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Le 1" mois de la l" année du nengo an (1278), Fósio-no Toki moura vint à Miyako pour être gouverneur de cette capitale, et logea dans la partie septentrionale du Rokfara ; il était fils de Masa moura. Le 12° mois, Kane fira régent eut sa démission, et redevint Kwanbak. Le l" mois de la 2° année (1279), le Seogoun Minamoto-no Kore yasou fut gratifié du premier rang de la seconde classe. Le 2° mois de la 5° année (1280), To sei tsiou (Thou chï tchoung) (voyez page 265), ambassadeur des Môko, fut mis à mort. Aussitôt que les Môko en eurent reçu la nouvelle, ils assemblèrent une armée considérable pour conquérir le Japon. Lorsqu'on fut informé de leurs préparatifs, le Daïri envoya des ambassadeurs à Izé et à plusieurs autres temples pour invoquer les dieux. Fósio-no Toki moune, qui résidait à Kama koura, ordonna que l'on assemblât les troupes dans le Tsoukouzi, et expédia du Kwantô à Miyako de nombreux détachemens de soldats, pour garder le Daïri et le Tôgou, et les protéger contre tout danger. Go Fouka kousa-no in et Kame yama-no in furent conduits dans le Kwantô. Les deux gouverneurs de Miyako eurent ordre de se rendre dans le Tsoukouzi. A la l" lune de la 4° année (128l), les Môko nommèrent A si kan (Ngo tsu han), Fan boun ko (Fan wen hou), Kin to (Hin tou) et sa kio (Houng tchha khieou) généraux de leur armée, qui était forte de plus de cent mille hommes. Elle fut embarquée sur un nombre considérable de vaisseaux de guerre. A si kan tomba malade pendant la traversée, ce qui rendit le général en second Fan boun ko indécis sur le parti à prendre. Le 7° mois, toute la flotte arriva au Japon à l'île de Firando (Phing hou), et passa de là à Go riô san (Ou loung chan); les troupes du Tsoukouzi étaient sous les armes. Le l" du 8° mois, il s'éleva une tempête affreuse, les vaisseaux de la flotte des Môko furent engloutis dans la mer, ou fort endommagés. Le général Fan boun ko prit la fuite avec les autres généraux sur les vaisseaux qui avaient le moins souffert ; personne n'a su ce qu'ils sont devenus. L'armée de cent mille hommes qui avait débarqué au-dessous de Go riô san, y resta errante sans vivres pendant trois jours ; ces soldats avaient le projet de construire d'autres vaisseaux pour retourner en Chine. Le 7° jour, l'armée japonaise les investit et les attaqua; on se battit avec acharnement, les Môko furent totalement défaits, trente mille hommes furent faits prisonniers, conduits à Fa ka ta (På kiö tao), et mis à mort. On ne fit grâce qu'à Kan siô (Kan tchhang), Bak sai (Mö thsing) et Go wango (Ou wan ou), qui furent envoyés en Chine pour y porter la nouvelle du sort de l'armée. La destruction d'une flotte si nombreuse par la tempête fut considérée comme la preuve la plus évidente de la protection des dieux. On attribua principale

ment cet événement au dieu des vents, qui a son temple à Ize, et on lui manifesta la plus profonde vénération pour avoir sauvé l'empire par l'anéantissement de la flotte mongole. Kan siô et ses compagnons retournèrent dans leur pays, et annoncèrent ce désastre au prince des Môko, qui était l'empereur Zizou kwô le (Chi tsou houang ti), de la dynastie des Ghen (Yuan)'.

(l) Rachid eddin, le célèbre historien persan des Mongols, qui composa son Djema' ettawarikh en 1294, connaît le Japon, et lui donne le nom de Djemen kou, qui n'est qu'une corruption

des mots chinois #] À- É] Jypen kouè, car

les Mongols n'aiment pas prononcer la lettre p, et la remplacent fréquemment par un m.Voici ce qu'il rapporte de ce pays :

- s eo a,- ----» b oo •s-ol o,-- oo , 5 so, -- • •s él—sl xl las 9° l --, -9 o J - » l9» o-- >> d,5 » *-»- J -- oos» »s ,-- r o rl -- solés 9»- o l-or-< » >-ol o » >-- > t - o,s e,! •e-à- • os , of>>•- soc» , u*fr» » -- oo rso - bs », »le

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« Du côté du sud-est, le Kaân n'a aucune « guerre à soutenir, car tous les pays situés de « ce côté font partie de son empire jusqu'à « l'Océan. Il faut cependant en excepter un qui « est une grande île près des côtes de Djourdjeh « (du pays des Mandchous actuels) et du Ko li « (Kao li, ou la Corée). Elle est située au milieu « de l'Océan, et porte le nom de Djemen kou. Elle « a presque 400 parasanges de circuit ; il y a « beaucoup de villes et villages. Elle a un roi « indépendant, et qui depuis long-temps est « constamment en guerre (avec le Kaân). Les « gens de ce pays sont de basse stature, ont le

