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rait la durée à deux ans, nous ne nous y opposerons pas, en déclarant toutefois que nous demanderons le renouvellement de la loi toutes les fois que cela sera nécessaire.

- La discussion en troisième lecture a eu lieu le 18 février. Le ministre de la guerre prend la parole et rectifie une assertion émise par le député socialiste Bebel au cours de la première lecturc. M. Bebel avait soutenu que Haupt avait déserté en 1875 pour se soustraire à la peine qu'il avait encourue en donnant un soufflet à un sous-officier et que cette peine lui avait été remise contre payement d'une somme de 150 marks, M. Bebel a travesti les faits. Haupt a déserté, non pour avoir donné un soufflet à un supérieur, mais pour se soustraire aux mauvais traitements dont il prétendait être l'objet de la part de ses supérieurs, et il a été condamné par contumace à une amende de 150 marks. La loi porte que le soldat qui a déserté et qui est jugé par contumace doit être condamné à une amende de 50 à 1,000 florins. Dans l'armée, jamais une peine n'est remise contre payement d'une somme quelconque.

M. Bebel, député socialiste, reconnait qu'il s'est trompé sur ce point. Puis il passe à la discussion du fond même de la question. Les véritables motifs de la loi contre les socialistes, il faut les chercher, dit-il, dans les attentats qui ont été dirigés, en 1878, contre l'empereur, par Hædel et Nobiling. Ces crimes, on les a mis au compte du parti socialiste, et, malgré les protestations du parti, on a refusé, jusqu'à ce jour, de lui donner satisfaction, bien que la Gazette de Cologne ait formellement déclaró que les socialisies sont innocents du crime qu'on leur a imputé. Hædel a été expulsé, à Leipzig, du parti socialiste, parce qu'il était, au point de vue moral, tombé au plus bas degré de l'abjection. Il a passé ensuite précisément dans le camp des ennemis des socialistes, est venu à Berlin, s'est enrôlé dans le parti des socialistes chrétiens, dirigé par le prédicateur Stecker, et y est resté jusqu'au moment où il a commis l'attentat. Un api intime du pasteur Stecker a déclaré que Nobiling se rattachait également au parti dirigé par ce pasteur.

Aujourd'hui, on parle moins des prétendus attentats commis par les socialistes, on les accuse vaguement do tendre à renverser l'ordre existant. On reconnaît qu'il y a quelque chose de fondé dans nos tendances, mais on s'abstient de nous dire ce qu'on reconnaît comme étant fondé. Nous voulons, je le déclare hautement, oui, nous voulons modifier l'état social, et, si c'est là une tendance révolutionnaire, j'accepte le terme. Mais tous les mouvements politiques, sociaux, religieux sont essentiellement des mouvements révolutionnaires. Le christianisme, auquel vous vous rattachez, a été, à son origine, un mouvement révolutionnaire, et ce n'est quo parce qu'il prêchait l'égalité, la fraternité et le devoir de l'assistance mutuelle qu'il s'est répandu dans l'empire romain. Le mouvement a été même tellement intense qu'un empereur romain a cru devoir se mettre à sa tête. Aurons-nous jamais en Allemagne un empereur socialiste ? (Hilarité.) Je ne le sais pas ; ce qui est certain, c'est que le succès du socialisme a forcé le régime impérial en Allemagne à prendre le masque du socialisme d'Etat.

Le vice-président Buhl. — Je ne puis permettre à l'orateur de dire que le régime impérial allemand est forcé de prendre un masque socialiste. Je le rappelle à l'ordre.

M. Bebel continuant. - Le mouvement socialiste qu'un intime de Bismarck, M. Lothaire Bucher, a favorisé, et auquel on a permis à Liebknecht de coopérer dans l'officieuse Gazette de l'Allemagne du Nord, a gagné depuis tous les pays. Nous voulons le répandre de plus en plus, et nous nous soucions fort peu de savoir si c'est M. de Bismarck ou un autre homme d'Etat qui nous gouverne. C'est l'état social que nous voulons changer, et ce changement, nous avons le droit de l'amener, même par une révolution. La révolution deviendrait inutile si le gouvernement extirpait les causes qui amè

nent le mécontentement des masses. Au lieu de cela, il nous combat par des lois d'exception proposées par le parti national-libéral ou soutenues par lui, alors que le droit commun, les lois sur les associations et sur la presse suffiraient pour combattre les excès auxquels quelques-uns de nos partisans pourraient se livrer.

