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sion du trône princier par la force se sont produites contrairement aux stipulations du traité de Berlin. C'est pourquoi le gouvernement impérial a déclaré déjà, à cette époque, qu'il n'avait pas l'intention de reconnaitre le prince comme le souverain légitime de la Bulgarie.

Il a essayé en même temps d'amener les autres cabinets à se prononcer dans le même sens.

En présence du désir exprimé actuellement de tous cotés pour mettre fin à la situation alarmante de l'heure présente, situation qui a principalement pour cause l'élat de choses équivoque existant en Bulgarie, le gouvernement impérial a considéré de son devoir de faire une nouvelle tentative pour provoquer de la part des puissances une explication sur l'inviolabilité des stipulations du traité, en ce qui concerne la Bulgarie, et sur la nécessité de ramener celle-ci à la légalité.

La suite naturelle de cette explication des puissances consiste à faire à Constantinople des représentations afin d'amener le Sultan à déclarer aux Bulgares que la personne qui porte actuellement le titre de prince n'est pas le souverain légal de la Bulgarie, mais simplement l'usurpateur du pouvoir.

De l'avis du gouvernement impérial, l'initiative de cette démarche appartient, sans aucun doute, au sultan, dont les droits de suzeraineté sont directement atteints par suite de l'état de choses illégal existant à Sofia.

Sans vouloir empiéter sur l'avenir et afin de couper court aux doutes de toute nature qui pourraient surgir sur son but et sur ses intentions, le gouvernement impérial ne juge nullement nécessaire de cacher la ligne de conduite qu'il est fermement résolu à poursuivre dans la question bulgare, dans le cas où disparaîtraient les raisons qui provoquent la continuation de la crise.

La Bulgarie doit son existence aux sacrifices et aux efforts de la Russie qui continue à suivre avec un intérêt sympathique les destinées de ce pays et à se préoccuper des épreuves auxquelles il est exposé.

Se tenant à l'écart de tout préjugé et de tout parti-pris, et, conséquemment, ne jugeant pas compatible avec sa dignité, de s'immiscer dans les conflits intérieurs du pays, le gouvernement impérial n'a garde également de songer à vouloir rendre qui que ce soit responsable du pays. Déjà l'aveu sincère des erreurs qui ont été commises serait, aux yeux du gouvernement impérial, le gage d'une évolution vers des tendances meilleures.

La Russie ne se préoccupe exclusivement que de l'intérêt de la Bulgarie et, après l'éloignement de l'usurpateur, elle n'attendra que la première déclaration sincère faite au nom de la nation bulgare, par l'organe de ses représentants, pour laisser tomber le passé dans l'oubli et pour veiller au rétablissement de rapports basés sur la confiance réciproque.

En cette affaire, le gouvernement impérial n'a garde non plus de vouloir porter la moindre atteinte à la liberté des Bulgares, liberté qui leur est assurée par les traités, en tout ce qui concerne les institutions intérieures du pays et son administration. Toutefois, le gouvernement impérial ne peut oublier que la Bulgarie doit surtout cette liberté à la Russie et que ce n'est pas à la suppression, mais à la défense des droits de la nation bulgare que s'applique directement notre influence.

Il serait seulement à souhaiter que les personnes qui sont appelées à conduire les destinées de ce peuple s'entendissent aussi, de leur côté, pour faire de ces droits un usage raisonnable.

Puissent les Bulgares apprendre enfin par l'expérience à se convaincre de la nécessité de renoncer à des aspirations et à des calculs personnels, et à unir leurs efforts en vue de faire naitre une situation régulière ! En ce cas, toute ingérence étrangère deviendrait inutile et superflue, et l'installation du futur prince se ferait sans obstacle, à l'abri des conditions stipulées par le traité.

Les considérations qui viennent d'être exposées ont guidé le gouvernement impérial dès le début de la crise bulgare et l'ont déterminé à décliner, de prime abord, toule idée de rétablir la légalité en Bulgarie sous les auspices de mesures violentes.

Toutefois, il va sans dire que, tant que l'usurpateur n'aura pas été éloigné de la Bulgarie, le gouvernement impérial persistera à considérer comme illégale la situation actuelle de ce pays et qu'il persévèrera dans cette conviction que la cessation de cet état de choses est le meilleur et le plus sûr moyen de garantir la paix générale.