« cou court et de gros ventres. Il y a beaucoup « de mines dans ce pays. « Aboulféda parle aussi dans sa Géographie du Japon, dont il corrompt encore plus le nom que Rachid-eddin, car il l'appelle co,97 Djemkout, et dit que les Persans écrivent ce nom c>=Ur Djemâkout. Il parle de ce pays dans sa quinzième table qui comprend la Chine, et le place à l'extrémité orientale du monde : « De même, dit-il, que les îles Fortunées (e»loJull >2b #) qui sont à l'extrémité occidentale. Au delà de Djemkout à l'est n'est aucun pays habité. Il est situé sous l'équateur même, c'est pourquoi il n'a pas de latitude géographique. » L'illustre voyageur Marco Polo donne une description du Japon, qu'il appelle Zipangou, et non pas Zipangri, comme on le lit dans les mauvaises éditions de cet auteur. Zi pan gou est encore la dénomination chinoise de Jy pen kouè. Je fais suivre ici, d'après l'édition de Ramusio, les deux chapitres de Marco Polo, lesquels contiennent des détails curieux sur l'expédition envoyée par Khoubilai khan contre ce pays.

Lib. III, cap. 2. Dell'Isola di Zipangu.

Zipangu è un'Isola in Oriente, la qual è discosto dalla terra, et lidi di Mangi in alto mare mille cinque cento miglia. Et è Isola molto grande, le cui genti sono bianche, et belle, et di gentil maniera. Adorano gl'Idoli, et mantengonsi per se medesimi, cioè che si reggono dal proprio Re. Hanno oro in grandissima abbondanza, perchè iui si truova fuor di modo, et il Re non lo lascia portar fuori, però pochi mer. canti vi vanno, et rare volte le naui d'altre regioni. Et per questa causa diremoui la grand' eccellenza delle ricchezze del palagio del Signore di detta Isola, secondo che dicono quelli c'hanno pratica di quella contrada, v'ha vn gran palagio tutto coperto di piastre d'oro, secondo che noi copriamo le case, è vero chiese di piombo, et tutti i sopra cieli delle sale et di molte camere sono di tauolette di puro oro molto grosse, et così le finestre sono ornate d'oro. Questo palagio è così ricco, che niuno potrebbe giamai esplicare la valuta di quello. Sono ancora in questa Isola perle infinite, le quali sono rosse, ritonde, et molto grosse, et vagliono quanto le bianche, et più. Et in questa Isola alcuni si se peliscono quando son morti, alcuni s'abbruciano. Ma a quelli che si sepeliscono, vi si pone in bocca una di queste perle, per esser questa la loro consuetudine. Sonui etiandio molte pietre pretiose. Questa Isola è tanto ricca, che per la fama sua il gran Can ch'al presente regna, che è Cublai, deliberò di farla prendere, et sottoporla al suo dominio. Mandò adunque duoi suoi Baroni con gran numero di navi piene di gente per prenderla, de quali vno era nominato Abbaccatan, et l'altro Vonsancin, quali partendosi dal porto di Zaitum et Quinsai, tanto navigorno per mare, che pervennero a questa Isola. Dove smontati nacque inuidia fra loro, che l'Vno dispregiava d'obedire alla volontà, et consiglio dell' altro, per la qual cosa non poteron pigliare alcuna città è castello saluo che uno, che presono per battaglia, però che quelli ch'erano dentro non si volsero mai rendere. Onde per comandamento di detti Baroni a tutti furono tagliate le teste, saluo che a otto huomini, li quali si trovò c'havevano una pietra pretiosa incantata per arte diabolica, cucita nel braccio destro fra la pelle et carne, chè non potevano esser morti con ferro nè feriti. Il che intendendo quei Baroni fecero percotere li detti con un legno grosso, et subito morirono. Auuenne un giorno che'l vento di Tramontana cominciò a soffiar con grande impeto, et le navi de Tartari, ch'erano alla riua dell' Isola, sbatteuano insieme. Li marinari adunque consigliatisi deliberarono slontanarsi da terra. Onde entrato l'esercito nelle navi, si

Le 10 mois de la 5° année (1282), les prètres du temple Kobokousi, mécontens de Tomo ye, se portèrent en masse sur Miyako; ils étaient pré

cédés du Sin bok (voyez page 179) du temple de Kasouga.