L'orateur compare la situation qui est faite à la démocratie sociale dans les différents pays de l'Europe, et il déclare que nulle part on ne procède contre elle avec autant de rigueur qu'en Allemagne. Il arrive ainsi à faire allusion à la Commune de Paris et il dit : « La Commune en France a été une révolution violente qui est venue à un moment tout à fait inopportun, et pourtant la France, cinq ans après, a fait un acte de générosité unique dans l'histoire du monde en amnistiant les communards, et je vois qu'elle ne s'est jamais repentie de cet acte de générosité. Quelle figure l'Allemagne fait-elle en présence d'une telle générosité ? »

L'Allemagne combat le socialisme avec une rigueur extrême ; elle interdit ce qui est permis partout ailleurs. Et, pour le combattre et le surveiller, elle paye des milliers d'agents secrets, et elle fait ainsi des dépenses tout à fait en disproportion avec les résultats qu'elle obtient.

M. Bebel, parlant des révélations récentes qui ont été faites sur l'espionnage, déclare que le commissaire de police Fischer, de Zurich, n'a nullement outrepassé ses devoirs. Il a simplement confirmé officiellement ce que lui, l'orateur, et M. Singer avaient appris d'autre part; et il a par là contribué à la révélation d'agissements corrupteurs. L'orateur rappelle que, lors d'une enquête sur les agissements de M. Antoine, la Gazette de l'Allemagne du Nord a publié une lettre saisie au cours d'une perquisition domiciliaire faite chez le député alsacien.

Il maintient ses assertions concernant les agissements des agents de la police allemande en Suisse, et il ajoute qu'un grand mécontentement règne contre eux dans ce pays. Sans la loi oontre les socialistes, tout cela ne serait pas possible ; et, malgré toutes ses mesures, le gouvernement n'a rien obtenu et n'a rien découvert qui justifiat la loi. Celle-ci est contraire à la morale, et tout homme qui défend la morale doit se prononcer contre la loi.

Le ministre de l'intérieur, M. de Puttkamer, réfute vivement l'assertion que la police prussienne se serve d'agents provocateurs. La plupart des personnes désignées sous ce nom, dit-il, sont des membres du parti de M. Bebel, dont la police prussienne est obligée de se servir pour espions.

M. Gehlert (conservateur-libre), annonce que, dans l'intérêt des classes ouvrières, il considère comme un devoir de prolonger et d'aggraver la loi.

M. Singer (socialiste) s'attache à réfuter les déclarations de M. de Puttkamer. D'après l'orateur, la loi contre les socialistes n'est que l'application de la force brutale, contre laquelle son parti veut combattre et contre laquelle il combattra dans deux ans avec le même acharnement que maintenant.

La discussion est close. Le projet de loi est adopté.

Les députés démocrates-socialistes, les progressistes et plusieurs membres du centre ont voté contre.

AUTRICHE-HONGRIE La Chambre des députés du Reichsrath autrichien'a discuté, le fer février, les conventions commerciales conclues avec l'Allemagne et l'Italie. Le député Hallwich a demandé que la convention avec l'Allemagne soit transformée en traité définitif. Le député Schwegel estime meme qu'il faut une union douanière très intime entre l'Allemagne et l'Autriche. La Chambre, sur la motion de l'orateur, exprime le vœu qu'en principe cette union soit conclue.

Quant au traité avec l'Italie, le député Hallwich a fait remarquer que les conditions de ce traité étaient défavorables à l'Autriche.

Le ministre du commerce, M. de Bacquehem, a répondu que l'ancien traité avait été défavorable à l'Ilalie, et que, dans les négociations pour une nouvelle convention, les délégués italiens avaient fait naturellement leur possible pour oblenir des conditions plus avantageuses; on les leur a accordées en échange d'autres concessions.

Les deux conventions ont été finalement ratifiées par la Chambre.

A la Chambre des seigneurs du même Parlement, le 16 février, à propos de la discussion du traité de commerce austro-allemand, M. de Schmerling, ancien représentant de l'Autriche à la Diète de Francfort, a célébré l'alliance austro-allemande.