SUISSE

Dans sa séance du 8 février, le Conseil fédéral a arrêté le texte de la lettre suivante qui a été adressée au gouvernement du canton de Zurich :

« Vous n'ignorez pas que notre département de justice et police, dont l'attention avait été attirée par les révélations de certains journaux, a demandé à votre direction de police s'il était exact que le capitaine de police Fischer eût fait aux députés allemands Bebel et Singer des communications au sujet des résultats de l'enquète ouverte contre llaupt et Schræder (1). Le rapport demandé a été mis à la poste le 27 janvier et se trouve entre nos inains. Nous sommes également en possession de votre réponse à l'invilation, que nous vous avions adressée ensuite des faits qui se sont passés le 28 janvier au sein du parlement allemand, de compléter ce rapport préalable de votre direction de police, avec les pièces à l'appui. Nous sommes maintenant en position de nous faire une idée claire de la marche de cette affaire, ainsi que des motifs qui peuvent avoir guidé M. Fischer dans sa manière d'agir et de la façon dont il a compris et comprend encore aujourd'hui sou mandat de juge d'instruction.

« Nous ne pouvons vous dissimuler que ces actes ont fait sur nous upC impression récilement pénible. Bien que votre direclion do police ait déjà infligé un blame à N. Fischer, son employé, et que vous ayez vous-mêmes taxé d'incorrecte sa manière de procéder, nous devons aussi, pour ce qui nous concerne, expriiner notre entière désapprobation des agissements de M. Fischer, et celle désapprobation se rapporte, non seulement à l'indiscrètion commise par lui, mais encore et à un aussi haut degré aux argumens qu'il a employés pour chercher à se justifier.

« Ce qui s'est passé à l'occasion de l'enquête contre Schræder et Haupt, en corrélation avec la prétention émise par cet officier de police de faire, lorsqu'il le jugo å propos, à de tierces personnes, des communications au sujet des enquêtes dont il esi chargé, nous oblige à rechercher les moyens propres à assurer le secret d'enquètes faites dans Tintérei de la police politique.

« Il est évident que celte police n'est pas faite seulement dans l'intérêt du canton où elle est mise en quvre occasionnellement, mais encore dans celui de la Suisse tout entière, à la sûreté extérieure el intérieure de laquelle elle doit servir. En vertu des articles 102, chillres 8 et 10, el 70 de la Constilution fédérale, nous devons revendiquer pour nous le droit de surveillance et de haute direction en cele maiière, ci il nous est impossible d'admettre qu'il soit loisible à des fonctionnaires cantonaux de conduire ces enquêtes suivant leur convenance ou de l'aire, sans notre consentement, des communications au public ou à des tiers.

«Il est indispensable, pour la considération et la dignité de la Confédération, vis-à-vis de l'extérieur, que nous soyons en état, sous ce rapport, d'exercer, dans toute leur plénitude, nos allributions constitutionnelles. Aussi avons-nous fout motif pour exprimer le ferme espoir que, abstraction faite des mesures qui doivent à l'avenir nous assurer une influence décisive

1) Pour le débat qui a eu lieu à ce sujet au parlement allemand. V. plus haul, p. 221. sur la marche d'enquêtes de ce genre, des faits comme ceux qui se sont passés ne se renouvelleront plus ni à Zurich ni ailleurs.

« Nous saisissons, etc.

Le Bureau général de la Statistique vient de publier le chiffre de la population de chaque canton d'après le recensement fait le fer juillet 1886. Lo total est de 2,940,604 habilants, avec un accroissement de 108,813 habitants, par rapport au recensement de décembre 1880.

I résulte de communications récentes que de grandes quantités de pièces de cing francs en urgent, du Chili ei du Pérou, ont été introduites en France et que l'on cherchera probablement à les répandre aussi en Suisse.

Nous meilons de nouveau le public en garde contre l'acceptalion des monnaics ci-dessus clésignées, et d'une manière générale des pièces de ciny francs de l'Amérique Centrale et Méridionale, de l'Espagne et de la Roumanie, ces pièces n'ayant aucun cours en Suisse et dans les autres Etats de l'Union monétaire latine et ayant tout au plus, d'après le prix actuel de l'argent, une valeur métallique de fr. 3.70.

(Département fédéral des finances.)

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Rovus des Deux-Mondes. for février. – Fondation de la France contemporaine : passage de la République à l'Empire (dernière partie), par II. Taine (rapprochements entre le système romain et le système napoléomen). - Le Parlement et le budget, par Cucheval-Clarigny (indication de diverses réformes indispensables, suivant l'auteur, pour prémunir le pouvoir législatif contre ses propres écarts, mettre fin aux abus de la faveur et préserver les finances d'un accroissement continu des dépenses inutiles). - Léon Faucher ct sa correspondance, par G. Valbert.

