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le sud de la Tunisie, qui ont coûlé un million, l'ont été aux frais du gouvernoment tunisien.

« La dotation de l'enseignement public a été accrue de 107.000 piastres, soit environ un cinquième, pour la création de nouvelles écoles; celle des travaux publics, de 1,200,000 piastres profitant aux roules et ponts et aux études de chemins de fer. »

Je cile ces fails, messieurs, qui sont éclatants, qui sont heureux, en réponse aux plaintes véritablement trop désespérées qu'a apportées ici l'honorable M. Delafosse.

Maintenant, je conviens qu'il y a un point sur lequel les réclamations de la Tunisie peuvent et doivent être accueillies par le Parlement. Cela dépend do vous, messieurs. Le régime douanier actuel de la Tunisie ne peut pas être plus Jonglemps toléré.

Il n'est pas admissible, d'une part, que les produits tunisiens entrent en France aux droits du tarif général et payent des droits plus élevés que les produits italiens.

Et, d'autre part, il est, permettez-moi de le dire, tout-à-fait ridicule d'avoir un régime douanier constitué de telle sorte que, si les céréales tunisiennes, dégagées de tout droit d'exportation, pénètrent en Algérie, sur la terre française, par la voic de terre, elles ne payent pas de droits, tandis qu'elles sont assujetties, au contraire, aux droils du tarif général si c'est par la voie de mer qu'elles y arrivent. * Telle est, en effet, la situation singulière qui résulte de la coexistence du tarif général avec une disposition de la loi de 1867 sur le régime commercial de l'Algérie, qui assure aux provenances de la Régence, arrivant par voie de terre, la pleine franchise de tous droits,

il y a là quelque chose qui ne peut durer, et j'espère que les protecteurs les plus résolus de l'agriculture française, nous aideront à faire cesser ces anoma. lies, quand M. le ministre des affaires étrangères, comme il nous en a donné l'espérance — et je serais heureux qu'il voulat bien confirmer celte promesse à la tribune, - aura déposé sur le bureau de la Chambre le projet de loi tendant à accorder aux produits tunisiens, l'entrée en franchise sur toute terre française.

Moi, aussi, messieurs, je suis protectionniste, mais je n'admets pas les barrières intérieures entre des parties ou des dépendances de la même patrie; ct j'estime que celle-ci doit être supprimée,

M. Thomson. — Vous ne demandez pas à faire entrer les produits tunisiens en franchise dans la métropole, tant que les produits français continueront à parer des droits très élevés à leur entrée en Tunisie, n'est-ce pas ?

M. Jules Ferry. – Nous discuterons cela plus tard, je ne fais en ce moment que poser la question.

Vous ne redoutez pas, messieurs, pour l'agriculture française, la concurrence d'un certain nombre d'hectolitres de blé dur, que notre agriculture ne produit presque pas, et que l'Italie fournit présentement aux grandes industries françaises, qui ne peuvent s'en procurer à aucun prix.

Cela, messieurs, vous pouvez le faire pour la Tunisie; les autres questions, les questions de travaux publics, les questions de réformes fiscales, je vous en prie, laissez-les au protectorat !

On nous parle souvent, et avec raison, à propos des colonies – et dans la discussion sur le protectorat de l'Indo-Chine, on nous les vantait tout récemment encore des avantages et des bienfaits du régime de l'autonomie, Eh bien ! soyons autonomes pour la Tunisie. Laissons au protectorat tunisien son autonomie, laissons lui décider s'il convient d'employer les excédents budgétaires à faire un port à Tunis ou à continuer des routes dans la Régence. Ce sont des questions qu'il ne faut pas porter devant le Parlement français. Il ne faut apporter ici que les graves questions économiques que je posais tout à l'heure et que vous résoudrez, je n'en doute pas, pour le plus grand bien de la colonie, et par conséquent pour le plus grand bien de la mère-patrie. (Vifs applaudissements au centre).

M. le président. - La parole est à M. le ministres des affaires étrangères.

M. le ministre des affaires étrangères. - Messieurs, au moment où l'honorable M. Jules Ferry m'a précédé à cette tribune, j'allais effectivement annoncer à la Chambre que le Gouvernement sc proposait de la saisir, aussitôt après la discussion du budget, d'un projet de loi ayant pour but de régler sur de nouvelles bases les rapports douaniers entre la France et la Tunisie. Comme les deus orateurs qui se sont tout à l'heure expliqués à cette tribune, le Gouvernement reconnait qu'il y a encore à faire, et beaucoup à faire pour que nolre protectorat en Tunisie se justifie par les résultats qu'il doit produire.

