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tre des affaires étrangères aurait demandé, pour des armements, un crédit qui aurait été refusé à la suite de ma résistance. Dans tout cela encore, il n'y a pas un mot de vrai. Je dois donner la même réponse si l'on m'adresse la question - qui renferme déjà un doute - de savoir si nous pouvons nous fier à ce que nos alliés feront ce que nous sommes autorisés d'allendre de leur part.

Quand nous voyons que l'on dit, tantôt sous telle forme, tanlot sous lelle autre forme, que nous devons faire attenlion, car notre confiance envers nos alliés sera trompée, et que, ensuile, on dit à nos alliés de faire atlention, car ils se tromperont en nous; quand on colporte des bruits disant tantôt que nous tendons à une entente séparée et lantôt que c'est l'un ou l'autre de nos alliés qui y icnd, il est impossible de ne pas comprendre que quelqu'un est intéressé à ce que cela fât vrai, afin de troubler la ligue de la paix, ou d'ébranler la confiance muluelle de ses membres et de créer dans les peuples me inquiétude engourdissante,

En présence de ces bruils il y a un fait : c'est qu'il n'y a pas la moindre raison pour que quiconque puisse douter de la bonne foi mutuelle des puissances qui se sont alliées pour le maintien de la paix et dans l'intérêt de leur propre sécurité. (Viss applaudissements.)

Le fait que la Russie opère un déplacement radical de ses troupes et les porle vers TOccident, est suffisamment connu, de même que le fait que ce projet existant depuis un temps plus long a élé récemment exécuté dans uno mesure plus large vers les frontières de notre monarchie. (Ecoutez!)

En raison de ce fait, mais sans vouloir douter le moins du monde des bonnes inlenlions et des déclaralions pacifiques de S. M. l'Empereur de Russie et acceplant - en tant que le permet la précaution nécessaire à notre sécurité

- les explications russes qui contestent toute intention belliqueuse de ces mouvements ; il est de notre devoir de prendre des mesures et de faire tout en nous abslenant de tout ce qui pourrait paraitre comme une provocation -- ce qui est nécessaire pour la sécurité de nos frontières et pour que notre armée soit toujours prêle à l'action.

Les tendances et les principes de notre politique étrangère sont connus par Jes peuples de la monarchie et par tout le monde. Je me suis prononcé làdessus. M. le nuinistre des affaires élraugères l'a fait aussi. Chacun sait que nous ne désirons rien pour nous, que nous ne voulons point étendre nolre influence à l'encontre des traités et moins encore reculer nos frontières d'une façon quelconque, comme on nous l'impule d'une façon mensongère. Restant sur la base des traités internationaux, nous désirons avant tout le maintien de la pair et, dans l'intérêt de la paix, nous serons loujours prêts à coucourir, de concert avec les autres puissances européennes, dans un esprit pacilique, au maintien d'un état de clioses conforme aux traités.

Je puis seulement répéler, ce qui a été dit par les gouvernements à plusieurs reprises, que l'Alliance des puissances de l'Europe Centrale n'a jamais été autre chose qu'une ligue de paix ólablie sur une base purement défonsive et qu'elle est parlant aussi loin de la solution violente de certaines questions poliliques que de toute agression.

Et comme on a manifesté en Russie, par la bouche la plus autorisée, les intentions les plus pacifiques; nous pouvons -- tout en sauvegardant en même temps les intérêts vitaux de la monarchie - baser sur ce fait l'espoir que - en dépit de certains éléments qui poussent vers la scission et la guerre - les souverains et les gouvernements pacifiques réussiront à maintenir la paix et à délivrer l'Europe du sentiment d'incertitude qui pèse sur elle avec tant de poids. (Vifs applaudissements unanimes.)

M. Helfy se déclare entièrement satisfait par la réponse et tient seulement à déclarer que la Hongrie est loin de vouloir chercher une revanche pour Világos, qu'elle veut seulement sauvegarder la liberté des peuples orientaux.

M. Perczel se déclare content si le but désintéressé de notre politique peut être obtenu par des moyens pacifiques.

La Chambre prend acte des déclarations de M. de Tisza.

ESPAGNE Dans la séance de la Chambre des Députés du 28 janvier, à propos de la discussion de l'Adresse, M. Moret, ministre des affaires étrangères, traite de la polilique extérieure du cabinet Sagasla. Il nie l'envoi au Maroc d'une armée de 25,000 hommes, lors des derniers événemenls. On s'est borné à envoyer un régiment pour protéger les forteresses contre loute évenlualité.