« Il nous faut adresser, a-t-il dit, nos plus respectueux remerciements au souverain qui, malgré de douloureux souvenirs, n'a pas repoussé la main qu'on lui tendait. Nous avons toujours obéi au précepte : Si vis pacem, para bellum ; mais il est incontestable que la situation devient plus avantageuse pour nous, si nous ne sommes pas réduits à nos propres forces. L'alliance, du reste, n'a qu'un but : le maintien de la paix ; et tout est prévu et réglé de façon à nous garantir contre une agression. Il n'est pas dans la tendance des deux alliés d'attaquer qui que ce soit, et la politique de l'Autriche, notamment, a toujours été pacifique. Nous ne pouvons nous dissimuler quelles regrettables conséquences aurait une guerre, même si elle était victorieuse. Nous devons donc souhaiter que ce bien précieux qu'on appelle la paix nous soit conservé, et espérer que la sagesse des princes et l'activité de leurs ministres parviendront à dissiper les nuages menaçants qui se montrent à l'horizon. Malheureusement, l'histoire nous apprend que les passions prennent souvent le dessus ; l'éventualité d'une guerre peut donc se présenter. Dans ce cas, tous les peuples de l'empire, à quelque race qu'ils appartiennent, répondront à l'appel de notre souverain et se grouperont autour du drapeau jaune et noir qui a déjà été couronné de tant de lauriers. »

Ce discours a été acclamé par la Chambre des seigneurs, et le traité a été voté.

BELGIQUE

Participation de la Belgique à l'Exposition internationale de Paris.

Voici la déclaration faite, dans la séance de la Chambre des Représentants du 16 février, par le Prince de Chimay, ministre des affaires étrangères :

La multiplicité des expositions est devenue telle que la participation officielle des gouvernements soulevait de nombreuses objections.

L'Allemagne et l'Angleterre ont décidé de ne plus accepter d'invitation pour une participation officielle et elles ont appliqué cette résolution à la prochaine exposition française. La Belgique sera représentée à Paris par de nombreux exposants. Un Comité sera constitué auquel le Gouvernement accordera un crédit pour aider les exposants dans leurs installations. C'est dans la même forme que la France interviendra au Grand Concours international à Bruxelles.

M. Hanssens a parlé de la reconnaissance que nous devons à la France. Personne ne la conteste. Mais nous n'avons à discuter ici ni l'influence, ni la portée des grands principes de 1789. Il ne s'agit que d'une invitation à une exposition, et le Gouvernement français a remercié le Gouvernement belge des mesures annoncées.

M. Hanssens. — Cette réponse ne me satisfait pas. Invité officiellement à participer officiellement à l'Exposition, le Gouvernement belge a répondu par un refus qui ne peut se justifier au point de vue politique.

M. le Prince de Chimay. - Il n'y a jamais eu de demande officielle de participation officielle de la Belgique de la part du gouvernement français.

M. Hanssens. - S'il en est ainsi, je n'ai qu'à me rasseoir.

M. Beernaert. - Le Gouvernement français a seulement demandé la participation de la Belgique à l'Exposition et le Gouvernement français nous a remerciés à plusieurs reprises.

M. Hanssens. - Le Gouvernement de la Belgique a dû recevoir une in vitation officielle comme les autres Gouvernements.

M. le Prince de Chimay, - Une invitation officielle suppose la remise d'une pièce la constatant. Il n'y a jamais eu rien de semblable, mais uniquement l'expression du désir de voir la Belgique participer à l'Exposition.

- La question est revenue à la séance du 2 mars. M. Hanssens rappelle que M. le ministre des affaires étrangères & répondu, il y a quelques jours, à une question qu'il lui posait au sujet de l'Exposition de Paris, que la Belgique n'avait pas reçu d'invitation officielle.

Je ne blame pas, dit-il, le Gouvernement de n'avoir pas accordé sa participation officielle; mon patriotisme s'incline devant les motifs qui avaient pu le déterminer. On eùt compris que le Gouvernement dit que, petite nation, la Belgique ne devait prendre aucune initiative et devait suivre l'exemple des autres puissances. Le Gouvernement actuel, en présence de la célébration du centenaire de 1789, se trouvait, d'ailleurs, dominé par la presse catholique qui combat, chaque jour, avec acrimonie les principes glorieux de 1789 sur lesquels est fondée notre Constitution, qu'unc feuille catholique a appelée une charretée d'immondices.

Notre Gouvernement subit l'influence de sa majorité. Le jésuitisme a passé par notre pays. C'est la raison principale qui suffisait pour expliquer que le Gouvernement eût refusé d'assister au centenaire de 1789. Mais la Chambre belge peut-elle perdre de vue que sa dignité est en jeu ?

Les déclarations du ministre des affaires étrangères ont déterminé une interpellation dans la Chambre française. Le ministre des affaires étrangères en France a déclaré que la Belgique avait été invitée officiellement, qu'elle avait demandé du temps pour répondre et qu'au moment où il fut question du Grand Concours de 1888 elle proposa de régler sur le même pied la participation de la Belgique à l'Exposition de 1889 et celle de la France au Grand Concours de 1888.