allargarono in mare. Et la fortuna cominciò a crescere con maggior forza, di sorte che se ne ruppero molte, et quelli che v'erano dentro notando con pezzi di tavole, si saluorono ad una Isola vicina a Zipangu quattro miglia. Le altre navi, che non erano vicine, scapolate dal naufragio con li duoi Baroni, havendo leuati gli huomini da conto, cioè li capi de centenari di mille, et dicemila, drizzorono le vele verso la patria, et al gran Can. Ma i Tartari rimasti sopra l'Isola vicina erano da circa trentamila, vedendosi senza maui, et abbandonati dalli Capitani, non hauendo nè arme da combattere, nè vettovaglie, credeuano di douere essere presi et morti, massimamente non vi essendo in dette Isola habitatione, dove potessero ripararsi. Cessata la fortuna, et essendo il mare tranquillo, et in bonaccia, gli huomini della grande Isola di Zipangu con molte naui, et grande essercito andorno all'Isola vicina per pigliar li Tartari, che quiui s'erano saluati, et smontati dalle naui, si missero ad andarli a trouare con poco ordine. Ma li Tartari prudentamente si governarono, per ciòche l'isola era molto elevata nel mezzo, et mentre che li nemici per una strada s'affrettauamo di seguitarli, essi andando per un'altra circondarono a torno l'Isola, et pervennero a nauilij de nemici, quali trouorno con le bandiere, et abbandonati et sopra quelli immediate montati, andarono alla città maestra del Signor di Zipangu, dove vedendosi le loro bandiere, furono lasciati entrare, et quiui non trouorno altro che donne, le qual tennero per lor uso, scacciando fuori tutto il resto del popolo. Il Re di Zipangu intesa la cosa come era passata fu molto dolente, et subito se ne venne a mettere l'assedio, non vi lasciando entrare nè uscire persona alcuna, qual durò per mesi sei. Dove vedendo i Tartari che non potevano haver aiuto alcuno, al fine si resero salve le persone, et questo fu correndo gli anni del Signore 1264. Il gran Can dopo alcuni anni, hauendo inteso il disordine sopradetto, successo per causa della discordia di due Capitani, fece tagliar la testa le Sin bok.

Le 12° mois, le Tsiounagon Minamoto-no Yosi fousa fut exilé dans la province de Aki; les prêtres de Kobokousi se retirèrent alors, et remportèrent

Dans la même année, Fósio-no Toki moune fonda le temple Yen kak si (Yuan kiö szu), et y établit comme grand-prêtre Zoghen (Tsou yuan), qu'il avait fait venir exprès de la Chine. Zoghen est le même que Bouts zen si (Fou houang chen szu). Le 2° mois de la 6° année (1285), Toki moune nomma premier ministre du Seogoun Fosio-no Nari toki, cinquième fils de Sighe toki. Le 1" mois de la 7° année (1284), le Ghiou o Daïnagon Minamoto-no Moto tomo fut promu au second rang de la première classe, mais il le perdit au mois suivant et fut nommé Daïsin. Tomo mitsou reçut le titre de Ghitô san si (I thoung san szu), qui lui donna le rang au-dessous du Daïsin et au-dessus du Daïnagon. Le 4 du 4° mois, Fósio-no Toki moune, prince de Sagami, tomba malade, se fit raser la tête, et mourut le même jour à l'âge de 54 ans. Il avait été Sits ken du Seogoun depuis la l" année du nengo Boun ye, ou pendant 21 ans. Son fils adoptif, le Sama-no kami Sada toki, âgé de l4 ans, lui succéda dans la place de Sits ken du Seogoun Kore yasou; et Fosio-no Nari toki lui fut donné pour adjoint. Le Akida-no sio-no souke Yasou mori, grand-père de Sada toki, devint prince de Mouts, il jouissait de la plus haute estime. Dans cette année, Fósio-no Toki kouni, gouverneur de Miyako, trama une révolte ; il fut mandé dans le Kwantô, et exilé dans le Fitats, où on le fit périr plus tard. Le 7° mois, l'Itsi sio-no saki-no Kwanbak Sane tsoune mourut, âgé de 62 ans. Il reçut le titre posthume de Yen mio si (Yuan ming szu). Dans le courant de la même année, O seki (Wang tsy oung), de l'empire des Ghen (Yuan ou Mongols en Chine), accompagné du prêtre de Bouddha, nommé Ni nio tsi (Eul yu tchi), vint au Japon pour épier les mœurs et usages du pays. Mais d'après les lois de l'empire, on fit mourir Oseki oü, avec tout l'équipage du vaisseau qui l'avait amené. On avait été informé en Chine que Ki zan-no sin in et les Fósio de Kama koura étaient très-attachés à la doctrine Zen siô, et on avait pris ce prétexte pour envoyer un prêtre de cette observance, pour prendre des informations sur les lois et les coutumes de l'empire. Le 2° mois de la 8° année (1285), on célébra le 90° anniversaire de la princesse Sada ko, qui avait le titre de Kita yama-no Siun kisaki, et le second rang de la première classe. Elle était fille du Wasi-no o-no Daïnagon Takafira, veuve du Saïyen si-no sokokfSane ousi, mère de l'impératrice Daigou-no Nio in, aïeule du Fo in ou Go Fouka kousa - no in, du Sin in ou Ki zan-no in, et bisaïeule du Daïri Go Ouda-no in, et de son successeur Fousi mi. Tous ceux de ces personnages qui vivaient encore allèrent chez elle pour célébrer son jour - de naissance et pour lui rendre leurs devoirs. Le mois, le Takats kasa saki-no Kwanbak Moto tada fut nommé Taïziô

