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République; – Marrast IV, sous-directeur du lycée Corneille; – Marrast V, officier de santé, représentant du peuple.

Maison militaire : Clément Thomas, l'épée du National, ex-maréchal des logis, passé représentant du peuple et commandant supérieur de la garde nationale de Paris en remplacement de Masséna, Oudinot, Gérard, Lobau, Lafayette.

Médecins : Recurt, médecin en chef du National et représentant du peuple, ministre de l'intérieur. — Trélat, médecin ordinaire du National, représentant du peuple et ministre des travaux publics.

Avocat : Marie, membre de la Commission exécutive et représentant du peuple.

Senat de rédaction. : Bastide, ministre des affaires étrangères; – Dussart, préfet de la Seine-Inférieure; — Rey, représentant du peuple; — DegouveDenuncques, prélet de la Somme; – Charras, chef de bataillon sous Louis Philippe, passé lieutenant-colonel et ministre intérimaire de la guerre; - Génin, directeur des belles lettres au ministère de l'instruction publique; - Adam, adjoint au maire de Paris.

Libraire : Pagnerre, libraire des écrivains du National, passé maire du X° arrondissement, secrétaire du Gouvernement Provisoire et de la Commission exécutive, directeur du Comptoir d'Escompte.

Allié : Lalanne, directeur des Ateliers nationaux, etc.

Le National n'avait donc pas cessé d'être gouvernemental. Il avait simplement transformé le gouvernement en une succursale de sa rédaction.

Mais ceci est de l'histoire postérieure à celle du Gouvernement Provisoire et à plus d'un point de vue différent. A cette époque, en effet, c'était l'Assemblée Constituante qui avait le pouvoir réel. Elle déléguait l'exécutif et il se trouva que ce fut presque uniquement aux rédacteurs d'un même journal ou à leurs clients. Mais elle restait souveraine.

Au contraire, les hommes du Gouvernement Provisoire représentaient à la fois le législatif et l'exécutif. Tout le poids des affaires retombait sur leurs épaules, les journalistes furent pour deux mois les maîtres des destinées de leur pays. Or, malgré leur rôle politique, ils restèrent journalistes. Ils le restèrent par leurs habitudes d'esprit; ils le restèrent plus encore en continuant à rédiger ou inspirer des articles. Enfin, grâce à ce moyen, ils purent continuer à soutenir leurs idées respectives que dans le conseil du gouvernement ils étaient parfois obligés de taire. C'est ce qui fait de ces journaux gouvernementaux une source précieuse d'informations. C'est dans leurs colonnes, bien plus que dans les résultats des délibérations du Gouvernement Provisoire, qu'il faut chercher quel était l'état d'esprit véritable des hommes de l'Hôtel de Ville. Et le ton même, si différent, des deux journaux, l'un si mesuré, l'autre d'une fougue si imprudente, montre bien quel abime séparait les deux partis qui dirigeaient en commun les affaires. On y trouve la preuve qu’un accord durable était impossible entre eux et qu'il fallait qu'en 1848 l'un des deux l'emportât sur l'autre. Les journalistes rivaux de la veille ne pouvaient être longtemps les alliés du lendemain. L'histoire de leurs journaux se confond avec l'histoire de cette tentative d'alliance, son bref succès, son échec fatal.

ALFRED ANTONY.

LA POLITIQUE DES BANQUES ALLEMANDES' RELATIONS AVEC L'INDUSTRIE – CONCENTRATION

Les alertes financières de ces mois derniers, la crise américaine, les difficultés monétaires survenues dans différents pays et particulièrement aux États-Unis et en Allemagne ont attiré l'attention sur le régime des banques et leur politique dans ces deux derniers pays.

Nous voudrions indiquer les particularités de l'organisation financière de nos voisins d'outre-Rhin et faire apparaitre les idées dominantes de l'industrie de la banque en Allemagne.

Les grandes banques allemandes — celles que l'on désigne sous le vocable d'Instituts Berlinois — dont, en 1870, les capitaux réunis représentaient à peine 180 millions de francs, avaient, dès 1883, doublé leur importance. Aujourd'hui, elles possèdent un capitalactions qui atteindra bientôt 2 milliards, et les capitaux sociaux des entreprises commerciales et industrielles qui, il y a trente ans, se chiffraient par moins de 5 milliards, dépassent actuellement 15 milliards sans compter les obligations ?.

Enfin, le mouvement du commerce extérieur vient préciser la courbe favorable de ce développement : d'environ 7 milliards en 1872, il a passé à 16 milliards en 19073.

Et, pendant la même période, la population augmentait de 500/0.

La fortune mobilière de l'Allemagne, d'après de récents calculs, est évaluée à plus de 112 milliards de francs, dont une dizaine placés à l'étranger dans des entreprises commerciales.