M. Beernacrt proteste contre l'accusation de dédain de la Constitution portée contre la droite qui a toujours défendu la charte constitutionnelle. (Rires à gauche.)

Il confirme les explications données par lui et son collègue des affaires étrangères en réponse à la précédente interpellation de M. Hanssens. La France n'a jamais demandé officiellement à la Belgique de participer officiellement à l'Exposition. C'est dans ce sens que, dans la Chambre française, M. Andrieux a interprété la réponse du ministre des affaires étrangères de France. (V. ci-après, p. 216).

La France qui est une des nations garantes de notre neutralité, sait que nous avons l'habitude de régler notre attitude sur celle de ces nations; c'est pourquoi la France, avant de nous demander de participer officiellement, a voulu attendre que ces puissances se fussent prononcées. La participation réciproque de la France et de la Belgique à l'Exposition de Paris et au Grand Concours de Bruxelles a été réglée à la satisfaction des deux Gouvernements.

M. Hanssens maintient qu'il y a contradiction entre la réponse de M. le ministre des affaires étrangères de France et celle du Gouvernement, mais il est convaincu que le chef du Cabinet et M. le ministre des affaires étrangères ont dit l'exacte vérité.

M. Beernaert. — Il y a des puissances qui ont reçu des invitations officielles et d'autres qui, comme la Belgique, n'en ont pas reçu. C'est là une question de procédure qui correspondait à des situations différentes.

L'incident est clos.

La Belgique a-t-ello adhéré à la triple alliance? La question a été posée à la Chambre des Représentants, le 21 février, dans les termes suivants :

M. Neujan. – Depuis plusieurs mois, les journaux parlent d'arrangements secrets entre la Belgique et l'Allemagne. Ces bruits ont pris plus d'intensité depuis le dernier discours du prince de Bismarck. On dit que la Belgique a, dans une certaine mesure, fait acte d'adhésion à la triple alliance. La presse allemande cite l'article 68 de la Constitution pour attribuer au Roi le droit de conclure un traité avec l'Allemagne et de le tenir secret. Nous connaissons trop l'attachement du souverain au pacte constitutionnel pour admettre qu'il y ait lieu de lui prêter des engagements qui auraient été pris en dehors de la participation de son ministère, et ce serait faire injure à ce dernier que de le croire capable d'un acte qui serait une folie et un crime au regard de la situation faite à la Belgique par le traité qui est l'acte de naissance de sa nationalité. Mais il importe que ces bruits soient catégoriquement démentis vis-à-vis de l'étranger.

M. le Prince de Chimay, ministre des affaires étrangères. - La Belgique neutre n'a jamais cessé de respecter ses devoirs de neutralité et personne n'a tenté de l'y faire manquer. Elle n'a conclu aucun traité. Ce qu'ont dit certains journaux à ce sujet est une pure fable.

Il est regrettable qu'une partie de la presse belge cherche à exciter contre la Belgique des préventions à l'étranger. La calomnie ne devrait pas s'exercer en dehors du domaine de nos divisions intérieures.

M. Neujan. - Le pays tout entier recueillera avec satisfaction les déclarations catégoriques du ministre qui dissipent toute équivoque.

ETATS-UNIS La Commission anglo-américaine des pêcheries a terminé ses travaux, le 15 février, par la signature d'une convention qui doit être soumise au Sénat Américain et au Parlement Canadien. Le traité se borne au règlement des pêcheries sur la côte nord de l'Atlantique.

Il ne comprend ni les pêcheries dans le détroit de Behring, ni la question de réciprocité commerciale entre le Canada et les Etats-Unis.

La Chambre des Représentants du Congrès a reçu, le 22 février, une motion présentée par M. Mac Adoo, du New-Jersey, à l'effet que le président soit invité à communiquer à la Chambre toutes correspondances et tous documents en sa possession relatifs au conflit existant entre la République du Vénézuéla et le Gouvernement de la Grande-Bretagne touchant la délimitation des frontières entre l'Etat du Vénézuéla et la Guyane anglaise. Les considérants portent que, le Gouvernement anglais réclamant sans droit en justice et en équité un vaste territoire jusqu'ici au pouvoir du Vénézuéla, il appartient aux Etats-Unis, conformément à leur politique et à leur pratique traditionnelle, d'intervenir pour défendre l'existence et l'indépendance de tous les pays américains contre tout empiètement d'une puissance européenne quelconque.

La proposition, faite en ces termes, a été renvoyée au Comité des affaires étrangères.

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