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mouvement. D'une part, les trois tentatives faites par le Conseil fédéral suisse en vue d'une réglementation internationale uniforme du travail dans les fabriques et des conditions ouvrières, d'abord en 1881, à la suite d'une motion du Conseiller national Frey, puis en 1889, à la suite de la motion des Conseillers nationaux Decurtins et Favon, enfin, après la Conférence de Berlin, en 1895, en exécution des résolutions votées par les Chambres fédérales. D'autre part, succédant à l'action gouvernementale, l'action vigoureuse de l'initiative privée, notamment celle de l'Association internationale pour la protection légale des travailleurs, qui aboutit à la convocation, il y a un an, d'une Conférence consultative et technique, laquelle a délibéré sur un programme restreint à deux seules questions et a esquissé les éléments de deux Accords internationaux renvoyés aux négociations diplomatiques.

La Conférence actuelle est ainsi appelée en premier lieu à transformer, si possible, les Bases d'une Convention, établissant un repos nocturne obligatoire pour toutes les ouvrières occupées au nombre de plus de dix dans les exploitations industrielles, en un instrument diplomatique définitif dont l'élaboration sera facilitée par un projet envoyé aux Gouvernements avec la circulaire d'invitation du 14 juin 1906. Votre réunion prendra sûrement en considération toutes les propositions tendant à préciser la portée de ce texte et à en assurer une mise à exécution large et efficace.

En ce qui concerne la seconde question figurant sur le programme, celle de 1 interdiction de l'emploi du phosphore, MM. les Délégués décideront en vertu des instructions reçues, si, en présence de l'impossibilité dans laquelle certains Gouvernements déclarent se trouver de signer un Acte semblable, le.plan de rédiger une Convention y relative doit être abandonné ou pourra être repris, sur d'autres bases, entre un nombre plus restreint de pays. La question de l'extermination de la nécrose ne cessera de se poser, impérieuse et lugubre, jusqu'à ce qu'elle ait trouvé une solution satisfaisante.

Ce ne sont donc plus des desiderata chimériques ou tout au moins platoniques, ce ne sont plus des théories ni des spéculations qui constitueront le fond même des débats qui vont s'ouvrir, mais bien des propositions tangibles et palpables, ayant passé par le creuset des délibérations longues et réfléchies des associations privées des principaux intéressés et dos hommes éminents qui ont siégé ici en mission officielle, il y a dix-huit mois. Pour avoir pesé sagement les possibilités du moment et revêtir le caractère d'une transaction, ces propositions n'en sont que plus méritoires.

Cependant, pourquoi se dissimulerque ce programme est bien limité, qu'il forme un secteur minime dejtout ce vaste cercle des postulats dont se compose l'ensemble des revendications sociales que la protection ouvrière tend à apaiser, enfin qu'il embrasse seulement quelques points parmi ceux qui, selon l'exposé historique sommaire qui vous a été remis, ont été soulevés au cours de la période de gestation des dernières cinquante années. Les impatients, les ignorants ou les|gens de mauvaise volonté pour lesquels le mieux est l'ennemi du bien, ne manqueront pas de hausser les épaules en présence de cette base de discussion si étroitement circonscrite.

Mais, Messieurs, le bel adage: « Fais ce que tu dois, advienne que pourra» a sa raison d'être aussi bien pour l'Etat que pour l'individu. Nous ferons résolument notre devoir, quelque modeste qu'il soit.

Les phrases creuses et les formules vides ne nous imposent pas. La noblesse de l'effort et l'effet atteint sont deux éléments qui ne sont que trop fréquemment disproportionnés dans la vie réelle, surtout là où les intérêts entrent en conflit. Nous avons la conscience nette qu'en ne violentant pas le temps, en ne brusquant pas les choses, nous ne travaillons que plus sûrement pour une de ces œuvres durables qu'enregistrera l'opinion publique comme une conquête en apparence facile, simplement parce qu'elle arrive à son époque. Nous savons que les progrès sont d'autant plus solides dans la vie des peuples qu'ils ont été chèrement achetés. L'expérience nous enseigne que toute unification internationale est un stimulant particulièrement puissant pour des réformes d'ordre intérieur. Nous avons donc confiance en l'avenir et nous sommes certains que si l'entente aboutit maintenant dans les conditions restreintes indiquées, l'impulsion vivifiante sera donnée, l'idée se développera en marchant, crescet eundo, les accords se multiplieront après avoir été préparés par de futures réunions dont la convocation est dès maintenant réclamée, tant elles semblent désirables, si ce n'est indispensables.