Contrairement à notre pratique habituelle de placer nos capitaux

1. BIBLIOGRAPHIE : Edgar Depitre, Le Mouvement de Concentration dans les Banques allemandes, Paris, Rousseau, 1905; – Léon Barety, L'Évolution des Banques locales en France et en Allemagne, Paris, Rivière, 1908.

2. Cf. le Temps, 25 janvier 1906.

3. Chiffres du commerce extérieur de l'Allemagne : en 1904, 14 milliards 1/2; en 1906, 15 milliards.

dans des valeurs à revenu fixe et principalement en fonds d'État, les capitalistes allemands choisissent de préférence des entreprises privées, généralement productives, d'ailleurs, d'intérêts allant jusqu'à 10 p. 0/0.

Le récent développement économique de l'Allemagne l'a rapidement placée parmi les pays les plus prospères, et son expansion, qui ne s'était pas localisée dans des régions privilégiées, est sans conteste née de son évolution vers l'industrie, de même que c'est de là que lui est venue la crise, crise industrielle aulant que moné taire.

Les fonds d'État allemands eux-mêmes se virent préférer par le public les valeurs industrielles, préférence vivement encouragée par les banques, qui ouvrent volontiers leurs guichets aux émissions de valeurs d'entreprises nouvelles.

Le développement industriel si remarquable de l'Allemagne n'a d'ailleurs pu se réaliser que grâce à l'appui constant des banques.

Pendant un certain temps, – avant la crise de 1907 et les faillites qui l'ont marquée, – il semble que ni les banques, ni leur clientèle n'aient eu à se plaindre de ce concours prêté au commerce et à l'industrie.

Une statistique officielle prouve, en effet, qu'en 1903, au lendemain même pour ainsi dire d'une des crises fréquentes en ces derniers temps du marché allemand, 719 sociétés anonymes (contre 701 en 1900), admises à la cote des bourses prussiennes, cotaient en moyenne 53 p. 0/0 au-dessus du pair'. Et, de ces valeurs représentant un capital nominal de près de 6 milliards, les neuf dixièmes avaient payé un total de dividendes de 400 millions.

Ces résultats suffiraient à expliquer l'estime dans laquelle sont tenues les valeurs industrielles que le public consent à capitaliser jusqu'à 4 et 5 0/0.

Il y a là une exagération évidente qui explique en partie les crises à la moindre stagnation industrielle.

Il n'en reste pas moins que le concours précieux donné par les banquiers allemands aux industriels et commerçants a permis à l’Allemagne d'accroitre rapidement sa puissance économique.

1. Cf. Temps, 25 janvier 1906.

Cet appui constant donné par les banques à l'industrie était récemment encore signalé dans un ouvrage fort intéressant?.

On y indiquait que l'essor industriel et commercial des régions d'Elberfeld et de Barmen est dû au crédit énorme sans couverture, et l'on pourrait dire sans limites, offert par les banques à l'activité des fabricants.

Sans doute, elles ont éprouvé des difficultés à remplir un rôle si important, dans un pays où, il y a quelques années encore, le peuple allemand n'avait pour ainsi dire point d'économies.

On peut dire aujourd'hui que c'est le crédit qui a enrichi l'Allemagne. En France, les banques ne donnent pas en général de crédit en blanc au commerce et à l'industrie, alors que cet usage est courant en Allemagne.

Dès qu'un banquier a confiance dans la capacité d'un industriel ou d'un commerçant, il lui offre tous les capitaux nécessaires. Dans la seule vallée de la Wupper, il y aurait ainsi près de 200 millions prêtés par les banques.

Le célèbre usinier Krupp, a-t-on pu dire, aurait sombré vingt fois si les banques ne l'avaient soutenu avec énergie; Thyssen, le puissant concurrent des fonderies d’Essen, a été dans le même cas. L'admirable fabrique de produits chimiques Frédéric Bayer, d'Elberfeld, fondée par un tout petit négociant et qui est aujourd'hui connu universellement, n'aurait pu arriverà ce développement sans l'appui des banques. Aujourd'hui elle enrichit les banquiers! Les actions valent 550 p. 0/0 et rapportent 33 p. 0/0 de dividende?.

Il était fatal que le jour où les industries allemandes subiraient une crise, les banques si intimement liées avec elles souffriraient également.

La crise prévue est venue faire sentir ses atteintes.

L'Empire allemand où, ainsi que nous venons de le dire, l'industrie commanditée par les banques a pris depuis une vingtaine d'années un essor magnifique, se débat depuis un an dans des embarras monétaires sans cesse renouvelés; les banques dont les capitaux ont

1. Cf. Jules Huret, En Allemagne, Rhin et Westphalie, 1907, p. 291-292. – Voir aussi : M. Blondel, L'Essor industriel et commercial du Peuple allemand, Paris, 1900, p. 482; — M. Sayous, dans divers ouvrages; – P. de Rousiers, llambourg et l'Allemagne contemporaine, p. 231.

2. J. Huret, op. cit.

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