15. -- La conquêle de l'Algérie. Le gouvernement du maréchal Bugeaud : prise de la Smala, rupturë du maréchal et de Changarnier, par Camille Rousset. - Le socialisme d'Etat dans l'Empire ullemand : les assurances ouvrières et la loi de répression, par Ch, Grad. - La France, la Russie et l'Europe. (Article anonyme qui a en un assez grand retentissement, dont certaines vues peuvent être discutées, mais qui est certainement fort remarquable. Voici comment il pose la queslion : l'Europe compte cinq puissances continenlales; trois d'entre elles ont formé une alliance qui ne saurait viser que les deux autres. A l'alliance des trois, les deux puissances tenues à l'écart doiventelles opposer une alliance à deux ? C'est là tout le problème de la politique du jour. Il n'y en a jamais eu de plus simple, au moins en apparence. La solution semble énoncée dans la donnée; elle est cependant moins aisée qu'elle n'en a l'air. Pour de point faire fausse roule, il faut chercher la valeur et la relation des deux termes du problème, le facteur russe et le facteur français. Ce dernier peut sembler suffisamment connu en France; mais c'est là une erreur, car ce qui importe ici, c'est moins l'opinion qu'a la France d'elle-mêine que l'opinion qu'en ont les autres. - L'auteur, qui n'est pas tendre pour le personnel gouvernemental de la République, conseille à la France une grande réserve; il fait bien voir la grande différence de posilion qui existe entre elle et la Russie : « Il serait présomptueux aux Français de dire que la Russie est

une carte dans le jeu de la France; il l'est beaucoup moins aux Russes de regarder la France comme une carte dans leur jen, et une carte qu'ils peuvent jouer à volonté. A quoi bon alors prendre des engagemenls ? »)

Nouvelle Revue. 1er février. - La défense des côtes et les torpilleurs, par l'amiral Bourgois. (Fin d'un travail que l'autour a terminé à la veille de sa mort. Son attention s'était naturellement portée sur ce sujet qui l'intéressait à la fois comme marin et comme patriote. On doit se souvenir aussi que le droit international l'avait préoccupé et qu'en 1886 il avait fait entendre une généreuse protestation contre certainos tendances dans son étude sur les torpilles et le droit des gens.) -- La delle américaine : les finances des Etats-Unis de 1861 à 1887, par E. Nasseras. -Les mines d'or du Transvaal. par le comte de Turenne. La réforme de l'instruction criminelle, par G. Demonbynes. - Avant le combat, par le prince Georges Bibesco (attaque violente contre le Cabinet roumain à la veille des élections).

15. – Essais de psychologie politique : Talleyrand, par le marquis de Castollane. (Essai de réhabilitation du grand diplomate : Suivant M. de Castellane, « pour qui a étudié dans ses détails, sans parti-pris et sans passion, cette existence associée à de si grandes choses, il devient évident que l'intérêt personnel y a joué un bien moindre rôle que l'intérêt public. Dans toutes les mesures de gouvernement dont il a été le promoteur, M. de Talleyrand a envisagé surtout le profit de la France. Sa conduite aux assemblées et aux affaires, comme député, comme ministre ou comme négociateur, a été inspirée, quoi qu'on en ait dit. par l'espoir de grandir la France ou la passion de la sauver. » Cet article comprend la première parlie de la vie politique de Talleyrand et s'arrêle à 1792). - Letties inédites de Benjamin Franklin, par Henry Dallemagne. (Collection de nombreux documents qui, après avoir couru bien des aventures, a été acquise pour le Gouvernement américain et se trouve actuellement à la Bibliothèque du Congrès à Washington. Un journaliste américain a pu en extraire quelques lettres qui sont ici publiées.) - La question marocaine, par Malem. (À propos de la prochaine conférence de Madrid ; suivant l'auteur, il y aurait un moyen sûr de civiliser le pays et de soustraire le sultan aux suggestions de son entourage, ce serait le transfert des légations dans la résidence du gouvernement.) - Les Allemands en Turquie.

Le Correspondant. 10 février. - L'approvisionnement de Paris en cas de guerre, par A. Morillon. ( Première partie du travail consacrée à ce qui a été fait en 1870). – Les Mémoires de Mac-Clellan, par L. de L'Espée. (Analyso de mémoires publiés récemment qui fournissent des renseignements du plus grand intérêt sur la vie et le caractère de l'illustre général, en même temps que sur les grands acteurs do la guerre de sécessjon).