Le mouvement industriel moderne est essentiellement international; les forces productrices, l'application des moyens de production, la répartition des produits ne s arrêtent nulle part aux frontières nationales. L'isolement d'un pays n'est plus possible. Tout conduit dès lors, par la logique sévère des principes, vers des stipulations internationales envisagées encore en 1855 comme de « vains désirs», mais nécessaires aujourd'hui pour établir une certaine unité dans les grandes affaires communes. Ce mouvement arrivera, ces jours-ci, nous l'espérons fermement, à un point de repère qui marquera et dans l'histoire du droit international et dans les annales de l'humanité.

Messieurs, le 6 juillet dernier, une Conférence, diplomatique a terminé les travaux d'une revision sérieuse de la Convention de Genève de 1861 et a réussi à améliorer notablement le sort des blessés et malades dans les armées en campagne. Puissiez-vous réussir, à votre tour, à transformer les résolutions de l'année passée en réalités, à modifier par un arrangement entre pays la situation sanitaire et sociale de ceux que la guerre industrielle, souvent aussi impitoyable que la guerre armée, a blessés et affaiblis par l'excès des fatigues et l'insalubrité du travail, car ils ont besoin de ménagements et d'un traitement qui, grâce au repos et aux précautions hygiéniques, raffermisse leur santé physique

En souhaitant pleine réussite à la codification des règles humanitaires destinées à adoucir le sort d'une partie des victimes des combats économiques et à servir ainsi, en une certaine mesure, à la pacification sociale et à la solidarité entre les nations et les hommes, je déclare la Conférence ouverte. (Applaudissements).

Son Exc. M. Révoil, Ambassadeur de France, prend la parole en ces termes:

Messieurs,

Au nom des Délégués des Etats participants à la Conférence, j'adresse

et morale et par là celle de leu

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au Gouvernement fédéral nos plus sincères remerciements pour la bienvenue que vient de nous souhaiter en termes si cordiaux M. le Conseiller fédéral Deucher.

Je crois répondre aux sentiments unanimes de mes Collègues en donnant notre plus complète adhésion aux idées à la fois si généreuses et si sensées que le Cheféminent du Département fédéral du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture a exprimées avec une conviction qu'il puise dans sa longue expérience et dans son ardente foi démocratique.

Tous, Messieurs, nous sommes ici animés du même désir d'apporter la sanction d'un engagement réciproque à un premier ensemble de mesures efficaces et pratiques concernant la protection du travail.

Ce sera l'honneur des Etats ici représentés d'avoir, à l'aurore de ce siècle, publiquement témoigné de leur solidarité dans l'accomplissement du devoir social qui s'impose au-dessus de tous aux peuples et à leurs Gouvernements.

Rendons hommage aux nobles esprits, aux nations éprises de justice et de progrès qui ont pris à cet égard les premières initiatives, et parmi elles saluons notre hôte, la Suisse, toujours à l'avant-garde dans la lutte pour l'amélioration morale et matérielle de la condition humaine.

Messieurs, je vous propose de désigner par acclamation comme Président de notre Conférence M. Emile Frey, ancien Conseiller fédéral. (Applaudissements).

Son Exc. M. de Bùlow, Ministre d'Allemagne, appuie chaleureusement la proposition de M. l'Ambassadeur de France d'appeler à la Présidence de la Conférence M. Emile Frey.

M. le Conseiller fédéral Deucher invite M. Frey à venir occuper le fauteuil de la Présidence.

Présidence de M. Emile Frey.
Le Président s'exprime ainsi:
Messieurs,

Je suis profondément reconnaissant à Son Exc. M. l'Ambassadeur de France d'avoir bien voulu me proposer pour la Présidence, et à vous, Messieurs, de l'insigne honneur que vous m'avez fait en ratifiant celte proposition. Tous mes efforts tendront à justifier votre confiance, mais je me rends parfaitement compte que je n'y parviendrai qu'avec l'aide de votre indulgence.