Mais, messieurs, comme cela vous a été exposé tout à l'heure, il faut dans celto question procéder avec prudence et modération. Si nous nous engagions dans la voie où I honorable M. Delafosse, avec l'ardeur d'un néophyte (Rires), nous proposait d'entrer tout à l'heure, la Tunisie aurait bion vite cessé de mériter les éloges qu'il lui attribuait lui-même. Il ne faut pas oublier, en effet, que la Tunisic n'a obtenu grâce devant ce juge sévère des protectorals, que parce qu'elle a loujours été trés réservée, très modeste dans ses demandes, qu'elle s'est toujours abstenue autant que possible de recourir aux ressources de la métropole.

Si elle a obtenu grâce, c'est qu'elle a mieux ainé retarder l'applicalion du progrès chez elle que de le réaliser au moyen d'emprunts aux ressources de la France.

C'est dans cette voie que nous entendons persévérer, et pour que nous puissions continuer à la suivre, il faut que nous ne nous engagions pas en aveugles, que nous ne réalisions ces progrès, que nous ne les appliquions qu'au fur et à mesure de l'accroissement des ressources mêmes de la Régence,

Pour le moment, j'estime que la seule mesure que nous puissions demander au Parlement, c'est celle que j'exposais tout à l'heure, qui est relative aux modifications des relations douanières entre la France et la Tunisie. (Très bien! très bien !)

GRANDE-BRETAGNE
Le Parlement a été rouvört le 9 février.

Voici le texte du discours du trône :

Mylords et Messieurs, Je continue à recevoir de toutes les autres puissances des assurances cordialos de leurs sentiments amicaux, ainsi que de leur sincère désir de maintenir la paix universelle. Mes officiers, travaillant de concert avec ceux de l'empereur de Russie, ont terminé la démarcation de la frontière afghane, conformément aux clauses de la convention conclue l'année dernière.

J'espère que le travail qui a été ainsi achevé tendra à éloigner la possibilité de dissentiments entre les deux puissances, en ce qui concerne leurs possessions asiatiques, Animée du désir d'empêcher l'effusion du sang, j'ai envoyé une mission au roi d'Abyssinie, dans l'espoir de le dissuader d'entreprendre une guerre contre l'Italie. Je regrette profondément que mes efforts n'aient pas été couronnés de succès.

Les délibérations de la conférence réunie à Washington pour régler les questions de pêcheries qui ont surgi entre le gouvernement du Canada et les Etats-Unis continuent à progresser. Les négociations qui ont été commencées

en vue du règlement de la question du canal de Suez ont été menées à bonne fin en ce qui concerne les points contestés entre mon Gouvernement et la République française.

J'ai également conclu avec la République française une convention pour la protection de la vie et de la propriété dans le groupe des Nouvelles-Hébrides par l'entremise d'une commission navale mixte. Une conférence des délégués des puissances intéressées dans l'industrie du sucre a été convoquée à Londres l'automne dernier, en vue de mettre fin, si c'est possible, au système préjudiciable des primes; elle a réussi, au point de rendre prochaine la conclusion d'un arrangement satisfaisant.

Messieurs de la Chambre des communes, le budget destiné à assurer les services de cette année, qui sera déposé devant vous, a été établi en tenant dûment compte de l'économie. Il vous sera demandé d'allouer les fonds nécessaires à l'amélioration de la défense des ports et dépôts de charbon de mon empire, amélioration rendue nécessaire et urgente par les progrès de la science militaire.

Il vous sera demandé aussi de sanctionner les mesures à prendre pour la création d'une escadre destinée à protéger le commerce australasien, et dont les frais seront supportés en partie par les colonies elles-mêmes.

Mylords et Messieurs, Les mesures que vous avez votées pour le bien de l'Irlande, à la suite d'un pénible travail, pendant la dernière session, ont été exécutées avec soin durant la période qui s'est écoulée depuis.

Le résuliat de cette législation, autant qu'on a pu le constater par une courte expérience, a été satisfaisant. Les crimes agraires ont diminué et la puissance des complots par intimidation a sensiblement décru. Il vous sera soumis des mesures pour développer les ressources de l'Irlande et pour faciliter l'augmentation du nombre des propriétaires du sol.

