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bérations serait communiqué immédiatement après à la Chambre. Demain vers trois heures, le public connaîtra donc les résolutions auxquelles le Gouvernement se sera arrêté.

M. de Gramont ajouta qu'il ne lui serait pas possible de me voir entre le Conseil et la séance de la Chambre; mais il pouvait m'assurer qu'on tiendrait un juste compte de l'opinion que j'avais exprimée au nom du Gouvernement de Sa Majesté.

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Mylord, j'ai l'honneur d'informer Votre Seigneurie que dans la séance d'hier de la Chambre des députés, deux interpellations ont été faites au Ministre des Affaires étrangères au sujet des questions espagnole et romaine.

M. Visconti Venosta répondit que, quant à la candidature du prince de Hohenzollern, le Gouvernement italien avait cru de son devoir de joindre ses bon offices à celle des Puissances la plus intéressée dans la question afin d'éviter que la paix de l'Europe soit troublée. Il ne pouvait pas dire davantage dans l'état actuel des négociations.

Quant à Rome, le ministre ajouta qu'il ne pouvait que répéter ce qu'il avait déjà dit dans cette Chambre, à savoir que le Gouvernement était d'avis qu'une politique expectante était ce qu'il y avait de préférable pour la dignité et les intérêts de l'Italie, que les choses ne pouvaient pas toujours rester dans l'état actuel, et qu'il espérait que la Chambre laisserait au Gouvernement cette libert qui lui était si nécessaire pour traiter une question dont la responsabilité toute entière lui incombait. J'ai, etc.

Signe : A. Pager.

No 93.

LORD A. LOFTUS AU COMTE DE GRANVILLE.

(Extrait.)

Berlin, le 12 juillet 1870. Dans une entrevue avec M. Thile, aujourd'hui, il m'a appris que le comte de Bismarck arriverait ici ce soir, en route pour Ems. Le baron de Werther, m'a-t-on, dit est parti hier soir d’Ems pour Paris, mais n'était pas porteur de la réponse du roi de Prusse.

Le comte Benedetti attendra à Ems l'arrivée du comte de Bismarck, lorsqu'alors la réponse définitive sera donnée.

Le baron Thile m'informa alors que les nouvelles les plus satisfaisantes avaient été reçues des États de l'Allemagne du sud, que le comte de Bray avait dit au ministre français que, si une guerre éclatait, la France trouverait l'Allemagne unie; de pareilles assurances avaient été également données par le Wurtemberg.

Parlant de la probabilité de guerre qu'il attendait de jour en jour, le baron de Thile me dit que le Parlement fédéral serait probablement convoqué immédiatement. Il ajouta que, quoiqu'à la veille de nouvelles élections, le Parlement ne se terminait légalement qu'en septembre.

D'autres informations me font savoir que dans les cercles officiels, la guerre est considérée comme imminente, quoique jusqu'ici il n'ait encore été pris aucune mesure, ni fait aucuns préparatifs militaires.

N° 94.

LORD LOFTUS AU COMTE DE GRANVILLE.

Berlin, le 12 juillet 1870.

Mylord, dans une entrevue que j'ai eue aujourd'hui avec le baron de Thile, dont j'ai déjà parlé dans ma précédente dépêche, Son Excellence m'a fait part de ses craintes sur le maintien de la paix; à en juger par le ton de la presse demi-officielle et le langage tenu par le duc de Gramont et autres personnages à Paris, il était à craindre que le Gouvernement français fût décidé à faire la guerre.

Un conseil des ministres a eu lieu hier, il a duré trois heures, et j'ai appris que la réponse à faire aux demandes de M. de Benedetti, à Ems, avait été l'objet des délibérations. Il avait été convenu d'abord que le ministre de l'intérieur porterait à Ems la décision adoptée par le conseil, mais il a depuis retardé son départ.

Le baron Thile me dit aussi qu'une communication relative à la cause actuelle avait été adressée aux gouvernements allemands du sud pour les renseigner sur l'état de la question en litige; qu'il était à supposer qu'un appel leur serait fait pour leur demander leur coopération éventuelle en cas de guerre, conformément aux engagements pris par traités. Le baron n'a pu me donner de renseignements sur l'état des négociations, à Ems, avec le comte Benedetti; il m'affirma qu'il ignorait complétement ce qui s'y faisait. J'ai, etc.

Signé : A. Loftus.

N° 95.

LORD LOFTUS AU COMTE DE GRANVILLE,

Berlin, le 12 juillet 1870.

Mylord, j'ai eu l'honneur de recevoir la dépêche de Votre Seigneurie, du 6 courant.

Je me suis immédiatement rendu au ministère des Affaires étrangères, suivant vos instructions. M. de Thile était alors au conseil des ministres et me fit dire qu'il n'était pas possible, à cause de la presse des affaires, de me recevoir avant le lendemain.

J'ai donc été le voir aujourd'hui et lui ai lu votre dépêche, depuis le commencement jusqu'à la fin du paragraphe se terminant par ces mots: « à rendre un service inestimable à l'Europe par le maintien de la paix, » la fin de cette dépêche se rapportant à des instructions spéciales pour mon propre guide.