Abordant la conférence de Madrid, il en démontre toute l'utilité, car pour obtenir des concessions du Sullan, il faut modifier le système de protection envers les Marocains.

Quant à la création des ambassades, M. Moret démontre que le gouverncment n'a pas cherché simplement une vaine satisfaction. Il fait l'éloge de la France qui a toujours conservé une ambassade à Madrid. Le ministre traite ensuite la question des colonies, celle d'un port dans la mer Rouge et celle de l'impôt sur l'alcool. II annonce le projet relatif à la célébration en Europe du qualcième cenlenaire de la découverle de l'Amérique par une fête hispanoaméricaine. Il termine par un éloge du cabinet Sagasta, qui, par la reconstitution de la marine et le relèvement du crédil national, a conquis les sympathies de l'Europe.

Dans la séance du 31 janvier, en réponse à M. Canovas, M. Moret revient sur plusieurs points. Au sujet de la quslion du Maroc, il dit que le gouvernement désire en celle circonstance conquérir la confiance des puissances, et qu'il agira dans ce but avec la plus grande loyanté.

M. Moret montre l'utilité de l'acquisition du territoire cédé par l'Italie sur la côte de la mer Rouge. En cas de guerre, il aurait été très difficile aux baliments espagnols de se procurer du charbon; grâce à ce territoire, où on élablira un dépot, le danger disparait.

Au sujet de l'acquisition par l'Espagne d'une stalion dans la baie d'Assab. voici les renseignements donnés par un journal ilalien, la Riforma :

En arrivant au pouvoir, M. Crispi a trouvé cette affaire engagée par M. Depretis. L'Espagne désirait posséder un point de la côte de la mer "Rouge comme slation militaire et dépôt de charbon. Il n'y avait pas de motifs de rompre les négociations, eu égard au caractère de la demande et aux bons rapports existants entre l'Espagne et l'Italie. En se réglant sur ce qui s'est fait entre l'Allemagne et l'Espagne pour Fernando-Po, il a été convenu que le gouvernement italien concédait à l'Espagne pour quinze ans, sauf à prolonger cette convention indéfiniment, à moins de dénonciation un an d'avance, un territoire dans la baie d'Assab où il y a une rade pouvant offrir un mouillago pour deux ou trois vaisseaux ; que celle concession ne diminucra pas la souveraineté de l'Italie sur les territoires cités ; que, en cas de guerre entre l'Italie et n'importe quelle autre puissance, l'Ilalie restera sujetle à toutes les garanties adınises par les droits internationaux.

L'Ilalie ne renonce pas à se servir de celle station dans un but militaire. Elle se réserve d'empêcher les autres Etats de s'en servir à son détriment.

FRANCE Les relations commerciales avec l'Italie. En vertu d'un accord signé à Rome, le 29 décembre 1887, le traité de commerce conclu, le 3 novembre 1881, entre la France et l'Italic, a été prorogé jusqu'au 1er mars prochain.

(Nole insérée au Journal officiel du 1er janvier.)

Les relations commerciales avec la Roumanie. Il résulte d’un accord survenu, le 2 janvier, entre la France et la Roumanie, que le régime commercial provisoire, actuellement existant, est prorogé jusqu'au 1er juillet 1888. Par suite, le bénéfice du tarif conventionnel roumain continue d'être garanti à tous les produits français.

(Note insérée au Journal officiel du 13 janvier.)

Au commencement de janvier, le Gouvernement a fait distribuer aux Chambres deux Livres jaunes, relatifs l'un au Canul de Suez, l'autre aux Nouvelles. Hebrides. Nous avons déjà publié le texte des conventions auxquelles se réfèrent ces publications (V. Archives, 1887, IV, p. 327 ct s.); nous donnerons prochainement la correspondance diplomalique. •

TUNISIE A l'occasion du fer janvier, le ministre résident, M. Massicault, a adressé à la colonie française un discours dont nous reproduisons la plus grande partie, parce qu'il contient un exposé des vues de l'administration en ce qui concerne les mesures à prendre dans le pays :

Je remercic la colonie française d'être venue en si grand nombre apporter au représentant de la France ses souhaits et ses encouragements. Je remercie la chambre de commerce et son président des sentiments qu'ils ont bien voulu m'exprimer et dont je suis très touché. Je reprends volontiers, messieurs, pour dire ce que j'en pense, la série des veux que vous venez de formuler.