25. – L'approvisionnement de Paris en cas de guerre. (Fin du travail faisant ressortir les fautes commises en 1870 et indiquant les mesures qui devraient être prises). -- Lord Lytton et ses auvres, par Marie Dronsart (il s'agit de l'ambassadeur actuel de la Grande-Bretagne à Paris). - La jcunesse du roi Charles-Albert, par le marquis Costa de Beauregard. (Fin d'un travail fail avec des notos inédites ; l'auteur s'arrête à la signature du Statut par CharlesAlbert).

Revue britannique. Février. Dans la mer Rouge, par Denys de Rivoyre. (Suivant l'auleur, qui a séjourné longtemps dans ces régions, la mer Rouge est deslinée à devenir le théâtre et l'enjeu des rivalilés médilerranéennes; c'est là que se jouera le sort définitif de la grandeur française.) – La concurrence agricole américaine, par G. d'Orcet,

Bibliothèque universelle et Revue Suisse. Février. Le Maroc, par V. de Floriant. (D'après les divers ouvrages publiés récemment. L'auteur regarde comme essentiel que les représentants des nations étrangères soient admis à résider, non à Tanger, où ils ne peuvent traiter les affaires qu'avec un délégué du grand Vizir, auquel on a donné pour la forme le titre de Ministre des affaires étrangères, mais dans les trois capitales où ils seraient en relations suivies avec le grand Vizir Jui-même. Là ils auraient aussi l'occasion de voir quelquefois le souverain, dont les intentions ont toujours été bonnes, mais que son ignorance des choses pratiques rend impuissant pour le bion.) -- Le rachat des Chemins de fer de l'Etat, par Ed. Tallichet.

Revue du Monde Latin. Janvier. – Un Pèlerinage au tombeau de Saint-Jean-Nepomucène, par J.-B. Vanel.

Février. – Le général Le Fló, par Ch. Alexand.o. - La société italienne de la Renaissance, par Lefebvre-Saint-Oger. - La guerre d'indépendance au Brésil, par Franklin Doria.

Revuo politique et littéraire. 4 février. – La nouvelle direction. (M. Alfred Rambaud, professcur à la Faculté des lettres, auteur de travaux historiques estimés, remplace E. Yung). - Semaine politique, par H. Depasse. – Edgard Quinel avani l'exil.

11. – Le Traité austro-allcmanul, par Ernest Lavisse. - Le Traité de commerce franco-italien, par Ch. Benoist. – L'Alliance française (Discours de M. Foncin, secrélaire général).

18. – Les Liberics nécessaires, par M. Depasse. — L'unité indo-chinoise, par un officier du Tonkin. (Conclusion : la royauté, affaiblie quant à son pouvoir réel, a conservé cependant sur l'esprit du peuple son prestige religieux, elle reste toujours une idole sacrée qu'il faut conserver avec la sollicitude la plus attentive, qu'il faut entourer des marques du respect le plus apparent.)

25. – Février 1848, par D. Ordinaire. (A propos de l'ouvrage de Stuart Mill, traduit par M. Sadi Carnot). - Le mariage du Kronprinz, par Ernest Lavisse.

Revue française de l'étranger et des colonies. Février. - Une université allemande, par Max Leclerc. (Fin d'un travail bien vivant, rempli de détails curieux.) - La pénétration du Soudan par l'Algérie (avec une carte). Notes explicativos do Mgr Puginier sur les accusations portées contre les missionnaires et les chrétiens victimes des massacres et des désastres causés par les lettrés en Annam et au Tonkin (dalóns de Hanoi, 20 août 1886). — Nole sur Diego Suarez et ce qu'on pourrait en faire. - Les Juifs russes en Amérique (progrès considérables de cette émigration).

Revue maritime et coloniale. Février. - Analyse et traduction d'un ouvrage intitulé Le Tonkin (Suite d'un travail dont nous avons signalé l'importance; il s'agit d'un résumé de l'histoire du Tonkiu dû à un auleur chinois.) — Les établissements de pêche et le domaine public maritime, par Busson, aide-commissaire de la marine. – Campagne de Rio de Janeiro en 1711, par Doneaud du Plan. - L'amiral Jaureguiberry. (Notice nécrologique par M. Dupont, capitaine de vaisseau, qui a été longtemps son aide de camp et qui a retracé en lermes émus les traits principaux

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