont démontré que peu de conquêtes scientifiques ont plus fait pour le bien-être des femmes que ce travail sur la métrite du col chez les vierges, bien qu'il m'ait valu plus d'un sanglant reproche de la part de mes confrères. »

L'ulcération du col pendant la grossesse est encore un point trèsintéressant que met bien en lumière l'ouvrage de M. Bennet. Elle donne souvent lieu à des hémorrhagies qui ont pu en imposer, suivant l'auteur, pour les règles survenant malgré l'état de grossesse. Cette opinion nous paraît trop exclusive, car des hommes expérimentés, tels que MM. P. Dubois, Tarnier, disent avoir observé pendant la grossesse un écoulement de sang périodique, qui venait bien de la cavité utérine. Un des symptômes les plus communs et les plus redoutables de ces ulcérations sont les vomissements incoercibles qui signalent habituellement les premiers temps de la grossesse. Ces ulcérations qui, lorsqu'elles existent, s'opposent ordinairement à la conception, sont pour les femmes enceintes une cause fréquente d'avortement. Lorsque la grossesse suit sa marche habituelle, les malades sont plus exposées à la métro-peritonite et aux accidents qui suivent parfois l'accouchement, Il est donc nécessaire d'appliqner promptement à cette maladie un traitemeut approprié, l'usage du spéculum n'étant nullement à craindre pendant la grossesse, suivant l'auteur.

Ces deux chapitres très-intéressants sont accompagnés d'observations détaillées et fort concluantes, pour étayer les opinions.

Un chapitre est consacré aux phlegmons du ligament large. Et sous ce nom M. Bennet décrit l'inflammation du tissu cellulaire situé entre les deux feuillets du ligament. Il ne s'occupe pas des travaux nombreux qui ont été faits en France dans ces dernières années sur ce sujet important; mais c'est une lacune qu'a comblée le traducteur. Dans une note succincte et néanmoins complète, M. Peter rappelle les opinions de MM. Nonat, Bernutz et Goupil, et Aran.

M. Nonat a appelé l'attention non-seulement sur la phlegmasie du tissu cellulaire des ligaments larges, mais encore sur celle du tissu cellulaire qui environne de toutes parts l'utérus, et il l'a désignée sous le nom de plegmon péri-utérin. Suivant le point enflammé, il a décrit : le plegn.on latéral (droit ou gauche); le phlegmon des ligaments larges; les phlegmons rétro-utérin, anté-utérin et péri-rectal. Ces phlegmasies, le plus souvent chroniques, seraient surtout caractérisées par la présence d'une tumeur de forme, de volume, de rapports variables suivant le point affecté. A la surface de ces tumeurs rampent des vaisseaux artériels volumineux.

Pour M. Nonat, en définitive, la plupart des lésions chroniques que l'on rencontre dans i'utérus et ses annexes auraient pour point de départ l'inflammation du tissu cellulaire.

Cette doctrine a été rejetée complétement par MM. Bernutz et Goupil, qui ont expliqué tous ces mêmes cas par une péritonite du bassin, et la tumeur caractéristique par les adhérences des viscères pelviens réunis entre eux.

Enfin, Aran émit une opinion mixte, et conclut de ses recherches que les petites tumeurs péri-utérines résidaient dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, tandis que les tumeurs volumineuses étaient le résultat d'une pelvi-péritonite.

Quoi qu'il en Boit, ainsi que le fait fort bien remarquer M. Peter, les auteurs sont d'accord sur ce point : l'existence d'un travail inflammatoire; c'est donc ce travail qu'il faut combattre.

Un chapitre des plus intéressants est consacré à l'étude des déviations utérines. L'auteur professe à cet endroit une opinion trèstranchée. La plupart des déviations ne sont que des épiphénomènes secondaires, et les troubles locaux et généraux qu'éprouvent alors les malades, sont le résultat de l'inflammation et non des déviations. Il en résulte une conséquence capitale pour le traitement, c'est que Bennet rejette à peu près complétement tous les moyens mécaniques proposés par Simpson et autres pour corriger ces déviations. Il conclut en ces termes:

Les déplacements de l'utérus ne réclament, dans l'immense majorité des cas, aucun traitement mécanique spécial, pourvu que les conditions morbides qui les ont produits soient reconnues et traitées; 2° que dans les cas extrêmes d'antéversion et de rétroversion, dans lesquels il serait véritablement à désirer de redresser l'utérus par des agents mécaniques, le pessaire intra-utérin, quand il est supporté, rend peu de services si tant est qu'il en rende, car le déplacement reparaît aussitôt que l'instrument est retiré; 3° que dans le prolapsus complet, les bandages vulvaires constituent les moyens de contention les plus facilement tolérés et les plus efficaces, combinés parfois à un bandage abdominal, destiné à faire disparaître la pression exercée par les intestins.

J'aurais encore à signaler bon nombre de chapitres dans l'ouvrage de M. Bennet; mais ce qui précède suffit pour en faire comprendre toute l'importance.

Ce qui préoccupe évidemment l'auteur, c'est l'inflammation de l'utérus, qui, pour lui, joue un rôle capital dans la production des accidents qu'occasionnent toutes les autres lésions de l'appareil utérin. Par exemple, un polype fibreux s'accompagne-t-il de phénomènes morbides, c'est l'inflammation qu'il en rend responsable. Le livre de M. Bennet est surtout remarquable par le côté pratique. C'est évidemment un homme qui a beaucoup vu, bien vu, et qui a appliqué à l'étude des maladies utérines une sagacité et un bon sens rares. Le meilleur éloge que nous puissions faire de la traduction, c'est que la lecture de l'ouvrage est très-facile, on est pris souvent à oublier que ce n'est qu'une traduction, tant M. Peter a su rendre le texte avec clarté et intelligence.

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