Vous avez demandé, avant toutes choses, que les produits tunisiens entrent en France comme s'ils y arrivaient d'une terre française. Cette proposition, avec l'aide du gouvernement, ne tardera pas, je le crois, à être faile aux Chambres, et vous avez lieu de compter que le Parlement, qui vous connait, rallachera la Tunisie à la nation protectrice par les liens nécessaires des intérêts économiques.

Vous demandez que la juridiction de nos magistrats dans ce pays soit étendue, qu'il soit créé des tribunaux et une cour d'appel ; déjà il a été constitué des juslices de paix dans les circonscriptions de contrôle civil, et un décret du fir décembre a décidé l'établissement d'un tribunal à Sousse (1). Je suppose que le projet de loi dolant Tunis d'une cour d'appel sera bientôt soumis à la sanction législative, et ajusi notre organisation législative serait complèle, sa compétence s'accroitrait ensuite autant que de besoin. Vous demandez la réforme monétaire et une Banque d'Etat qui fassent disparaitre l'usure et abaissent le prix de l'argent; l'étude locale de ces questions est terminée et le gouvernemeut de la République est en voie de les résoudre.

Enfio, vous avez demandé la réduction graduelle de nos taxes de sortie, le remaniement de plusieurs impôts, des travaux publics, la modification du régime de vente des biens habbous; je rappelle qu'il y a cinq ans le produit

(1) V. ce décret dans le Journal officiel du 5 janvier 1888,

des taxes dont vous parlez atteignait 3,500,000 piastres et qu'il est prévu seule· ment, pour l'exercice en cours, à 2,000,000 de piastres ; ces dégrèvements seront continués. Depuis un an, nous avons abaissé de 50 0/0 les droits d'exportation sur les animaux et opéré sur les malsoulals des diminutions que nous n'eslimons pas à moins de cinq cent mille piastres. Les charges de l'immatriculation immobilière ont été réduiles de plus d'un liers.

Nous projetons d'autres réformes ; par exemple, après avoir affranchi du monopole l'exploitation de l'alfa, nous allons diminuer les taxes qui la frappent. Quant aux travaux publics, ils sont en pleine activité.

Les travaux préliminaires du port de Tunis sont commencés ; l'adjudication est donnée ou le sera à bref délai pour l'amenée d'eaux potables à Kairouan, Le Kef, Souk-el-Arba, Teboursouk et Djemmal ; pour la construction de marchés couverts à Souk-el-Arba, Béjà, Kairouan ; pour l'achèvement de la roule de Monastir à Sousse, et de celle de Tunis à Bizerle; pour les parcelles de routes ou chemins entre Souk-el-Arba et Le Kef, Tunis et Zaghouan ; à Ain Draham et Tabarka, Monaslir et Mehdia ; la banlieue de Sfax, Sousse et Tunis ; l'éclairage des côtes s'effectuera en partie celle année.

Nous faisons éludier par la Compagnie de Bône à Guelma le tracé d'un premier réseau de chemin de fer économique d'environ 400 kilomètres, et je puis annoncer que le railway Decauville, posé par le génie militaire entre Sousse et Kairouan, va elre cédé au gouvernement tunisieii, qui le remettra à la Compagnie de Bône à Guelma, (hirgie de l'améliorer el d'en faire un service public.

Les écoles, objet parliculier de notre sollicitude, car elles sont la garantie de l'influence de notre civilisation sur les indigènes, augmentent en nombre et sont très fréquentées. Les finances, bien ménagées, sont dans un état satisfa:sant. Le laboratoire de chimie agricole et industrielle, l'inspection de l'agriculture et de la viticulture nous seront de précicax auxiliaires; le laboraloire a eu, dès son début, une clientèle considérable. L'inspection de l'agriculture organisera, avec la coopération des colons réunis en syndicat, le premier concours régional agricole et hippique qui aura élé tenu dans la régence,

De son côté, la vic communale se développe ; la municipalité de Tunis a préparé un ensemble de travaux qui font une juste part à l'indispensable et å ce qui doit être l'ornement d'une capilale. J'ajoute que, dans toute la régence, les colonies européennes et les populalions indigènes ressentent les bienfaits du protectoral, respectent le gouvernament et se conforment aux lois,

Messieurs, j'ai jelé très à la hâte ce coup d'ail sur notre situation et sur nos espérances. L'accord de vucs et de sentiments est complet entre les diverses autorités françaises de la régence, de l'armée, de la magistrature, de l'adminisnistration. Tous cnsemble, nous lravaillons ; nous agissons d'un même esprit, d'un même cour, séduits par la grandeur et les altraits de notre tâche, n'ayant qu'une préoccupation et l'ayant ardomment : celle d'honorer la France en servant bien les intérêts de ses enfants et de la Tunisie.

