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muyscas des lieux nommés Suba et Zipaquira, cités aussi par M. de Humboldt *. Ces noms de saba, sabi, sabiens, se retrouvaient donc à Bogota, et ils sesont conservés également au Japon, dans les mots sobai, nom des marchands *, comme l'étaient les Phéniciens et les Sabéens; dans le mot sobainin, nom de celui qui a une charge ou un emploi, tels qu'en eurent les Sabéens civilisateurs; et enfin dans le nom sobo, du blé noir ou blé sarrasin, blé des Arabes, ou des peuples du pays de Saba. Mais outre ces rapports déjà indiqués par M. de Paravey, M. de Humboldt ( page 224, t. II) cite le nom d'Iraca, comme celui du lieu, à l'est de la capitale des Muyscas, où était le sanctuaire du soleil, et le séjour du grand-pontife de Bogota, le célèbre Bochica, aussi appelé Nemque-Theba. Or il ne faut pas ici de grands efforts de mémoire pour se rappeler que le séjour des Sabéens, la Chaldée, est aussi nommée l'Irac, l'Irac-arabique ; et que la Bible samaritaine a donné ce même nom al Iraq ou Lilaq, à l'antique et célèbre ville de Babel, bâtie peu après le déluge, ville encore appelée Hillah ou Hillach en ce moment même, et°où existent d'immenses ruines et des briques couvertes d'hiéroglyphes trop peu étudiés jusqu'à ce jour. Nemque-Theba, nom de Bochica, le civilisateur des Muyscas. écrit Nemeque-Theba, offre, aussi-bien que Tur-Mequé, lieu d'un marché célèbre qui s'y tenait tous les trois jours, dit M. de Humboldt, le nom de meque, c'est-à-dire de la Mecque, ou Mecah, marché célèbre aussi en Arabie et lieu sacré où I'on adorait le soleil et la lune, dès les tems les plus anciens, comme le faisaient également et les Sabéens de la Chaldée, et les Muyscas de Bogota. * Et quant aux rapports avec les Basques , peuple dont les mots

* Et même au nord de la Californie, dans le pays de Cibola.

* Thunberg, tom. II, p. 224.

* Il est à remarquer que le mais, production capitale du nouveau monde, est cultivé chez les Basques des Pyrénées, et forme la base principale de leur nourriture depuis un tems fort reculé. Il serait curieux de rechercher avec précision si cette plante était connue des Basques avant le voyage de Colomb, ainsi que ces peuples le croient.

sont reconnus pour être arabes, hébreux ou phéniciens o, M. de Humboldt a paru lui-même soupçonner ces rapports, quand (pag. 237, t. II) il met les noms de nombre basques, en regard avec ceux des muyscas, et observe que ces deux peuples procédaient également par vingtaines dans leurnumération, disant pour quarante, deux vingts, pour soixante, trois vingts, comme nous-mêmes, nous disons encore quatre-vingts pour octante ou huit fois dix. Or , vingt s'exprime par oguei en basque, et en muyscas ce nombre se dit gué, qui signifie une maison, contenant sans doute vingt personnes communément. Cette identité de son est remarquable, mais elle n'est pas la seule; car un, qui se dit fito en japonais, d'où on peut facilement tirer fato, et fata, et bata, ce qui signifie homme, être humain, (comme le signifie aussi tse, premier caractère cyclique en japonais et en chinois,) se dit ata en muyscas, et bat en langue basque : il ya donc encore ici analogie de sons dans ce nombre, chez les trois peuples. Il en est de même pour le nombre bi ou deux chez les Basques, bis des Latins, prononcé bo, bus, bos, et donnant le bosa des Muyscas, nom du nombre deux, et le fouta des Japonnais, nombre deux également; puisque l'on sait qu'au Japon et partout, le B se change en F, le T en Ts, de sorte que fouta a pu devenir foutsa , boutta, boso; Ni, d'ailleurs, exprime aussi deux en japonais *, et ce ni est évidemment le bi des Basques et notre bis, le N et le B se permutant. Ainsi l'on a déjà trois noms de nombre pareils chez ces trois peuples si éloignés, et les deux derniers tiennent évidemment au primitifalphabet hébreu, chaldéen, sabéen, type de tous les autres, et commençant, on le sait, par A et B, Ata, Bosa. On ignore comment se disait en langue chib ou chibcha, c'est-à-dire, chez les Muyscas, une rivière, un ruisseau ou torrent; mais en japonais, ce nom est gawa ou kawa *. En basque, le nom des torrens se dit gave, et la ville si pittoresque de Pau est célèbre, non-seulement par sa vue si magnifique des Pyrénées, mais aussi par son gave rapide, qui semble rouler des diamans ;