ad un di loro, l'altro mandò ad un'Isola salvatica detta Zorza, doue suol far morire gli huomini, che hanno fatto qualche mancamento, in questo modo. Gli fa rauolgere tutte due le mani in un cuoio di buffalo allora scorticato, et strettamente cucire, qual come si secca, si strigne talmente intorno, che per niun modo si può muouere, et cosi miseramente finiscono la loro vita non potendosi aiutare.

Cap. 5. Della maniera de gl'Idoli di Zipangu, et

come gli habitanti mangiano carne humana.

In quest'Isola di Zipangu, et nell'altre vicine tutti i loro Idoli sono fatti diuersamente, perche alcuni hanno teste di buoi, altri di porci, altri di cani, et di becchi, et di diuerse altre maniere. Ve ne sono poi alcuni, c'hanno un capo et due volti.Altri tre capi, cioè uno nel luogo debito, et gli altri due sopra ciascuna delle spalle. Altri c'hanno quattro mani, alcuni dieci, et altri cento, et quelli che n'hanno più si tiene c'habbiano più virtù, et a quelli fanno maggior riverentia. Et quando i Christiani li domandano , perche fanno li loro idoli cosi diuersi, rispondono, cosi i nostri padri et predecessori gli hanno lasciati, et parimente cosi noi li lasciamo a nostri figliuoli, et successori. Le operationi di questi Idoli sono di tante diversità, et cosi scelerate et diaboliche, che saria cosa empia et abominabile a raccontare nel libro nostro. Ma vogliamo che sappiate almeno questo che tutti gli habitatori di queste Isole, che adorano gl'Idoli, quando prendono qualch'uno, che non sia loro amico, et che non si possa riscuotere con denari, conuitano tutti i loro parenti, et amici a casa sua, et fanno vccidere quell' huomo suo prigione, et lo fanno cuocere, et mangianselo insieme allegramente, et dicono, che la carne humana è la piu saporita, et migliore che si possa truouar al mondo.

Le nom du général mongol, imprimé dans

Ramusio Abbaccatan, est écrit Abatur dans le Codex Riccardianus du texte de Marco Polo, et c'est la seule leçon exacte. Sous ce nom est désigné ici le même personnage qui dans les relations chinoises est appelé A thsu han. Selon la manière chinoise, la première syllabe A est son nom de famille, et on l'appelait, avec le terme mongol qu'on donnait à tous les hauts chefs militaires, baatour ou batour, ce qui signifie héros : par conséquent A batour. Thsu han n'est que le surnom du même individu. Vonsancin, ou dans d'autres manuscrits Vonsanchin, est le Fan wen hou des historiens chinois. Wen hou n'est que son surnom posthume, tandis que San chin ou San kin était vraisemblablement celui qu'il portait pendant sa vie. Fan est son nom de famille, que Marco Polo écrit Von. Les ports de Zaitum et de Quinsai sont ceux de Thsiuan tcheou fou, dans le Foü kian, et de Hang tcheou fou, dans le Tche kiang; comme je l'ai démontré dans le second volume de mes Mémoires relatifs à l'Asie, pag. 200 et suiv. Le récit de Marco Polo relativement à l'expédition des Mongols contre le Japon diffère sous beaucoup de rapports de celui qu'on trouve dans les livres chinois et japonais. Il met aussi cette entreprise vingt ans trop tôt; mais 1264 n'est vraisemblablement qu'une faute d'impression pour 1284. On conçoit que Khoubilaï khan ne devait pas aimer qu'on parlât trop de cette entreprise malheureuse, et la version rapportée par Marco Polo était peut-être celle qu'on avait répandue en Chine, pour ne pas avouer une défaite totale. Quant à l'île de Zorza, son nom ne se trouve que dans l'édition de Ramusio. C'est vraisemblablement l'île de Taraikai , nommée mal à propos Sakhalien dans nos cartes, de laquelle il est question ici, puisqu'elle est située devant le pays actuel des Mandchous, nommés *--) »Djourdjèh ou Djordjah à l'époque des Mongols en Chine.

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