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Telle est notre situation; telle sera notre poliiique au milieu d'un conflit dont la tin n'arrivera jamais assez tôt au gré de nos vœux. Les vues que je viens d'exprimer ne seront ni pour vous ni pour personne une révélation, mais pour avoir été éprouvées par une expérience plusieurs fois renouvelée et toujours bienfaisante, elles n'en paraîtront que plus dignes de l'attention du Gouvernement et des hommes d'État du pays dans lequel vous résidez.

Agréez, etc.,

Signé : D'anethan.

N° 2i4.

LE COMTE DE GRANVILLE A LORD LYONS, A PARIS.

Foreign-Office, le Sl juillet 1870.

Mylord, le marquis de La Valette m'a fait visite aujourd'hui et m'a communiqué la substance d'une dépêche, datée du 19 juillet, qui lui avait été adressée par le duc de Grainont, et dans laquelle il lui était enjoint d'exprimer les remerciements du Gouvernement impérial pour le consentement donné par le Gouvernement de S. M. à ce que les agents diplomatiques et consulaires de S. M. prennent sous leur protection les intérêts français en Allemagne, et, en général, pour le caractère amical de la neutralité que le Gouvernement de S. M. a déclaré être dans l'intention de garder.

M. de Gramont disait dans cette dépêche que le Gouvernement impérial se regardait comme étant en droit d'attendre cette manière d'agir de la part du Gouvernement de S. M., non-seulement en raison de la justice de sa cause, mais aussi en raison des services qu'il rend à toute l'Europe, en défendant le grand intérêt de l'équilibre européen. Il exprimait la confiance que les ministres de la Reine s'efforceraient, dans leurs discours au Parlement, de corriger l'appréciation erronée d'une partie de la presse anglaise à l'égard du Gouvernement impérial. L'histoire, néanmoins, dit-il, rendra justice aux motifs qui l'ont conduit à entreprendre une guerre à la fois juste et nécessaire.

Le premier soin du Gouvernement impérial, dit M. de Gramont, a été de rassurer la Belgique. L'Empereur a écrit lui-même au Roi, et le Gouvernement belge a été prévenu que sa neutralité serait respectée par le Gouvernement impérial tant qu'elle ne serait point violée par la Prusse. On a tenu le même langage à la Suisse et au Luxembourg. La Hollande a exprimé le désir de garder une attitude neutre, le Gouvernement impérial a notifié sa satisfaction de cette déclaration.

Ce sont là autant de preuves de modération du Gouvernement impérial, d'autant plus que par cette ligne de conduite il a renoncé à un moyen important d'attaque contre la Prusse, par la Belgique et le Luxembourg. Le cabinet britannique peut conséquemment être rassuré sur les intentions du cabinet impérial à l'égard des Neutres.

Le duc de Gramont dit de plus, dans sa dépêche, que le Gouvernement impérial a confiance qu'il n'existe du côté du Gouvernement britannique aucun sentiment de méfiance par rapport à ses propres intentions, et que le bruit d'un envoi de troupes britanniques destinées à occuper la Belgique est totalement dépourvu de fondement. Ceux qui ont mis un tel bruit en circulation semblent n'avoir conscience qu'une telle mesure, en la supposant possible, serait contraire au principe même qu'ils ont la prétention d'affirmer.

D'après cette dépêche, le marquis de La Valette avait rapporté à son Gouvernement que j'avais exprimé des vues solides au sujet de la neutralité, et M. de Gramont espérait que l'opinion publique me soutiendrait en Angleterre dans les énonciations que j'ai faites relativement aux navires ennemis qui se rendraient dans les ports anglais afin d'attaquer des navires français. Le Gouvernement impérial suivra d'une manière scrupuleuse les principes posés dans la déclaration du Congrès de Paris, et il enverra prochainement à M. de La Valette ses instructions à ses agents consulaires relativement aux bâtiments marchands français et prussiens; et aussitôt que la guerre, dont la notification est déjà envoyée à Berlin, sera commencée, le Gouvernement impérial publiera ses instructions relativement à la marine marchande.

L'armée française, ajoute le duc de Gramont, aurait accueilli d'une manière hospitalière les officiers et les correspondants anglais qui se sont adressés au marquis de La Valette pour avoir la permission de l'accompagner, mais l'état-major général, en raison des inconvénients qui pourraient résulter de l'octroi de cette permission, a décidé que l'on n'accorderait à aucun étranger dépourvu de fonctions dans l'armée l'autorisation de suivre les armées françaises en campagne.

H est, par conséquent, enjoint à M. de La Valette d'exprimer le regret avec lequel le Gouvernement se voit obligé de refuser la permission demandée.

En réponse, j'ai déclaré à M. de La Valette que le Gouvernement de S. M. était heureux de remplir à l'égard du Gouvernement impérial tous les bons offices compatibles avec ses devoirs de neutre; mais que je ne croyais ni utile en rien ni opportun pour le moment actuel de discuter maintenant les questions soulevées par le duc de Gramont quant à la nécessité et à la justice de la guerre.

J'ai dit que j'étais heureux de voir confirmer mes espérances relativement au respect scrupuleux des intérêts et des droits des Neutres de la part de la France, et à son adhésion stricte aux principes posés dans la déclaration du Congrès de Paris.

Je suis, etc.

Signé : Granville.

N° 215.

LE COUTE DE GRANVILLE A LORD A. LOFTUS, A BERLIN.