* Voir t. III, p 229, de l'ancien Journal Asiatique.
* Voir p. 15, Supplément à Rodriguez.
* Rodriguez, page 15o.

il y a donc encore ici identité de mots entre les deux langues. Or, d'où pourrait venir ce rapport, si ce n'est des colonies parties également de la Chaldée, premier séjour des hommes après le déluge, et d'où Hérodote rapporte que sont sortis les Phéniciens, tige des Carthaginois et des Basques. En persan ancien et moderne, c'est-à-dire, vers la Chaldée, ab ou av, est le nom de l'eau , et de là le nom de Darius ou Darab, exposé, dit-on , sur les eaux, dans son enfance ; l'aqua des latins n'en est qu'une modification régulière, le V se changeant en gu et qu. Enfin, jusque dans la Nouvelle-Zélande elle-même, où existe un peuple au visage aquilin, aux formes d'athlète, au caractère énergique, intrépide sur mer, comme les Basques et comme les Japonais, peuple chez qui certainement ont aussi pénétré les Arabes et les Sabéens ", ce nom gave ou gawa se retrouve ; car une rivière s'y dit awa, d'après le célèbre capitaine d'Urville, page 51, 2° partie, de ses utiles et nombreux vocabulaires de l'archipel océanique *. M. de Paravey cite donc encore ici un nom qui se retrouve •à-la-fois en Europe, dans l'Océanie et dans les îles du Japon, et dont l'origine est purement chaldéenne ou persanne, et il pense que pour l'histoire des peuples, des mots pareils équivalent aux médailles les plus authentiques. Quant au nom même de la nation des Muyscas ou Moscas, il observe que leur nom diffère très-peu de celui que portent encore les Basques en Europe et chez leurs voisins; et il remarque en outre que M. de Humboldt cite (p. 225)le nom Pesca, comme celui d'une des quatre familles principales de Bogota, familles antiques, ayant le droit d'élire le grand pontife d'Iraca; mais les Basques ou Vascons, entr'eux et dans leur langue, se nomment aussi Escualdonac, Escualdoniens; on voit donc qu'ils se glorifient de leur origine chaldéenne, chalédonienne, et que peut-être

* Dans le savant Voyage autour du monde, de M. le capitaine d'Urville, on le voit en plusieurs endroits signaler l'influence dominatrice et la présence des Arabes dans ces îles de l'Océanie, si bien explorées par lui et par ses savans compagnons.

* Voir le Vocabulaire de la langue Mawi, une des parties de la NouvelleZélande.