Nous sommes appelés à transformer les résultats des délibérations de la Conférence de 1905 en des instruments diplomatiques. Le but ultérieur que nous avons en vue est d'arriver à une solution satisfaisante de la question de la protection ouvrière, convaincus que nous sommes que cette question ne pourra être résolue définitivement que par la voie d'une série d'ententes entre les Gouvernements des Etats industriels. Ces ententes constitueront une œuvre de sagesse gouvernementale et de paix sociale qui fera honneur à notre siècle.

En formant les vœux les plus ardents pour que les travaux de notre Conférence soient couronnés de succès, j'ai l'honneur de déclarer la séance ouverte. (Applaudissements).

Le Président propose de constituer provisoirement le Bureau de la manière suivante:

M. le Dr Otto Rieser, Secrétaire de la Division de l'Industrie au Département fédéral du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture, et M. Paulhinichert, Secrétaire-adjoint du Département politique fédéral, Secrétaires ; M. Charles Vogt et M. le Prof. Ernest Rothlisbergcr, Secrétaires-traducteurs.

Cette proposition est approuvée, puis il est procédé à l'appel nominal de MM. les Délégués.

Sont présents:

Son Exc. M. le Chambellan et Conseiller intime actuel Alfred de Bù/ow, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à Berne.

M. Caspar, Directeur à l'Office de l'Intérieur de l'Empire.

M. Frick, Conseiller intime supérieur de gouvernement et Conseiller rapporteur au Ministère prussien du Commerce et de l'Industrie.

M. Echardt, Conseiller de légation actuel et Conseiller rapporteur à l'Office des Affaires étrangères de l'Empire.

Son Exc. M. le Baron Heidler de Egeregg et St/rgensteiit, Conseiller intime actuel, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire d'Autriche-Hongrie à Berne.

M. le Dr Franz Mûller, Conseiller ministériel au Ministère I. R. du Commerce.

M. Nicolas Gersler, Inspecteur supérieur d'industrie Royal hongrois.

Son Exc M. Maurice Michotte de Welle, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à Berne. M. Jean Dubois, Directeur général de l'Office du Travail au Ministère de l'Industrie et du Travail.

Pour L'allemagne:

Pour L'autriche Et La Hongrie:

Pour L'autriche:

Pour La Hongrie:

Pour La Belgique:

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, Pour Le Danemark:M. Henri Vedel, Chef de bureau au Ministère de l'Intérieur.

Pour L'espagne:
M. Bernardo Alméida y Herreros, Chargé d'Affaires à Borne.

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Pour La France;

Son Exc. M. Paul Révoil, Ambassadeur à Berne.

M. Arthur Fontaine, Directeur du Travail au Ministère du Commerce, de l'Industrie et du Travail. Secrétaire de la Délégation : M. le Baron de Villiers Terrage, chargé des fonctions de premier Secrétaire de l'Ambassade. Secrétaire-adjoint: M. Picquenard, Rédacteur en Chef du Bulletin de l'Office du Travail.

Pour La Grande-bretagne:

M. Herbert Samuel, Membre du Parlement, Sous-Secrétaire d'Etat

parlementaire au Ministère de l'Intérieur. M. Malcolm Delevingne, du Ministère de l'Intérieur. Secrétaire de la Délégation: M. Victor Welledey, du Ministère des

Affaires étrangères.

Pour L'italie:

Son Exc. M. le Comte Roberto Magliano di Villar San. Ma>-co, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à Berne.

M. le Prof. Giovanni Montemartini, Directeur de l'Office du Travail près le Ministère Royal de l'Agriculture et du Commerce.

Pour Le Luxembourg: M. Henri Neuman, Conseiller d'Etat.

Pour Les Pays-bas:

M. le Chambellan Comte de Rcc/deren Limpurg Ahnclo, MinistreRésident à Berne.

M. le Dr L. H. W. Rcgoul, Membre de la Première Chambre des Etats, Généraux.

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