Foreign-Office, le 21 juillet 1870.

Mylord, le comte de Bernstorff, dans le courant d'une conversation que j'ai eue aujourd'hui avec lui, m'a demandé si le Gouvernement de la Reine considérait le charbon comme étant contrebande de guerre et s'il avait défendu l'exportation de chevaux du Royaume-Uni. J'ai répondu négativement à la dernière question, et sur la première je lui ai dit que la question du charbon pour être considéré comme contrebande de guerre dépendait de sa destination, mais qu'une telle question ne saurait être décidée par une opinion individuelle, ni par la manière de voir des gouvernements. Le cas doit être décidé, lorsqu'il y aura lieu, par le tribunal des prises du capteur.

J'ajoutai que le Gouvernement de Sa Majesté n'avait pas publié de défense contre l'exportation de la contrebande de guerre des ports de la Grande-Bretagne.

Je suis, etc.

Signé : Granville.

N° 216.

LE COMTE DE GRANVILLE AU VICE-AMIRAL RARRIS, A LA HATE.

Foreign-Office, le 21 juillet 1870.

Sir, le Gouvernement de la Reine a été heureux d'apprendre que ie Gouvernement des Pays-B»* a exprimé sa détermination d'éviter

toute complication qui pourrait tendre à compromettre la neutralité de la Hollande; et je vous prie d'exprimer à M. Roest de Lymbourg la satisfaction du Gouvernement de Sa Majesté, en apprenant l'intention du Gouvernement des Pays-Bas d'adopter cette ligne do conduite. Je suis, etc.

Signé : Granville.

N° 217.

LORD LTONS AU COMTE DE GRANVILLE.

Paris, le 21 juillet 1870.

Mylord, j'ai reçu hier soir une note du duc de Gramont, en réponse aux deux notes que je lui ai adressées le 17 et le 19 courant, par ordre de Votre Seigneurie.

En réponse à ma demande d'être informé le plus tôt possible de la déclaration de la guerre, M. de Gramont m'a envoyé copie de la déclaration qu'il a faite hier au Corps législatif.

Le résumé de cette déclaration a été porté à la connaissance de Votre Seigneurie, hier, par mon télégramme de 3 heures du soir, et le texte même par mon télégramme de 4 heures 10.

En ce qui concerne l'idée suggérée par le Gouvernement de Sa Majesté que la France fasse connaître son intention d'observer les principes de la Déclaration du 16 avril 1856, relativement aux droits des belligérants, M. de Gramont m'a communiqué le projet d'une note à ce sujet, qui doit être adressée par les représentants de la France à l'étranger aux Gouvernements auprès desquels ils sont accrédités.

Enfin, en réponse à la demande que des courriers du ForeignOffice soient autorisés à voyager en chemin de fer, lors même que les passagers ordinaires en sont exclus, M. de Gramont m'a dit qu'il serait difficile pour le Gouvernement français de prendre un engagement formel à cet égard, mais que toutes les facilités compatibles avec les nécessités de la guerre seront données aux courriers du Gouvernement britannique.

Par mon télégramme d'hier, 11 heures 35 du soir, j'ai donné connaissance à Votre Seigneurie de la substance de cette noie de M. de Gramont, j'ai maintenant l'honneur de vous donner la copie de la note elle-même et dé ses annexes.

Votre Seigneurie ne manquera pas de remarquer que la note de M. de Gramont ne dit rien au sujet de la limite du temps, durant laquelle il sera permis aux bâtiments étrangers de quitter les ports des belligérants avec leurs chargements et d'y entrer. Je m'étais appesanti particulièrement sur ce point dans une de mes notes du 17 courant, et j'ai fréquemment insisté verbalement auprès de M. de Gramont sur l'importance pour les intérêts britanniques d'avoir un prompt renseignement à ce sujet. J'ai parlé d'une façon pressante, hier, dans ce sens & Son Excellence. Il m'a répondu que les intentions du Gouvernement français, en ce qui concerne le traitement des bâtiments marchands et des sujets des États belligérants, seraient annoncées par la voie ordinaire dans le Journal officiel.

Le Journal officiel de ce matin confient, en conséquence, une note au sujet des résidents prussiens en France et dans les colonies, et des bâtiments marchands (1). J'ai transmis, ce matin, par télégramme, à Votre Seigneurie le texte du paragraphe relatif aux bâtiments marchands, et j'ai maintenant l'honneur de vous adresser ci-jointe la copie de la note toute entière.

J'ai, etc.

Signé : Lyons.

(i) N« 194.

N° 218.

PROCLAMATION DE L'EMPEREUR AU PEUPLE FRANÇAIS.

Paris, le 2£ juillet 1870.

Français,

Il y a dans la vie des peuples des moments solennels où l'honneur national, violemment excité, s'impose comme une force irrésistible, domine tous les intérêts et prend seul en main la direction des destinées de la patrie. Une de ces heures décisives vient de sonner pour la France.

La Prusse, à qui nous avons témoigné pendant et depuis la guerre de 1866 les dispositions les plus conciliantes, n'a tenu aucun compte de notre bon vouloir et de notre longanimité. Lancée dans une voie d'envahissement, elle a éveillé toutes les défiances, nécessité partout des armements exagérés, et fait de l'Europe un camp où régnent l'incertitude et la crainte du lendemain.

Un dernier incident est venu révéler l'instabilité des rapports inter

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