ie peuple vif et spirituel de l'ancienne Calédonie ou de l'Ecosse _actuelle, ne leur est pas étranger. Au reste, d'autres noms encore sont communs aux Basques et aux peuples de Bogota; en basque, on trouve fréquemment les noms de Marca et de Comarca, terme qui en portugais offre le sens de Seigneurie, District, et l'empire de Bogota se nommait, on le sait, Cundin-Amarca; dans la Nouvelle-Grenade, était l'ancien peuple que Maltebrun nomme Angamarca. Au Pérou il y avait un lieu nommé Caxamarca, célèbre par la mort de l'inca Atahualpa; les Antilles, ou pays des Caraibes, ont été nommées aussi insulae Camercanae, nom qui rappelle la Camargue, pays des Phocéens. M. de Paravey, à cette occasion, fait observer que les Basques, non moins habiles sur mer que les Phocéens, sont cités pour avoir été les premiers naviguer dans les mers du nord et vers l'Amérique, et qu'à Terre-Neuve, la terre de Baccaléos porte encore le nom basque et italien de la morue. Il cite l'histoire de Bayonne, qui montre cette ville antique, si florissante dans sa navigation lointaine, que le roi d'Angleterre, plus d'une fois, s'abaissa jusqu'à la supplier de lui prêter ses flottes. Il rappelle que le code des lois maritimes d'Oléron, antique ville non loin de Pau, dans les Basses-Pyrénées, est aussi célèbre de nos jours, que le fut celui des Rhodiens dans l'antiquité, et qu'un commerce actif a toujours eu lieu et subsiste encore entre cette ville d'Oléron et Cadix, primitive colonie phénicienne. Enfin, il remarque que l'art de travailler le fer et les métaux est aussi cultivé chez les Basques que chez les Japonais; et cite, dans les îles Lieou-kieou, au sud-ouest du Japon, des peuples aux traits arabes, au turban, aux habits rayés comme les Arabes, comme eux portant la barbe, et qui n'ont pu y venir de la Chine, où ce costume n'existe pas, non plus que la barbe. Et ici il rapporte qu'il a oonnu à Londres des anglais instruits, qui, ayant été de Canton dans le Fo-kien, sur la côte sud-est de la Chine, y ont vu le peuple nommé Tchin-Tcheou, peuple navigateur et intrépide, formant sur cette côte sud-est une population en regard du Japon, très-nombreuse, et de plus de 2o millions d'habitans, et qui diffère en tout des Chinois, soit par son dialecte, que l'on nomme la langue tchin-tcheou ou

chin-cheou, soit par ses traits aquilins, soit par son intrépidité, analogue à celle des Japonais et des Basques '. . Enfin, il renvoie à la relation du voyage de deux Arabes à la Chine, relation dont le manuscrit existe à Paris, traduite et publiée par le docte abbé Renaudot, et qui nous peint les Chinois à l'époque de l'an 851 de notre ère, comme étant encore à demi-barbares, et mangeant de la chair humaine, mais qui dès-lors étaient visités par des nuées de marchands arabes, juifs et sabéens, venant exploiter les riches produits du sol fertile du prétendu empire céleste; et il peint ces Arabes comme étant en si . grand nombre, que dans les ports de la Chine se trouvait, en tout tems, un cadi de leur nation, chargé de leur rendre la justice. Ainsi, les Arabes, les Chaldéens, les Juifs, les Sabéens, affluaient alors à la Chine par mer, et sans doute pénétraient aussi au Japon, et se mêlaient à ses habitans indigènes et de race tartare, tandis que par terre ils arrivaient également dans les contrées ouest de la Chine, remplies même en ce jour de musulmans *, qui de ces contrées lointaines font parfois encore le pélerinage de la Mecque. . Or, ce qui s'était fait alors, avait dû se faire aussi au tems où les Arabes de Saba en Arabie-Heureuse, de la Mecque et de l'Irak, sous le nom d'Ismaélites et de Nabathéens, étaient encore idolâtres. Ce fut alors qu'ils portèrent leur culte des astres, leur langue , leur calendrier, leurs cycles, et en Chine sur la côte sudest, et au Japon, et en Corée * . * Par les livres conservés en Chine, on peut remonter à l'epoque où ces coloniesse fondèrent en ce lieu, et M. de Paravey montrera ainsi qu'elles vinrent d'Arabie et de la mer Rouge, dès le tems de Salomon, et avec les flottes d'Ophir, sous le nom de peuple de Ou. * D'après les manuscrits encore inédits du savant abbé Lamiot, lazariste, mort récemment à Macao, après avoir passé plus de 4o ans en Chine et à Pekin , et qui cite dans le Chensy et dans le Sse-Tchouen, des villes où *l y a plus de 1o mille et 2o mille mahométans. * Un seul mot bien choisi peut parfois démontrer l'identité de deux peuples séparés par de longues distances ; ainsi, dans l'antique Egypte, le nom de Pharao, Pharaon, était à-la-fois et celui du roi et celui du crocodile, tyran des eaux, et ce même nom se retrouve au Japon avec ces deux

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