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les Samanéens du Caboul, arrivant par la pointe sud du Kamtchatka, au port excellent du San-Francisco, en Californie, au nord de Monterey, a dû évidemment être le pays du Rio-Colorado, vaste fleuve qui, dans ces régions même, coule du nord au sud, et vient tomber dans la pointe nord de la mer Vermeille. Or, précisément dans les traductions utiles des auteurs espagnols de . M. Ternaux Compans, on voit Castanéda placer vers le Rio-Colorado, dans une petite île, un sanctuaire du lamaisme ou du bouddhisme. Il y mentionne, dans un lac sur cette île, un personnage divin nommé, dit-il, Quatu-zaca, et qui, habitant une petite maison, était censé ne manger jamais. On lui offrait du maïs, des mantes de cuir de cerf, des tissus de plumes en très-grande quantité : et dans ce lieu même se fabriquaient aussi (ce qui prouve une colonisation) beaucoup de sonnettes ou de grelots en cuivre. Le nom même de ce Lama déifié ou de cette idole Quatu-zaca, offre le nom tartare et indien Xaca, ou Che-kia en Chinois, Sacya en sanscrit, nom du célèbre dieu Bouddha ; remarque que nous faisons le premier; et Quatu a pu indiquer son origine du Catay. Castanéda ajoute que les peuples de ces contrées étaient fort doux, ne faisaient jamais la guerre, et (s'abstenant de chair) vivaient seulement de trois à quatre sortes de fruits très-bons. Il est donc impossible de ne pas voir ici une antique colonie de Bouddhistes ou de Lamas : colonie qui, ensuite, poussa des rameaux au Mexique, dans le Yucatan, à Bogota et même au Pérou, pays de mœurs fort douces. Les Mexicains, affreusement cruels dans leurs idolatries récentes, sont, on le sait, une migration du nord-est de l'Asie et du nord ouest de l'Amérique, mais beaucoup plus moderne ; et, avant leur arrivée dans ces belles contrées, il est à croire, comme le dit la relation du Fou-sang, que le culte doux et fraternel des Bouddhistes, débris de la race de Sem, y régnait exclusivement. Le nom même des Samanéens qui y étaient venus en 458, étant tiré du samscrit saman, qui signifie pacifique, nous dit M. Pau- . thier ', et ce nom se retrouvant plus tard au Mexique. où M. Ternaux *, donne Amanam pour le nom des prêtres et des devins, mot qui évidemment a pu se prononcer d'abord Chamanani, Samanani, Samanéens.

Saint-Germain, 26 avril 1847.
CH. DE PARAVEY.

APPENDICE C,

RELATIF A LA FIGURE PUBLIÉE ICI POUR LA PREMIÈRE FOIS D'UN NATUREL DU FOU-SANG.

A quel pays de l'Amerique a pu appartenir cet homme presque nu que les livres chinois offrent comme habitant du pays du Fou-sang ?

Comme on le voit dans la gravure que nous donnons ici, les Chinois supposent que les hommes qui habitaient le pays du Fou-sang étaient presque nus ; or, dit-on , les habitans de l'Amérique du nord étaient revêtus d'habits. Cela est vrai pour la plupart de ces pays ; mais dans le Voyage à l'embouchure de la Colombia de MM.Clarke et Léwis *, à 46° 18' nord, ces voyageurs rencontrent les Indiens Chin-ooks, et, dans un village de l'île des Daims, ils trouvent des femmes qui, au lieu de courtes jupes, avaient une simple trousse autour des reins, ou aussi une bande de peau étroite, serrant leur corps en cette partie.

Ils disent (p. 286) que les Indiens de la Colombia, vu la douceur du climat, ont toujours les jambes et les pieds nus, même en hiver ; et ne portent que des petites robes lors du froid, ou des tabliers de peau et une sorte de pélerine sur les épaules (p. 310). Les mocassins, pour les pieds et les jambes, n'étant usités que dans le Canada et vers la baye d'Hudson, où le climat est beaucoup plus froid.

Ainsi l'homme du Fou-sang, presque nu dans le dessin antique du Pian-y-tien et de l'Encyclopédie chinoise que nous reprodui12 LE PAYs DU FoU-SANG EsT L'AMÉRIQUE.

* Description du Thian-chou, ou de l'Inde. * * Vocabulaire mexicain , dans sa traduction des anciens auteurs espagnols ; * P. 302 et aussi p. 507.

sons ici, devait habiter vers la Colombia ou vers la Californie, riches et belles contrées d'un climat fort doux et tempéré, pays de cet Orégon que se disputent en ce jour les Espagnols, les Anglais et les États-Unis. En outre, si l'on ouvre ' l'Exploration de l'Orégon et de la Californie en 1844, par M. Duflot de Mofras, on voit en effet, ces Indiens y figurer avec les reins ou le milieu du corps seulement couverts, et celà exactement, comme dans la planche ci-contre du naturel du Fou-sang, planche reproduite dès l'an 499 de notre ère, dans toutes les géographies étrangères publiées en Chine et au Japon. Tout justifie donc mes conjectures. Quant à la biche mouchetée et à son faon, nous avons cité M. de Humboldt, sur le cervus mexicanus de Linnée; et nous indiquons également ici, ponr montrer que les naturels savaient en former des troupeaux et les priver, le Voyage en Amérique de M. de Chateaubriand, in-8°, t. I", p. 130, où il parle des biches du Canada, charmante sorte de rennes sans bois, et que l'on y apprivoise, nous dit-il.

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(Extrait du n°90 (juin 1847) des Annales de Philosophie chretienne).

Imp. de EDoUARD BAUTRUCHE, rue de la Harpe, 90.

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