Le Journal officiel tunisien public le tableau du mouvement commercial de la France avec la Tunisie pendant l'année 1887. Les importations de Tunisie en France se sont élevées à 11,046,374 fr., dont 7,606,335 fr. de numéraire. Les principaux articles sortis des ports de la Régence à destination de France sont les éponges, les laines et déchets de laine, l'huile d'olive, les peaux

Les exportations de France en Tunisie se sont élevées à la scmme de 14,092,234 fr., dont 661,940 fr. de numéraire. Les principaux articles sont, par ordre d'importance, les peaux préparées, vins, soies écrucs grèges, sucres, vête. ments, lissus, outils et ouvrages en métaus, etc.

L'Archipel des Wallis. Le capitaine de vaisseau commandant le Decrès a visité récemment l'archipel des Wallis, sur lequel le protectorat de la France a été établi l'année dernière,

et a fourni à l'administration des colonies d'intéressantes indications sur l'état politique et social de ce groupe d'iles.

Le gouvernement des iles Wallis est un gouvernement absolu. La reine Amélia en est le chef incontesté, et ses volontés sont toujours strictement exécutées dans les différents villages.

Chacun de ces villages est administré par un chef issu d'une famille noble du pays, et, depuis de longues années, la reine n'a jamais eu à sévir contre ces administrateurs respectueux et obéissants. On s'accorde, d'ailleurs, à dire que si le caractère de la souveraine est auloritaire, il est également judicieux, et qu'elle n'édicle que des arrels réellement avantageux pour le bien être de ses sujets.

Le travail de la lerre est en bonneur dans la population; la cullure du cocotier, de l'igname et du taro est encouragée par la reine Amélia, aidée des conseils des maristes, qui, établis depuis 1837 dans l'archipel, y ont acquis une grande influeuce.

La reine Amélia est âgée d'environ soixante-dix aus; mais elle parait encore vigoureuse et on ne parle pas dans l'archipel de son successeur probable au trồoc. D'après les traditions locales, trois familles doivent fournir à tour de rôle le roi des iles Wallis.

Les registres de l'élal-civil sont tenus avec soin par les maristes. Tous les habitants savent, dit-on, lire et écrire. Ils ne connaissent pas encore la valeur de l'argent et payent toutes leurs transactions en nature. On exportera cette année près de 600 tonneaux de coprah.

La propriété existe aux Wallis; la reine possède une grande partie de la terre, mais ses sujets peuvent acquérir et disposer à leur guise des produits de leur travail.

Il parait n'y avoir pas d'autre impôt que celui de la corvée; c'est par les corvées ordonnées par la reine qu'ont été percées les routes, presque toutes carrossables, qui sillonnent l'intérieur de l'ile, ainsi que le chemin circulaire qui borde le rivage.

La population est aujourd'hui de plus de 5,000 âmes. Elle est tout entière callolique.

(Nole insérée au Journal officiel du 22 janvier.)

GRANDE-BRETAGNE Il s'est tenu à Londres, dans le courant de décembre, une Conférence internationale dans le but de régler la question des sucres. Les délégués ont signé un protocole établissant qu'ils sont arrivés à se mettre d'accord sur les principes qui devront être dorénavant appliqués dans les Etats représentés. Voici les principes :

10 Adoption de mesures constituant'une garantie absolue qu'il ne sera pas accordé de primes, avouées ou déguisées, sur l'exportation des sucres;

2° Adoption d'un système de la taxation des quantitées de sucre fabriquées et destinées à la consommation. Les fabriques de glucoses et celles qui procèdent à l'extraction du sucre des mélasses seront soumises au même traitement que les sucreries;

3• La Belgique ne se trouvant pas dans les mêmes conditions que les autres Elals en ce qui concerne l'application du système de taxation des quantités de sucre produites, le système actuellement en vigucur dans ce royaume sera maintenu sous réserve de certaines modifications;

4° Les Etals, colonies ou possessions non compris parmi les hautes parties contractantes, mais qui, bien que n'adoptant pas le système mentionné à l'article 2, n'ont pas de taxes sur les sucres, ou qui s'engagent à ne pas permettre de drawbacks, remboursements ou réductions de droits sur les sucres bruts ou raffinés qui sont exportés, seront admis à signer la convention;

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