Votre attention sera appelée sur les questions de gouvernement local en Angleterre, et des mesures vous seront proposées pour régler ces questions en commun avec les projets destinés à mettre en harmonie les finances locales et les finances impériales, ot à alléger les charges qui pèsent aujourd'hui sur les contribuables.

Les perspectives du commerce sont plus satisfaisantes que celles que j'ai pu mentionner depuis un grand nombre d'années, et je regrette de ne pouvoir signaler une amélioration correspondante dans la situation de l'agriculture. Je recommande les intérêts de cette importante industrie à toute votre sollicitude, dans l'espoir que l'on découvrira les moyens de la mettre en état de lutter plus efficacement contre les difficultés qu'elle a à surmonter.

Vous serez appelés à discuter des projets de lois tendant à rendre moins onéreux le transfert des terres ; à modifier la procédure employée pour percevoir les dimes ; à favoriser l'éducation technique; à empêcher les passedroits dans l'application des tarifs des compagnies de chemins de fer aux produits étrangers et indigènes ; à remédier aux abus dans la formation des compagnies à responsabilité limitée et à modifier la loi relative à la responsabilité des patrons en cas d'accidents.

Des mesures en vue d'améliorer la situation des universités écossaises ct de réglementer la police des bourgs en Ecosse vous seront soumises, ainsi que des propositions destinées à diminuer les frais des bils privés.

Dans ces efforts et dans tous les autres que vous pourrez faire en faveur du bien-être de mon peuple, je prie le Tout-Puissant de vous guider.

Questions de politique extérieure. CHAMBRE DES LORDS (Séance du 9 février). — Lord Salisbury prend la parole à propos de la discussion de l'adresse. Il croit, comme M. de Bismarck, au

maintien de la paix. La Russie n'a pas en vue une action immédiate, et elle s'en abstiendra soigneusement. Les communications faites par la Russie, à ce sujet, ont non seulement un caractère conciliant, mais sont aussi empreintes de franchise.

Lord Salisbury dit que l'Angleterre n'est pas dans la même situation que l'Allemagne en ce qui concerne les événements d'Orient. L'Angleterre y suit des traditions et une politique dont elle ne s'écartera pas. Elle adhérera à la cause qu'elle a toujours défendue en Orient. Le seul danger pour les intérêts de l'Angleterre serait une action aventureuse ou illégale de la Russie. Mais elle a la certitude que le Gouvernement russe n'a aucune action illégale de cette espèce en vue.

L'adresse en réponse au discours du trône a été adoptée, après ces déclarations du premier ministre.

Scance du 23 février. - Lord Stratheden appelle l'attention de la Chambre sur la correspondance diplomatique relative aux affaires bulgares.

Il demande communication de la correspondance ultérieure aux événements qui se sont passés dans la Turquie d'Europe.

Lord Salisbury prend la parole. ll commence par dire qu'à son avis le motif de la non publication est que la correspondance que possède le Gouvernement n'a pas un intérêt suffisant.

Il examinera toutefois si ello en a, et, dans ce cas, le cabinet la soumettra à la Chambre des lords.

Lord Salisbury dit qu'il est assuré que lord Stratheden n'attend pas d'explications détaillées sur les faits qui fixent en ce moment l'attention du Gouvernement

Lord Salisbury estime qu'il est peu équitable d'appliquer aux Bulgares les vues exposées par le prince de Bismarck lors du congrès de Berlin, à propos de leur conduite actuelle, et il ajoute qu'il ne lui parait guère plus équitable de dire que c'est à leurs agissements qu'est dû le mauvais fonctionnement de leurs institutions.

Tout considéré, poursuit lord Salisbury, les institutions bulgares fonctionnent plus ou moins bien, tout en admettant qu'au point de vue de la légalité elle présente des lacunes.

Je ne crois pas non plus, continue l'orateur, que co soit exclusivement la faute des Bulgares, le congrès de Berlin ayant stipulé l'assentiment unanime des puissances pour l'élection d'un prince de Bulgarie.

Il ne faut pas avoir une grande connaissance des affaires publiques pour savoir que l'accord unanime s'élablit toujours lorsqu'il n'y a aucune difficulté, mais que, dans le cas contraire, l'entente s'obtient avec peine.

Il faut donc réunir l'assentiment des scpt puissances,

L'orateur conclut de la que tous les efforts faits pour diriger la diplomalie, en prenant pour base ce qu'on appelle communément le concert européen, seront toujours voués à l'insuccès lorsqu'il y aura plusieurs personnes dont l'approbation sera importante à obtenir.