Le baron de Thile me remercia de cette communication, dont il ne manquerait pas de faire part au Roi et au comte de Bismarck, faisant observer en même temps que la question en litige avait, depuis la date de la dépêche de Votre Seigneurie, pris de plus graves proportions.

Le baron ne fit aucune observation sur la question elle-même, conservant, comme il l'a fait depuis le commencement de la crise, un silence prudent, refusant toute discussion sur la valeur de la question

en elle-même, et professant une ignorance complète de ce qui se passe à Ems.

Le seul sujet dont se soit occupé Son Excellence est à propos du ton menaçant qui caractérise la déclaration du duc de Gramont au Corps légisiatif, qui, dit il a fermé la bouche à la Prusse. Le baron de Thile me fit aussi remarquer le ton offensif de la presse française qui avait singulièrement envenimé la question, et qui rendait les négociations pour ainsi dire impossibles. La presse prussienne, au contraire, avait répondu avec un grand calme et une grande modération, exprimant plutôt un sentiment de surprise que de colère de l'irritation immodérée de la nation française. J'ai, etc.

Signé : A. Loftus.

N° 96.

M. LAYARD AU COMTE DE GRANVILLE.

(Extrait.)

Madrid, le 12 juillet 1870.

Le courrier de cabinet, capitaine Bagge, est arrivé ici ce matin avec les dépêches de Votre Seigneurie, concernant le sentiment d'irritation qui s'est élevé en France contre l'Espagne et la Prusse, à la suite de l'intention du Gouvernement espagnol de proposer le prince de Hohenzollern comme candidat au trône. Les vues du Gouvernement de Sa Majesté ont été présentées dans la dépêche de Votre Seigneurie du 8 juillet, si pleinement et d'une manière qui me parait devoir produire l'effet désirable sur le Gouvernement espagnol, que, quoique sans instruction pour le faire, j'ai pris sur moi de lire votre dépêche à M. Sagasta.

Son Excellence a été enchantée de cette communication, et m'a paru apprécier complétement le sentiment amical et la considération dont le Gouvernement de Sa Majesté fait preuve vis-à-vis de l'Espagne, et de la teneur équitable et impartiale de la dépêche de Votre Seigneurie.

M. Sagasta m'a répété ce qu'il m'avait déjà dit plus d'une fois, à savoir que le Gouvernement espagnol était tombé dans la présente difficulté sans s'en douter, qu'il n'avait jamais eu la moindre idée de contracter une alliance avec la Prusse, ni de rien faire qui fut hostile ou désagréable à la France; enfin, que j'assure à Votre Seigneurie que le Gouvernement espagnol est on ne peut plus désireux de sortir

de la position dans laquelle il s'est malheureusement placé, s'il peut le faire en sauvegardant son honneur et la dignité du pays. Je proposai à Son Excellence, si, tel était le cas, il ne serait pas bon de faire, sans perdre de temps, une communication officielle aux Puissances européennes pour leur expliquer exactement la position du Gouvernement espagnol, et affirmer son désir sincère d'éviter une rupture ou une mésintelligence avec la France; et repoussant dans des termes solennels l'idée d'un dessein d'entrer jamais dans une combinaison contraire aux intérêts et à la dignité de ce pays, Son Excellence me dit que semblable idée lui était venue et qu'elle adresserait immédiatement une communication dans ce but aux principales Puissances européennes. Son Excellence m'a exprimé dans les termes les plus chaleureux son désir d'arriver à un arrangement quelconque qui préserverait l'Europe des calamités de la guerre, ainsi que l'empressement du Gouvernement de faire toute espèce de sacrifices dans ce but.

Après avoir pris congé de M. Sagasta, je me suis rendu chez le général Prim et je lui ai également donné lecture de la dépêche de Votre Seigneurie. Comme je m'y attendais, il en a été très-satisfait et m’a prié de Jire à Votre Seigneurie que vous vous étiez fait une idée très-exacte et très-impartiale au sujet des intentions et des actes du Gouvernement espagnol, et qu'il était très-sensible aux sentiments amicaux que Votre Seigneurie manifestait à l'égard de l'Espagne, et de la justice que vous lui rendiez à lui personnellement. Il m'a alors répété ce qu'il m'avait déjà dit sur cette affaire, repoussant à nouveau avec beaucoup d'énergie toute intention de faire une démarche hostile à la France.

Le général m'a dit qu'il connaissait personnellement la France et les Français, il avait été reçu avec beaucoup de bienveillance par l'Empereur, il avait des propriétés en France, il s'était marié dans ce pays où il avait beaucoup de rapports, et était, en conséquence, le dernier homme qui pût souhaiter de menacer ou d'offenser la France et son chef. Il me demanda de rappeler au Gouvernement de Sa Majesté combien étaient grandes les difficultés de sa position, que, après la révolution, alors que l'Espagne était sans roi et qu'il allait de porte en porte pour en trouver un, aucun gouvernement européen ne lui avait prêté secours et que partout il s'était vu repoussé. Mais quand les Cortès et le pays avaient alors insisté pour avoir un roi et après avoir été accusé lui-même de chercher à conserver l'intérim dans des vues personnelles, il avait enfin réussi à trouver le seul candidat éligible, il était tout aussitôt accusé d'avoir comploté contre la France et d'avoir cherché à violer la loi internationale de l’Europe.

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