Cette approbation ne peut être obtenue que par l'application du principe de majorité, sinon il sera plus sage de ne pas demander l'assentiment des puissances.

En ce qui concerne les observations de lord Stratheden, que l'état actuel des affaires rend désirable la réunion d'une conférence, lord Salisbury ne veut pas y contredire.

En principe, il ne serait pas opposé à l'idée d'une conférence, mais il croit qu'en examinant les avantages qu'on peut en tirer, il faut faire une distinction entre les différentes sortes de conférences.

Une conférence, comme celle qui s'est tenue à Washington peut amener une entente quand il y a seulement deux, trois ou mème quatre personnes dont il faille obienir l'assentiment.

Une conférence semblable est généralement entreprise avec confiance, mais une conférence dans laquelle un grand nombre de puissances doivent se meitre d'accord, aboutit très rarement à un résultat satisfaisant, à moins toutefois que ces puissances ne se soient préalablement entendues sur l'objet principal de leurs délibérations.

Lord Salisbury ne croit donc pas qu'on doive presser la réunion d'une conférence tant qu'un état de choses pareil à celui qu'il vient de signaler continuera d'exister.

En outre, si on n'est pas en présence d'un très grand danger, une mesure aussi solennelle que celle d'une conférence est de nature à augmenter et à accentuer les divergences existantes et à rendre le danger plus grand qu'il ne l'était.

Un semblable moyen ne doit etre adopté qu'avec hésitation si l'on n'a pas l'espoir et la conviction presque certaine de s'entendre.

Lord Salisbury ne croit pas qu'en examinant les affaires au point de vue actuel, le désaccord bulgare soit de nature à amener un danger immédiat. Il espère qu'un échange de vues entre les puissances, grâce aux voies diplomatiques ordinaires, leur permettra de surmonter ies divergences qui existent entre elles.

Pour lui, il souscrit bien volontiers à l'opinion exprimée par le prince de Bismarck, dans son récent discours, que ce serait une honte pour l'Europe qu'une affaire aussi peu importante que celle du Gouvernement bulgare put déchainer la guerre.

CHAMBRE DES COMMUNES (Séance du 22 février). -- M. Labouchère a proposé un amendement exprimant le veu que la Chambre soit assurée qu'aucune correspondance n'a été échangée entre l'Angleterre et l'Italie, qui contienne des promesses constituant un pacte obligatoire pour le Gouvernement anglais acluel, en cas de guerre entre la République française et l'Italie. L'orateur demande que si, du moins, des assurances pareilles ont été échangées, elles soient communiquées aux Chambres.

On nous dit, ajoute M. Labouchère, qu'il n'y a aucun traité de conclu. Je n'ai jamais supposó qu'il y eut un traité : mais je désire savoir si une correspondance a été échangée entre l'Angleterre et les puissances étrangères.

wi. de Bismarck a intérêt à obtenir la conclusion d'alliances contre la France. C'est ainsi qu'il a obtenu la triple alliance. Il est douteux que celle alliance soit avantageuse pour l'Italie. Cela ne nous concerne pas; mais, dans les circonstances actuelles, l'italie peut être attaquée par la France.

Il est avéré que M. de Bismarck a fait appel à lord Saiisbury pour alléger les craintes de l'Italie et l'inviler à joindre son alliance aux précédentes; il est enfin possible que l'Angleterre se soit engagée à assister l'Italie dans sa défense contre une attaque française.

M. Labouchère déclare que ce n'est pas un devoir pour l'Angleterre de protéger les intérêts italiens dans la Méditerranée, et constate que le discours de l'amiral Ilcwelt et les paroles qui l'ont suivi ont naturellement excité en France certaines susceptibilités.

Je suis opposé, continue l'orateur, à toute intervention anglaise dans les affaires du continent. Il serait outrageant pour l'Angleterre, qu'une entenle půl rester secrèle. Le désir de la France de reprendre ses provinces est très légilime et a toutes mes sympathies. (Cris : Oh! oh!)

C'est mon avis, reprend M. Labouchère.

Je suis opposé à toule guerre où ne seraient pas directement impliqués les intérêts de l'Angleterre. Bien que je ne dósire pas voir la Bulgarie sous la domination de la Russie, je ne crois pas que nous ayons des intérêts suffisants pour intervenir dans cette affaire.

La politique étrangère de lord Salisbury est une politique insensée. Je suis

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